Human First

Human First est un espace d’idées, de réflexion et de dialogue. Dans un monde en pleine mutation – bouleversé par les crises climatiques, les révolutions technologiques et les tensions sociales – nous faisons le choix de revenir à l’essentiel : l’être humain.

Engagée depuis 1997 pour une politique de progrès, fondée sur l’écologie, la justice sociale et le rassemblement républicain.

Manager internationale expérimentée spécialisée en alliances stratégiques et projets globaux internationaux. Experte en innovation, transition numérique et écologie appliquée (Cloud, IA, Smart Cities, décarbonation).

  • Le pouvoir des arbres

    Nous avons longtemps considéré l’arbre comme un élément du paysage. Il est temps de le considérer comme une infrastructure essentielle à notre survie. Pouvoir sur l’eau, sur notre santé, sur nos villes, pouvoir économique. Nous le laissons brûler tous les ans sans rien changer à notre politique.

    L’arbre, climatiseur de la planète

    Par l’ombre et l’évapotranspiration, l’arbre devient une sorte de climatisation naturelle, gratuite à l’usage, sans consommation électrique et dont les effets se voient directement sur les plus faibles d’entre nous..

    Une analyse récente de près de 300 villes européennes montre même que les zones couvertes d’arbres peuvent être jusqu’à 8 à 12 °C plus fraîches que le tissu urbain dense en Europe centrale lors des épisodes de chaleur extrême. Dans le sud de l’Europe, l’écart observé peut atteindre environ 4 °C.

    Une autre étude ( cf lien) a modélisé ce qui se passerait si les villes atteignaient 30 % de couverture arborée. L’objectif pourrait réduire significativement l’exposition à la chaleur et éviter des milliers de décès prématurés liés à la chaleur dans les villes étudiées.

    L’arbre, gestionnaire de l’eau

    De par sa nature, l’arbre retient les eaux de pluie dans ses feuillages puis la redescend vers les racines et la terre. La FAO souligne que les forêts favorisent l’infiltration et la recharge des nappes, réduisent le ruissellement et contribuent à réguler les débits.

    Par exemple, les forêts de Uluguru Mountains pourvoient en eau potable 2.5 million de résidents Dar es Salaam. De façon identique, 1.3 million de gens de Quito et 20 million d’habitants de Mexico City récupèrent leur eau des montagnes et forêts avoisinantes.

    Les forêts ont une fonction « tampon » qui permet le refroidissement, la gestion des précipitations, la rétention de l’eau. Elles peuvent modérer les climats extrêmes et réduire les impacts du changement climatique sur l’eau. Elle indique que les forêts peuvent retenir jusqu’à 80 % des sédiments, contribuant ainsi à maintenir la qualité de l’eau.

    Une étude à l’échelle de l’UE estime que si 35 % des surfaces urbaines étaient végétalisées, cela pourrait transformer environ 10 km³ d’eau de pluie par an en « eau verte », soit environ 17,5 % de l’eau qui s’écoule actuellement vers les villes .

    Les sols et l’air lui disent merci

    Stabilisation des sols, infiltration, réduction de l’érosion, aide à la vie microbienne. Les talents sont multiples de cet éléments extraordinaire.

    Les feuilles captent les particules fines, l’ozone, le dioxyde d’azote, dioxyde de soufre, monoxyde de carbone. Un génie climatique même si tous les arbres ne sont pas égaux face à ce point.

    Un arbre n’est pas un morceau de nature posé au milieu de la ville. C’est une infrastructure. Il refroidit, filtre l’air, ralentit l’eau, protège les sols, stocke du carbone, abrite la biodiversité et réduit notre consommation d’énergie. Et contrairement à une infrastructure classique, il fait tout cela simultanément.

    les chamans le savaient

    Dans plusieurs traditions chamaniques sibériennes et d’Asie centrale, on retrouve l’image de l’arbre cosmique ou arbre du monde. Ses trois parties correspondent symboliquement à trois niveaux:

    1. les racines et monde souterrain, ancêtres, forces invisibles
    2. le tronc et le monde humain, monde terrestre
    3. les branches, la cime et le monde céleste, esprits, divinités

    Le chaman utilise symboliquement cet axe pour effectuer son voyage entre les différents mondes.

    Ils vivent plus longtemps que les humains et deviennent ainsi des témoins du territoire : naissance, mort, transmission, saisons, déplacements, événements. Couper un arbre ancien ne signifie pas uniquement perdre du bois ou du carbone , c’est détruire la mémoire d’un lieu.

    Le regard de Human First

    Pour la pensée occidentale moderne, l’arbre est souvent une ressource. Pour de nombreuses cosmologies autochtones, il est une relation. Sans rentrer dans une vision animiste, on peut considérer l’arbre comme le pilier d’un architecture verte qui serait composée de zones humides, corridors écologiques, forêts urbaines.

    Elle viendrait compléter et harmoniser les infrastructure existantes telles que les routes, canalisations, réseaux d’eau, de climatisation et celles du numérique, du data center, de l’IA.

    A suivre donc.

    Pour plus d’informations

    https://hadea.ec.europa.eu/news/satellites-can-help-cool-europes-cities-2026-06-26_en

    https://environment.ec.europa.eu/news/increasing-tree-coverage-30-european-cities-could-reduce-deaths-linked-urban-heat-island-effect-2023-06-21_en

    https://www.fao.org/sustainable-forest-management-toolbox/modules/forest-and-water

    https://climate-adapt.eea.europa.eu/en/metadata/publications/water-energy-and-climate-benefits-of-urban-greening-throughout-europe-under-different-climatic-scenarios

  • Ceuta: anatomie d’une crise migratoire

    Qui connaissait Ceuta avant que tous ces migrants n’arrivent du Maroc? Le 30 Juillet 2026, environ 60000 personnes, essentiellement de jeunes Marocains, ont franchi la frontière terrestre ou sont entrées par la mer, souvent à la nage, dans ce territoire de Ceuta provoquant une des plus grosses crises migratoires de ces dernières années. Comme dans toute crise, il faut comprendre le contexte diplomatique, social et politique, savoir quels ont été les déclencheurs et enfin quels acteurs peuvent tirer parti de cette crise ?

