Human First

Human First est un espace d’idées, de réflexion et de dialogue. Dans un monde en pleine mutation – bouleversé par les crises climatiques, les révolutions technologiques et les tensions sociales – nous faisons le choix de revenir à l’essentiel : l’être humain.

Engagée depuis 1997 pour une politique de progrès, fondée sur l’écologie, la justice sociale et le rassemblement républicain.

Manager internationale expérimentée spécialisée en alliances stratégiques et projets globaux internationaux. Experte en innovation, transition numérique et écologie appliquée (Cloud, IA, Smart Cities, décarbonation).

  • Octobre rose: derrière le ruban, quelles réalités?

    À la suite de la prise de position de Mathilde Panot, députée de La France insoumise, sur le bien-fondé d’Octobre Rose, et des réactions virulentes suscitées sur les réseaux sociaux par le mouvement Octobre Rose en colère, nous nous devions de regarder cette campagne de plus près.

    Bien sûr, la sensibilisation au cancer du sein, la prévention, le dépistage et le financement de la recherche sont essentiels. Chaque année, des milliers de femmes sont touchées par cette maladie, et leur combat, comme celui de leurs proches, mérite toute notre attention.

    Mais au-delà du ruban rose, des courses solidaires et des campagnes médiatiques, quels sont les résultats concrets d’Octobre Rose ? La mobilisation permet-elle réellement d’améliorer le dépistage et de faire progresser la recherche ? Les sommes collectées sont-elles transparentes et à la hauteur des enjeux ?

    Quels types d’action?

    Il y a beaucoup d’actions lors de ce mois qui permettent de récupérer de l’argent pour cette maladie. On peut noter les actions du magasin Leclerc qui ont communiqué en 2024 et 2025 sur les résultats respectifs de 2.8M d’euros et 3.7millions d’euros donnés à la Ligue contre le Cancer..

    De son côté , Decathlon annonce une collection « Bougeons en Rose », commercialisée du 22 septembre au 7 novembre 2026. Selon l’enseigne, 30 % du chiffre d’affaires généré par cette sélection seront reversés à la Ligue contre le cancer.

    Des villes comme Clermont ont organisé des évènements comme Clermont en rose qui a récolté l’an dernier 150keuros. D’autres comme Paris se focalisent sur la prévention avec des mammographies sans rendez-vous à l’Hôtel Dieu. Un peu léger pour le coup…

    Les résultats sont-ils transparents?

    La moindre des choses que l’on puisse dire c’est NON. Ponctuellement les entreprises peuvent communiquer leurs résultats. Mais aucun récapitulatif n’est fait au plan national comme local, ce qui donnerait une vision claire de la progression.

    Idem sur les produits achetés, il peut exister beaucoup de Pinkwashing. un coup de peinture rose et nous voilà dans le mouvement du business généré par ce fantastique effet de marketing.

    Nous devons nous demander qui reçoit l’argent, combien est versé et comment ( en pourcentage, en montant net) et surtout quels sont les investissements faits derrière. Car nous sommes bien dans une opération de santé publique avec une maladie que l’on doit prendre au sérieux et éviter les dérives marketing.

    Cela a-t-il un effet sur le dépistage et la réduction du cancer?

    Le dépistage organisé du cancer du sein concerne les femmes âgées de 50 à 74 ans, qui sont invitées à réaliser une mammographie tous les deux ans. Hors selon les données de Santé Publique France, il semblerait que le dépistage a stagné voire réduit depuis 2022 passant de 46,6 à 45,7%. Sans Octobre rose, le résultat serait peut-être pire.

    Selon Santé publique France, 61 214 nouveaux cas ont été estimés en France métropolitaine en 2023. La mortalité, quant à elle, diminue depuis les années 1990, tandis que l’incidence continue d’augmenter. La survie nette à cinq ans atteint 88 % pour les personnes diagnostiquées entre 2010 et 2015 dans les zones couvertes par les registres étudiés. Ces chiffres traduisent des progrès importants dans la prise en charge, mais aussi la persistance d’un problème sanitaire considérable.

    Pour mesurer l’efficacité propre d’Octobre Rose, il faudrait disposer d’indicateurs permettant de comparer les comportements avant et après les campagnes, d’évaluer le nombre de dépistages supplémentaires qui leur sont attribuables et de suivre les effets dans le temps.

    Il faudrait également connaître précisément les sommes collectées chaque année, leur affectation et les résultats des projets financés.