    Quel est le contexte diplomatique entre l’Espagne et le Maroc?

    Port franc espagnol sur le continent africain, en face de Gibraltar, Ceuta est la deuxième porte d’entrée ( ou de sortie ) de la Méditerranée. Cette position n’est pas neutre stratégiquement car elle donne à l’Espagne et à l’Europe une possibilité de contrôle du trafic de la Méditerranée que ce soit commercial ou militaire. C’est aussi un point d’ancrage portuaire en Afrique.

    L’Espagne et le Maroc sont des partenaires diplomatiques ayant des relations complexes. Le dossier central est le Sahara Occidental, que le Maroc considère comme sien, mais que le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, réclame au travers d’un référendum d’autodétermination conformément aux résolutions des Nations unies. La position de l’Espagne, initialement neutre, a changé en 2022. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a opéré un tournant majeur en qualifiant le plan d’autonomie marocain de « base la plus sérieuse, réaliste et crédible » pour résoudre le conflit.

    Dans le même temps, le Maroc ne reconnaît pas la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla, qu’il considère comme des vestiges du colonialisme. Mais l’Espagne dit que Ceuta comme Melilla sont espagnoles depuis respectivement le XVII e s et le XV e s et Madrid refuse toute négociation sur leur souveraineté.

    Le Maroc contrôle une des plus importantes routes migratoires vers l’Europe. L’Union verse environ 500 millions d’euros au Maroc dans le cadre de la coopération migratoire pour la période 2021-2027. Cela couvre une surveillance aux frontières, une lutte contre les réseaux de passeurs et une réadmission des passeurs. L’Espagne a déjà connu une crise identique en 2021 ou 10000 migrants sont arrivés à Ceuta.

    Une manipulation numérique serait le déclencheur de ce déferlement

    Peu avant le flux de migrants, une fausse information circule sur les réseaux sociaux selon laquelle des réseaux de passeurs ont diffusé l’idée qu’il était devenu plus facile d’entrer en Espagne après une décision de la Cour suprême espagnole limitant certains refoulements immédiats des personnes arrivées par la mer.

    L’idée folle est donc venue à ces pauvres jeunes de rentrer par la mer provoquant la mort de 72 d’entre eux. Les causes sont la détresse économique de certains et la volonté de rentrer en Europe pour rejoindre une vie qu’ils pensent meilleure. Certains viennent de pays africains hors Maroc et ne sont pas forcément bien acceptés au Maroc.

    Selon Thierry Breton, qui relance le débat sur la maitrise des frontières européennes informationnelles et numériques,  » dès le 27 juillet, un groupe Facebook, « Hraga Ceuta », rassemblant plus de 20 000 membres, partageait des cartes Google Maps indiquant les distances de nage autour de la digue du Tarajal, du matériel, des itinéraires et des cagnottes. TikTok, WhatsApp et Instagram ont fait le reste ».

    Des soupçons d’ingérence étrangère?

    Lorsque l’on parle de Facebook, X ou Tik-Tok, des pistes de réflexion sur de possibles ingérences sont à évoquer surtout que les principes du DSA ( Digital Service Act) applicables en Europe ne sont pas appliqués au Maroc.

    JD Vance n’a-t-il pas, en Février 2025 , lors d’une conférence sur la sécurité européenne, parlé de censure totale de la liberté d’expression en Europe, notamment vis-a-vis des partis d’extrême droite, de persécution avérée des chrétiens et de politique délibérément favorable à l’immigration de masse. Vance ne s’est pas contenté de désigner ces trois menaces, mais aussi pointé du doigt les coupables : l’UE et les responsables politiques « globalistes ».

    Ce jour-là, le vice-président Vance a ensuite fustigé sans le nommer le Digital Services Act ( 2022)  et son Code de conduite, intégré en janvier 2025, en accusant l’Union d’avoir menacé les citoyens des pays membres de leur couper l’accès aux réseaux en cas de « discours de haine », surestimant volontairement la portée des propos de Thierry Breton sur les contenus haineux ou mensongers du compte X d’Elon Musk pendant la campagne américaine – des propos qui tombaient sous le coup de la loi européenne. Cela a valu à ce même Thierry Breton d’être interdit du territoire américain, sans que au passage, Monsieur Macron n’ait rien à redire.

    Les cris sur la fermeture de l’espace Schengen à l’Espagne de Madame Méloni, dont les amours avec Donald Trump vont et viennent , mais qui reste quand même une fidèle de la politique d’extrême droite proches de Donald Trump, ne sont pas neutres. Ils relèvent d’une même volonté de faire trembler l’Europe, ce géant commercial qui est devenu un rival, malheureusement aux yeux de Trump, des Etats-Unis. Elle avait juste oublié que l’Italie était le pays qui accepte le plus de migrants en Europe.

    Le regard de Human First

    Beaucoup de passion et de politique dans cet évènement tragique.

    La barrière flottante actuelle autour de Ceuta est le symbole misérable de la difficulté des Européens à conduire une véritable politique migratoire globale. Il est vrai que c’est difficile et que les pays concernés jouent leur jeu politique et économique.

    Le deuxième élément est soulevé par Thierry Breton. C’est la nécessité d’intégrer dans le process une maîtrise informationnelle de nos frontières , un démantèlement des passeurs numériques et une meilleure coopération dans le domaine des comptes identifiés.

    Les frontières du XXIᵉ siècle ne sont plus seulement des murs ou des barbelés. Elles sont aussi des algorithmes, des plateformes et des campagnes de désinformation. Tant que l’Europe ne protégera que ses frontières physiques, elle restera vulnérable par les frontières numériques.

    Pour en savoir plus

    https://www.reuters.com/world/europe/spain-installs-floating-barrier-ceuta-after-calm-night-following-border-rush-2026-08-01/?utm_source=chatgpt.com

  • Combien coûte réellement l’inaction climatique ?

    La transition écologique est souvent présentée comme une dépense insoutenable. Rénover les bâtiments, décarboner l’industrie, protéger la biodiversité ou adapter nos territoires au changement climatique seraient autant de contraintes pesant sur la compétitivité. Pourtant, les chiffres racontent une toute autre histoire. Le véritable coût est celui de l’inaction.

    Chaque année, les catastrophes climatiques, la dégradation des écosystèmes, les pollutions et la raréfaction des ressources pèsent davantage sur nos économies. La question n’est donc plus de savoir combien coûte la transition écologique, mais combien nous coûtera le fait de ne pas la mener.

    Des progrès sensibles sont observés, s’agissant par exemple de certains polluants atmosphériques mais aussi d’émissions de gaz à effet de serre (GES), qui ont diminué sur le territoire national de plus de 30 % entre 1990 et 2023 . Mais cela n’est pas suffisant.

    Une facture qui ne cesse de s’alourdir

    Ces dérèglements environnementaux ont entraîné, selon les estimations produites par les grands réassureurs mondiaux, des coûts économiques directs évalués autour de 300 Md€ en 2024 à l’échelle mondiale, un chiffre en progression constante depuis 2015. En France, un scénario de statu quo des politiques menées face au dérèglement climatique entraînerait une perte de 11,4 points de PIB à l’horizon 2050. ( chiffres Cour des Comptes).

    Fin 2024, une nouvelle étude de l’Ipbes, dite « rapport Nexus », a mis en avant les interconnexions entre la biodiversité, l’eau, l’alimentation, la santé et le changement climatique et souligné qu’« un retard dans la réalisation des objectifs…, pourrait doubler les coûts – tout en augmentant la probabilité de pertes irremplaçables telles que les extinctions d’espèces ».

    6 défis qui dépassent le climat

    La transition écologique ne se résume pas à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elle repose sur six grands défis interdépendants :

    • atténuation du changement climatique,
    • adaptation au changement climatique,
    • préservation de la ressource en eau,
    • transition vers l’économie circulaire,
    • prévention des pollutions,
    • préservation et restauration de la biodiversité.

    La biodiversité : un capital économique souvent ignoré

    La biodiversité est encore trop souvent perçue comme un enjeu environnemental réservé aux naturalistes. Pourtant, elle constitue aussi un actif économique.

    Selon les données citées dans le document de la Cour des Comptes, 55 % du PIB mondial dépend directement des services rendus par les écosystèmes. En France, 42 % de la valeur des entreprises est liée à ces services.

    Protéger la biodiversité revient donc aussi à protéger notre économie.

    Mais il faudrait améliorer les indicateurs, trop souvent portés uniquement sur l’abondance des oiseaux (qui par ailleurs est en baisse de 31% entre 1989 et 2023 en France, avec une baisse de 44% dans les milieux agricoles et bâtis).

    La France s’est engagée à placer sous protection 30 % de son territoire terrestre et maritime, dont un tiers (10 % du territoire) sous protection forte. Mais entre 2015 et 2022, le rythme d’artificialisation est resté stable, ce qui révèle une incapacité persistante à diminuer la pression sur les espaces naturels. Là encore de larges marges de progression.

    L’eau, les pollutions et les déchets : des signaux d’alerte

    L’eau est une ressource renouvelable essentielle aux activités humaines (ex. eau potable, agriculture, énergie) et aux écosystèmes, mais dont la qualité et la quantité varient fortement dans le temps comme dans l’espace.
    En France, la loi du 21 avril 2004 donne un objectif d’atteinte du « bon état », écologique et chimique, des masses d’eau qui était fixé à 2015. Cet objectif a progressivement été reporté à 2027. En 2021, moins de la moitié de ces milieux est en bon état écologique.

    La transition vers une économie circulaire repose notamment sur des mesures de réduction des déchets à la source. Les évolutions récentes confirment ce constat : le volume de DMA par habitant accuse une hausse de près de 13 % entre 2010 et 2022, loin de la trajectoire fixée d’une baisse de 15 % par habitant entre 2010 et 2030.

    De nombreux polluants présents dans les sols, l’eau et l’air impactent la santé humaine et les écosystèmes. Les particules très fines seraient responsables de 7 % de la mortalité totale de la population, soit 40 000 décès prématurés par an.

    Dans l’eau ou les sols, ils impactent notre alimentation (pesticides, microplastiques, PFAS43) et affectent le fonctionnement des écosystèmes (diminution de la capacité de production des terres agricoles, augmentation du risque d’inondation du fait de l’asséchement des sols). Seules les concentrations des particules fines dans les grandes métropoles ont baissé ( combustion du bois, transport).

    Travailler avec les assureurs sur la sinistralité

    Le coût des dommages écologiques peut être direct (coût des catastrophes dues aux dérèglements des cycles naturels) ou indirect (par exemple sur le système de santé).

    Les pertes économiques liées aux « désastres naturels » sont élevées et croissantes dans le temps, dans toutes les régions du monde, y compris en Europe. Alors que la valeur des pertes liées aux catastrophes naturelles était en moyenne de 50 Md$/an sur la décennie 1980-1989, elle est estimée à environ 250 Md€ par an de 2000 à 2024. Pour la seule année 2024, les coûts économiques des catastrophes climatiques dans le monde sont estimés à environ 370 Md€106.

    La transition climatique n’est pas la seule cause de cette augmentation de la sinistralité. La tendance à continuer de construire des logements dans des zones à risque de débordement ou dans des forêts comme en Gironde contribue à l’augmentation du coût de la sinistralité.

    L’application des dispositions règlementaires est au contraire de nature à diminuer le coût de la sinistralité. Au-delà du coût des dommages, la solvabilité même des acteurs économiques, notamment des assureurs, est fragilisée. L’utilisateur lui même serait perdant avec des franchises accrues ou des refus d’assurer.

    La seule voie de sortie est la prévention. Améliorer la gestion des forêts ( en embauchant plus de monde), intégrer des zones humides dans les zones sèches, éviter les bâtis en zone argileuse ou forestière,

    Les plans de prévention des risques d’inondation ont permis de réduire significativement les dommages subis par les particuliers. Chaque euro investi dans la prévention génère plusieurs euros d’économies en évitant des destructions futures. Cette logique devrait inspirer l’ensemble des politiques publiques liées à la transition écologique.

    Le regard Human First

    Pendant longtemps, nous avons considéré l’écologie comme un coût. Nous découvrons aujourd’hui qu’elle constitue avant tout une assurance pour notre économie, notre santé et notre sécurité.

    Le véritable débat n’est donc plus : « Combien coûte la transition écologique? » mais plutôt, « Combien sommes-nous prêts à payer pour éviter une banqueroute complète du système »?

    A suivre donc.

    Plus d’infos

    https://www.touteleurope.eu/environnement/emballages-en-plastique-les-chiffres-du-recyclage-dans-l-union-europeenne

    https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-transition-ecologique

  • Cadmium dans l’alimentation : la baguette française au cœur d’un scandale sanitaire ?

    Le cadmium est un métal lourd toxique présent dans l’alimentation. En France, le pain, les céréales, les pommes de terre et certains légumes figurent parmi les principales sources d’exposition. La baguette, symbole du patrimoine français, illustre aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique lié aux engrais phosphatés utilisés depuis plusieurs décennies.

    Notre baguette nationale deviendrait-elle le symbole de notre mauvaise santé? Les Français figurent parmi les populations européennes les plus exposées au cadmium par l’alimentation, notamment via les céréales, le pain, les pommes de terre et certains légumes. Cette situation est largement liée à l’utilisation historique d’engrais phosphatés contenant du cadmium. Le problème est de santé publique car, même à faibles doses, par l’accumulation, ce sont notre foie et nos reins qui trinquent: insuffisances rénales, cancers et ostéoporoses.

    Pourquoi la France est-elle particulièrement exposée ?

    La France est le pays le plus exposé à la contamination alimentaire du cadmium. La première raison est l’utilisation d’engrais phosphatés en provenance de pays à forte exposition au cadmium. Le phosphate naturel utilisé pour fabriquer ces engrais contient naturellement du cadmium. Selon l’origine de la roche (Maroc, Tunisie, Jordanie, etc.), sa teneur peut être plus ou moins élevée. Pendant des décennies, une partie de ces engrais a apporté du cadmium dans les sols agricoles français. Celui-ci est ensuite absorbé par les plantes.

    Les sols français, notamment dans certaines grandes régions céréalières, présentent souvent des caractéristiques (pH, composition chimique) qui favorisent l’absorption du cadmium par les cultures. Les cultures les plus concernées sont celles que nous utilisons le plus dans notre nourriture: les légumes-feuilles, le blé (et donc le pain) , les pommes de terre , certaines céréales .

    Chez les fumeurs, le tabac constitue souvent la première source de cadmium. Une cigarette contient du cadmium absorbé par le plant de tabac, qui passe ensuite dans la fumée inhalée.

    Que font la France et l’Europe pour lutter?

    C’est en Novembre 2020 que Joël Labbé, Ecologiste, sort ce projet au Sénat. L’Europe travaillait sur un projet de limitation à 60mg de cadmium par kilogramme (mg/kg) d’anhydride phosphorique (P2O5) dans les engrais. Certains pays avaient déjà abaissé leur taux à 20 mg comme la Finlande et la Hongrie. Mais ce n’est qu’en 2024 qu’Agnès Panier-Runachier reprend le dossier et propose une trajectoire ambitieuse: un premier abaissement à 40 mg/kg de phosphate dans les engrais en 2027, puis à 20 mg/kg de P2O5 en 2030. Mais ce projet qui sortait de son cabinet a été stoppé par la dissolution ordonnée par Macron.

    Quels sont les lobbies qui limitent la réductions du cadmium?

    Annie Genevard, alors Ministre de l’Agriculture, a freiné l’ambition de ce projet, ainsi que son implémentation. Cela froissait les agriculteurs car leurs coûts pouvaient augmenter. Cela froissait les Marocains qui fournissent la majeure partie de notre phosphate et qui vont monter leurs prix pour raffiner ce phosphate afin de l’alléger en cadmium. Maintenant elle a le portefeuille de l’Agroalimentaire, que fait-elle? Ralentir… comme toujours. Le calendrier : 60mg de cadmium par kilo de P2O5 dans les engrais en 2027, 40 mg/kg de P2O5 en 2030 et 20mg/kg de P2O5 d’ici… 2038.

    Honteux. Car en attendant les cancers augmentent et les ostéoporoses aussi. Et notre baguette nationale ne peut devenir le vecteur d’un scandale sanitaire.

    Le cadmium dans l’alimentation n’est plus une question marginale. Il soulève des enjeux de santé publique, de politique agricole et de souveraineté alimentaire. Réduire l’exposition passe par des choix industriels, agricoles et réglementaires qui concernent l’ensemble de la société.

    A suivre donc.

    https://www.cerballiance.fr/fr/actualites/cadmium-danger-alimentation-symptomes-et-comment-limiter-son-exposition

    https://www.anses.fr/fr/content/cadmium-reduire-exposition

  • Réchauffement climatique : pourquoi le rapport Copernicus 2024 doit nous alerter?

    Le rapport European State of the Climate 2024, publié par Copernicus et l’Organisation météorologique mondiale, dresse un constat sans précédent : l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement. Canicules, inondations, sécheresses et incendies deviennent la nouvelle norme. Voici les principaux enseignements de ce rapport et leurs conséquences.

    La terre brûle, particulièrement en Europe. Et que faisons nous? On achète des clims. Le rapport European State of the Climate 2024 (ESOTC 2024), publié par Copernicus Climate Change Service et l’Organisation météorologique mondiale, dresse un bilan très documenté de l’évolution du climat en Europe. Et l’avenir n’est pas rose.

    Que dit le rapport Copernicus 2024 face au dérèglement climatique?

    2024 a été l’année de tous les records, mais je crains que 2026 s’annonce compliquée aussi. Environ 45 % des journées de l’année ont connu des températures nettement supérieures à la normale et les pays de l’Est et du Sud de l’Europe ont connu des situations de tensions extrêmes avec de fortes chaleurs, des feux, des canicules et des sécheresses.

    A l’Ouest, c’est l’inverse avec des inondations, des crues, des tempêtes. Près d’un tiers du réseau fluvial européen a connu des crues dépassant le seuil d’inondation élevé. Environ 12 % des cours d’eau ont dépassé le niveau d’inondation dit « sévère ».

    Pourquoi l’Europe se réchauffe t elle plus vite?

    L’Europe se réchauffe plus vite. Depuis les années 1980, son rythme de réchauffement est environ deux fois supérieur à la moyenne mondiale, en raison notamment de sa géographie et de la diminution de la couverture neigeuse et glaciaire. Les glaciers européens, en particulier dans les Alpes et en Scandinavie, poursuivent leur fonte rapide. Cette évolution affecte les ressources en eau, les écosystèmes et certaines activités économiques comme le tourisme de montagne. Et on continue à laisser les gens faire du ski sur nos glaciers, à monter au pic du Midi comme si c’était Montmartre.

    Que peut encore faire l’Europe ou la France?

    Il faut protéger notre planète si l’on veut survivre et limiter les calamités. Les villes et le béton font augmenter la température. Plantons! Végétalisation, îlots de fraîcheur, désimperméabilisation des sols pour que l’eau de pluie ruisselle et restaurons les zones humides qui jouent un rôle naturel de stockage de l’eau. Moderniser les réseaux d’eau face aux sécheresses et construisons des ouvrages de protection contre les inondations. Ca commence timidement, mais il faut accélérer.

    Adaptons nos habitats, nos routes, nos ponts. Quand on pense qu’à Paris on n’a pas droit aux volets extérieurs parce que ce n’est pas beau. Notre bitume fond et nous répandons de la chaux pour l’éviter. Ne peut-on pas concevoir des routes adaptées? Les rails de chemins de fer se déforment et n’a t on pas prévu ces changements climatiques. C’est un grand plan d’adaptation à faire au niveau européen. Il y a de l’argent pour le faire. Il faut intégrer le risque climatique dans tous nos projets.

    En matière énergétique, le choix de promouvoir le nucléaire en France est fait, mais le solaire est un moyen extraordinaire dans le sud et tous les pays ensoleillés. L‘éolien, si décrié et que je continue à défendre. En mer et sur terre.

    Et l’agriculture?

    L‘agriculture doit être accompagnée. Les agriculteurs sont nos guerriers. Ceux qui prennent soin de nos terres et qui ont besoin de cette eau qui se raréfie. Il faut qu’ils nous aident à améliorer les sols pour mieux retenir l’eau et à diversifier les cultures avec des semences plus résistantes à la chaleur. Ils ne peuvent plus être considérés comme le tiers monde. Nos vies dépendent d’eux et nous les payons 700 euros par mois!

    Enfin la biodiversité doit être protégée. Partout. Dans les campagnes, les villes , sur les littoraux. Reconstituons les haies. Respectons nos bêtes, nos animaux. Regardons les et protégeons les. Donnons à la nature ce qu’elle nous donne. passons du temps en nature pour comprendre.

    Le coût de l’inaction devient supérieur à la prévention. Alors demandons des comptes à nos élus européens et français.

    A suivre donc.

    Questions fréquentes sur le rapport Copernicus 2024 et le climat en Europe

    Pourquoi l’Europe se réchauffe-t-elle plus vite que le reste du monde ?

    L’Europe est aujourd’hui le continent qui connaît le réchauffement le plus rapide. Sa position géographique, les changements observés dans l’Arctique, la diminution de l’enneigement et l’évolution de la circulation atmosphérique amplifient l’augmentation des températures.

    Qu’est-ce que le rapport Copernicus 2024 ?

    Le rapport European State of the Climate 2024 est publié chaque année par Copernicus Climate Change Service et l’Organisation météorologique mondiale. Il analyse les évolutions du climat en Europe, les records observés et leurs conséquences sur les populations, les écosystèmes et l’économie.

    Quels sont les principaux enseignements du rapport ?

    Le rapport montre que 2024 a été marquée par des records de température, une multiplication des événements climatiques extrêmes, une accélération de la fonte des glaciers et une augmentation des impacts économiques liés au changement climatique.

    Le changement climatique est-il responsable des vagues de chaleur ?

    Les scientifiques expliquent que le réchauffement climatique augmente la fréquence, la durée et l’intensité des vagues de chaleur. Les épisodes extrêmes deviennent donc plus probables.

    Que peut faire l’Europe face au changement climatique ?

    L’Europe peut agir en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre, en développant les énergies décarbonées, en adaptant ses infrastructures et en renforçant sa résilience face aux événements

    climatiques extrêmes.

    Pour aller plus loin

    https://www.copernicus.eu/fr

    https://climate.copernicus.eu/esotc/2025


  • Réduire la Dépendance aux Minéraux Chinois: Initiatives du G7

    Le G7 déclare la guerre à la dépendance aux minerais critiques : l’Europe se réveille enfin . La DIAMMS – Délégation interministérielle aux approvisionnements en minerais et métaux stratégiques (un acronyme qui ne s’invente pas !) – était présente au G7 en véritable sherpa du gouvernement français sur ces questions devenues hautement stratégiques.

    À l’issue du sommet, les chefs d’État et de gouvernement du G7 ont adopté une déclaration majeure visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Un sujet devenu central à mesure que les grandes puissances prennent conscience de leur dépendance à l’égard de la Chine, qui domine aujourd’hui largement l’extraction mais surtout le raffinage des terres rares, du lithium, du graphite, du nickel, du cobalt, du tungstène ou encore de l’antimoine.

    Qu’a-t-il été décidé au G7?

    Face à cette situation, le G7 a décidé d‘engager une coopération structurante entre ses membres et leurs partenaires afin de diversifier les sources d’approvisionnement et renforcer la résilience des chaînes de valeur. Tous les leviers seront mobilisés : développement de nouveaux projets miniers, soutien aux capacités de raffinage, financement public et privé, constitution de stocks stratégiques, amélioration de la traçabilité, recyclage, innovation et économie circulaire.

    Cette stratégie reposera sur une plateforme réunissant les experts des pays du G7 et de leurs partenaires, en coopération avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’OCDE.

    Quel est l’objectif?

    L’objectif est clair : sécuriser l‘accès aux minerais indispensables aux batteries, aux semi-conducteurs, aux éoliennes, aux véhicules électriques, aux centres de données, à l’intelligence artificielle ainsi qu’aux industries de défense.

    Les pays du G7 entendent également coordonner leurs politiques de stockage afin de prévenir les ruptures d’approvisionnement en cas de crise géopolitique ou de restrictions à l’exportation. Ils souhaitent développer des partenariats renforcés avec les pays producteurs d’Afrique, d’Amérique latine, d’Australie et d’Asie afin de réduire la concentration actuelle des approvisionnements.

    Qui va financer?

    Le financement de nouveaux projets d’extraction, de raffinage et de recyclage constitue un autre pilier de cette stratégie. Plusieurs dizaines de milliards d’euros d’investissements ont déjà été annoncés. Le recyclage des métaux critiques contenus dans les batteries, les équipements électroniques ou les aimants permanents devra également monter en puissance.

    Le G7 s’est fixé un objectif ambitieux : qu’aucun pays extérieur ne représente plus de 60 % de l’approvisionnement d’un minerai critique d’ici 2030, avec une ambition de descendre ensuite à 50 %. Une orientation qui vise directement la dépendance actuelle vis-à-vis de la Chine.

    L’œil de Human First

    Les terres rares et les minerais critiques sont devenus le pétrole du XXIᵉ siècle. Sans eux, impossible de produire des batteries électriques, des puces électroniques, des éoliennes, des satellites, des équipements militaires ou encore les infrastructures nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.

    Plus qu’un enjeu industriel, le G7 considère désormais la sécurité d’approvisionnement en minerais critiques comme une question de souveraineté économique et de sécurité nationale, au même titre que l’énergie.

    L’Europe se réveille!

    A suivre donc!

  • La distribution française s’en met elle plein les poches?

    Merci au Sénat et à Anne-Marie Loisier ( Union Centriste Côte d’Or) et Antoinette Guhl (Écologiste – Solidarité et Territoires – Paris) d’avoir réalisé ce rapport fouillé sur les marges des distributeurs. Nous en avions franchement besoin. Les prix ne cessent d’augmenter et les producteurs agricoles ou industriels sont mécontents. Qui croire?

    La formation du prix des produits alimentaires repose sur une chaîne complexe qui va de la production agricole à la distribution. À chaque étape – agriculteur, industriel, distributeur – s’ajoutent des coûts, des mécanismes de négociation et des rapports de force qui influencent le prix final payé par le consommateur.

    Comment est constitué le prix?

    Le prix en amont, c’est-à-dire au niveau agricole, dépend d’abord des coûts de production. Ceux-ci varient fortement selon les filières. Dans l’élevage, ils sont largement influencés par les coûts d’alimentation animale, l’énergie, les engrais, les soins vétérinaires ou encore les contraintes environnementales.

    Dans les fruits et légumes, les charges de main-d’œuvre, d’eau, d’énergie et les intrants agricoles (semences, engrais, traitements) représentent une part importante des coûts. Ces productions sont particulièrement sensibles aux aléas climatiques, ce qui rend les coûts très fluctuants.

    Comment protéger les revenus agricoles?

    Pour mieux protéger les revenus agricoles, les lois dites Egalim ont instauré une contractualisation écrite obligatoire entre producteurs et premiers acheteurs. L’objectif est de construire les prix à partir des coûts réels de production (« marche avant ») plutôt que selon les exigences des acheteurs ou de la grande distribution.

    Toutefois, cette contractualisation reste inégale selon les secteurs. Très développée dans le lait, elle demeure faible dans la viande bovine et quasiment absente dans les fruits et légumes frais, où la périssabilité des produits et la météo rendent difficile toute planification à long terme.

    Quid de la stratégie commerciale?

    Dans la distribution, le prix payé par les enseignes ne correspond pas au tarif affiché par les industriels. Il résulte d’une négociation complexe comprenant remises, ristournes, services commerciaux et promotions financées par les fournisseurs. Le « prix 3 net » représente le prix réel payé après ces déductions. De nombreux acteurs dénoncent une pratique consistant à négocier non sur les tarifs officiels, mais sur les prix déjà réduits des années précédentes, ce qui accentue la pression sur les industriels.

    Enfin, le prix de vente au consommateur dépend des stratégies commerciales des distributeurs. La grande distribution fonctionne sur une logique de faibles marges nettes globales (souvent entre 1 % et 2 %), compensées par une forte rotation des volumes. Toutefois, les marges diffèrent fortement selon les produits et les rayons : certains articles à forte marge compensent ceux vendus à prix bas, voire à perte. Ce mécanisme de « péréquation des marges » constitue un levier stratégique majeur des enseignes.

    Le rapport propose des pistes de transparence comme un affichage obligatoire des marges sur les produits non transformés, en priorité les fruits et légumes, la transparence sur les marges arrière notamment en rendant publics leurs montants, une déclaration annuelle des flux financiers avec les centrales d’achats et de services européennes. Cela ne remettrait pas forcément en cause les prix consommateurs mais permettraient au moins aux filières au moins françaises de vivre mieux.

    Food price supply chain balance scale

    A-t-on vraiment la maitrise de nos coûts?

    Au total, la construction du prix alimentaire apparaît comme un système complexe, marqué par des déséquilibres de pouvoir, une forte opacité des négociations et des difficultés persistantes à garantir une rémunération juste des producteurs agricoles tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs.

    Les distributeurs contestent toutefois les conclusions du rapport, estimant que celui-ci sous-estime le poids des grandes multinationales de l’agroalimentaire dans la formation des prix. La concentration des centrales d’achat européennes est devenue un sujet majeur de concurrence.

    En une quinzaine d’années, le paysage s’est profondément restructuré : quelques grandes alliances transnationales (Everest/ Epic Partners, Eurelec/ Copernic, Concordis, Agecore) négocient désormais avec les principaux industriels mondiaux (Nestlé, Unilever, Danone, PepsiCo, Procter & Gamble, etc.), ce qui leur confère un pouvoir de négociation considérable. Des estimations récentes indiquent que les alliances européennes couvrent désormais près de 60 % du marché européen de la distribution alimentaire, contre environ 30 % il y a une dizaine d’années.

    Le regard de Human First

    Il faudrait peut-être négocier avec ces entreprises transnationales pour imposer des normes utiles à la transition écologique: zéro déforestation, réduction des plastiques, traçabilité, lutte contre le gaspillage alimentaire etc. Une véritable transition suppose de rééquilibrer le partage de la valeur entre producteurs, transformateurs, distributeurs et consommateurs.

    Il faudrait aussi se poser la question de l’intérêt économique de ces entreprises intermédiaires, qui risquent de favoriser les importations à bas coûts, à qualité et disponibilité constantes favorisant les exploitations intensives et les filières standardisées.

    Il va falloir discuter rapidement de ces points si on veut garder notre agriculture, industrie et notre souveraineté alimentaire.

    A suivre donc

    Pour aller plus loin

    https://www.senat.fr/travaux-parlementaires/structures-temporaires/commissions-denquete/commission-denquete-portant-sur-les-marges-des-industriels-et-de-la-grande-distribution.html

    https://www.eurelec-trading.eu/?utm_source=chatgpt.com

  • Master poulet contre Master Maire

    A Saint-Ouen, le Maire Karim Bouamrane est en combat judiciaire avec l’enseigne de poulets halal Master Poulet. Malbouffe, nuisances sonores, odeurs, rats…les riverains n’en peuvent plus. Le Maire a pris leur défense. Mais ce combat révèle un problème de fond plus grand que celui qui les anime à Saint-Ouen.

    On pourrait débattre du caractère transformé ou pas, sucré ou pas etc… Mais le fond du problème est le pouvoir d’achat. Il est de plus en plus difficile d’aller au restaurant avec sa famille. Des menus de plus en plus chers pour une nourriture qui n’est pas toujours à la hauteur. Les restaurants aussi consomment du transformé, et peut-être plus que Master Poulet. Toutes ces enseignes permettent quand même de se retrouver pour les jeunes ou de manger comme au restaurant pour les familles.

    Ce qui est à relever du problème, ce sont les enjeux environnementaux cachés. Le poulet est une denrée protéinée moins chère que la viande rouge ou le poisson. Elle est en forte demande, au même titre que les œufs qui sont en pénurie récurrente. Par contre, la consommation du poulet bio a fortement diminué et celle du poulet industriel a explosé laissant la France en obligation d’importer les poulets de l’étranger.

    Outre le manque de poulaillers, nous sommes aussi déficitaires sur le soja que les poulets mangent. Il nous faut l’importer des USA ( avec taxes) et d’Amérique Latine ( Mercosur et déforestation). Cela a été aussi l’occasion pour les éleveurs de poulets de demander lors du décret de la loi Duplomb revisitée ( retrait des neonicotinoides) d’introduire le relèvement des seuils d’enregistrement pour les élevages de volailles et de porc relevant de la protection de l’environnement (ICPE)  : 85.000 emplacements pour les poulets (contre 40.000 auparavant), 60.000 emplacements pour les poules (contre 40.000), 3 000 emplacements pour les porcs de production de plus de 30 kg (contre 2000), 900 emplacements pour les truies reproductrices (contre 750). Nous allons manger de plus en plus industriel.

    Nous ne prendrons pas partie entre Master Poulet et Master Maire… Master Poulet apporte des protéines sans trop de transformation. Mais attention aux sauces et à tous les accompagnements. Par contre le Maire a raison sur les nuisances diverses apportées par ces lieux de junk food.

    De façon plus générale, j’ai envie de dire que la consommation de viandes animales doit diminuer pour éviter la souffrance animale. Alors, comme un candidat la Présidentielle il y a fort longtemps: « Mangez des pommes! » ( Chirac).

    A suivre donc.

  • Ted Turner: une légende des médias est partie

    Lors d’une visite de CNN à New York en 2009, mon groupe s’est installé autour de la table mythique du plateau. J’avais par chance la place de Ted Turner, qui malheureusement n’était plus à CNN. J’ai rêvé de cet homme si charismatique et son décès est une perte.

    Célèbre pour avoir révolutionné la télévision et l’information en continu, il est surtout connu pour avoir fondé CNN en 1980, première chaîne diffusant les informations 24h/24. Beaucoup jugeaient le modèle irréaliste ; il en a fait une référence mondiale.

    À la tête de CNN, Ted Turner a transformé notre manière de consommer l’information : naissance de l’info en continu, couverture mondiale en direct (notamment pendant la Guerre du Golfe en 1991), généralisation du direct et du satellite, et un style plus rapide, plus immersif. Il n’a pas seulement créé une chaîne : il a inventé un modèle mondial d’information continue.

    Il a ensuite étendu son empire avec TBS et TNT, passant d’une chaîne locale d’Atlanta à un groupe de divertissement majeur : séries, films et sport pour le grand public.

    Dans les années 1990, il devient l’un des hommes les plus puissants des médias, avant de fusionner son groupe avec Time Warner en 1996, pour accéder à davantage de contenus et de puissance financière. L’objectif était clair : contrôler à la fois les canaux et les contenus (cinéma, musique, information). Mais cette fusion marque aussi le début de son recul dans le groupe.

    Quelques années plus tard, la fusion avec AOL dans le cadre de AOL Time Warner accélère la transformation du groupe dans une logique financière et internet qui lui échappe. Progressivement, Turner perd son influence et quitte ses fonctions en 2006.

    En 1997, il a marqué l’histoire par un geste philanthropique majeur : un don d’un milliard de dollars à l’Organisation des Nations unies, à l’origine de la United Nations Foundation, pour soutenir la santé, l’environnement, les droits des femmes et l’aide humanitaire.

    Enfin, son engagement écologique est central : acquisition de vastes territoires aux États-Unis pour préserver la nature, protection de la biodiversité, reconstitution de troupeaux de Bison d’Amérique, et création de la Turner Foundation dédiée à l’environnement.

    Ted Turner reste ainsi une figure riche et marquante : visionnaire des médias, entrepreneur disruptif, mais aussi philanthrope et écologiste avant-gardiste. Une personnalité qui a profondément marqué l’histoire contemporaine de l’information et de la conscience environnementale.

    C’est un post de son ex femme Jane Fonda qui m’a fait savoir que Ted Turner nous avait quitté. Pas un mot ce matin des chaines d’infos françaises. Elles n’ont visiblement pas entendu les leçons de ce grand homme de média… L’info vraie à toute heure… trop intéressées à faire des reportages sur Donald Trump…

    A suivre donc.

  • Jordan Bardella et Maria Carolina de Bourbon: le nouvel axe sentimental franco italien

    Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a officialisé, ce mercredi 8 avril dans les colonnes de Paris-Match, sa relation avec Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans les rédactions qui ont un instant abandonné les pitreries dangereuses de Donald Trump.

    Jordan Bardella, qui a été conseiller régional Ile de France, qui est aussi député européen, Président du groupe Patriotes pour l’Europe au Parlement Européen se positionne pour les Présidentielles de 2027 en cas d’incapacité de Marine Le Pen. Il a 31 ans.

    Il est aussi lisse que la famille Le Pen est colorée. Il est l’enfant de la Seine Saint-Denis ( né à Drancy), fils de parents divorcés d’origine italienne, voire kabyle, bien loin de la famille Le Pen avec son château de Saint Cloud. Il lui manquait un lien avec l’aristocratie, la richesse. Voilà qui est fait.

    On ne pouvait pas mieux trouver. Maria-Carolina de Bourbon des Deux Sicile est noble, descendante de Louis XIV, gloire française nationale, mais aussi descendante du Roi Ferdinand Ier des deux Siciles et de la Reine Marie Caroline d’Autriche, dont la dynastie a été renversée par les chemises rouges de Garibaldi. au profit de la Maison de Savoie.

    Le timing est excellent. Au moment où l’extrême droite cherche à tisser des liens entre les pays européens, particulièrement depuis la chute de Viktor Orban en Hongrie, cette association amoureuse tombe à point. A moins qu’elle n’ait été fabriquée. Il est vrai que les photos des deux tourtereaux ne montrent pas un élan amoureux fulgurant. Nous restons un peu sur notre faim. Il est vrai aussi que Jordan était beaucoup trop discret sur ces amours. Marine Le Pen n’alimentait pas les journaux a scandale et le créneau des chats était déjà prix par elle. Il fallait faire quelque chose.

    Maria Carolina serait-elle la nouvelle Castiglione, cette intrigante à la Cour de Napoléon III, envoyée par Cavour, son cousin, pour séduire Napoléon III et obtenir ses faveurs pour aider à la réunification de l’Italie ( cf traité de Plombières)? Evidemment non! La Castiglione était une intrigante qui allait de bals en réceptions, pour être introduite auprès de Victor-Emmanuel II, prince de Piémont, duc de Savoie, comte de Nice et roi de Sardaigne. Cette fameuse famille de Savoie qui a renversé les Bourbons, d’où vient Maria-Carolina.

    Maria Carolina est de bonne naissance et d’excellente éducation. Mais elle pourrait être une nouvelle Lady Di croyant à l’amour dans un monde cruel. Sa famille par contre pourrait rêver de cette revanche de l’Histoire où les Bourbons reprendraient le lien avec la France, même au travers d’un roturier, mais aussi où le France et l’Italie pourrait s’entendre entre populations d’extrême droite.

    La vraie question est de savoir si Georgia Meloni est la nouvelle Cavour? Mais je m’échauffe et ce sont toutes ces réminiscences historiques qui agitent mon esprit.

    Malgré l’approche humoristique, il convient tout de même de suivre cela de près. En espérant que les Français ne tombent pas dans le panneau enrubanné de velours de ces images façonnées.

    A suivre donc.

    En dehors de ses amours, l’actu de Jordan: des soupcons de fraude à l’Europe

    https://www.lindependant.fr/2026/05/07/des-fonds-europeens-pour-payer-des-formations-a-jordan-bardella-le-parquet-europeen-ouvre-une-enquete-sur-des-soupcons-de-fraude-13360723.php