    Octobre rose: dépistage oui, mais origines du cancer pas encore

    Dernier point mais non des moindres sur l’origine du cancer. Beaucoup de questions restent en suspens , en particulier pourquoi la France fait partie des pays européens où l’incidence du cancer du sein est élevée. Une étude publiée en 2025 dans la revue Imagerie de la Femme souligne que le nombre de nouveaux cas a fortement augmenté depuis les années 1980 et que l‘incidence ( nombre de nouveaux cancers diagnostiqués) française figure parmi les plus élevées d’Europe.

    A-t-on communiqué suffisamment avec les femmes pour expliquer les risques lié à une surexposition hormonale, à une prédisposition génétique, au poids, au manque d’exercice physique etc. on peut pousser les femmes au diagnostic, mais ont-elles tout simplement accès aux soins partout en France? A-t-on réellement fait un ratissage de tous les chemins de France pour expliquer aux femmes ce qu’est le cancer et pourquoi il faut faire le dépistage.

    Compte tenu du résultat, il est clair que les efforts n’ont pas été suffisants et cet Octobre rose nécessaire patine du fait d’un manque de structuration de la prévention.

    PFAS et cancer

    Mathilde Panot et Octobre rose en colère mettent en cause des industries pharmaceutiques qui auraient intérêt d’un côté à développer les produits chimiques intégrant des PFAS ( polluants éternels)et de l’autre des médicaments qui soignent le cancer. Pompier pyromane.

    Elles ont raison d’alerter en ce sens qu’il est difficile d’aller acheter des médicaments à ceux qui nous détruisent la santé. Un travail d’éthique est à faire.

    Toutefois on ne peut arrêter une campagne qui permet de soulever des fonds et de parler de prévention car un problème reste en suspens.

    L’avis de Human First

    Octobre rose est bien sûr à maintenir mais en demandant des indices de succès, un suivi des sommes engagées en les rendant publiques, des comptes à ceux qui arborent le ruban rose ( quel est votre engagement) afin que cela ne devienne pas un pinkwashing.

    Le combat en France doit être renforcé pour que les déclarations de cancer ( incidence) réduisent de façon drastiques. La encore, une réduction de l’incidence réduira le cancer et donc son coût.

    Car il est plus facile d’arborer un petit ruban rose que d’établir un plan de prévention des cancers du sein au niveau national.

    A suivre donc…

  • Bagayoko: plus proche de Mamdani ou d’Obama?

    Maire de Saint-Denis et proche de Jean-Luc Mélenchon, Bally Bagayoko s’impose dans le paysage politique national. Fort de son ancrage local, il conjugue justice sociale, défense des quartiers populaires et communication maîtrisée. Atout pour LFI ou figure autonome ? Son ambition nationale reste à confirmer, d’abord par son bilan municipal.

    Qui est Bally Bagayoko?

    Pendant les manifestations lycéennes d’Octobre 2026, Bally Bagayoko s’est interposé entre les jeunes et les CRS, pour protéger physiquement les lycéens. Il a retiré seul une poubelle qui menaçait de brûler un portail de lycée. Le Pape est venu le voir. Les grands médias internationaux comme CNN ont vu en lui une nouvelle coqueluche politique et les jeunes l’adorent. « Baga!Baga » scandent les petits d’une primaire de Saint-Denis. Qui est cet homme, proche de Mélenchon, du parti LFI qui sait visiblement se positionner seul médiatiquement?

    Bally Bagayoko a le parcours réussi d’un homme issu de l’immigration malienne, qui est passé par les quartiers populaires de Saint-Denis en s’engageant dans le sport ( le basket) et dans la politique ( le parti communiste du maire Braouzec). Il a un ancrage local extrêmement fort.

    Adjoint au maire dès 2002, conseiller puis vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis de 2008 à 2015, il est finalement élu maire en 2026 mettant fin au mandat du maire socialiste sortant Mathieu Hanotin.

    Son rapport à la France Insoumise?

    Bally Bagayoko est membre de La France insoumise (LFI) depuis 2016. Il a joué un rôle dans l’implantation du mouvement dans les quartiers populaires et en Seine-Saint-Denis. Son élection à Saint-Denis, en mars 2026, constitue un succès politique important pour Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier a d’ailleurs choisi Saint-Denis pour lancer sa campagne présidentielle le 7 juin 2026.

    Les relations sont fortes entre les deux hommes. Bally Bagayoko a besoin d’un parti pour le soutenir dans son ambition politique. et Jean-Luc Mélenchon a besoin de vivacité, de banlieues (qui est son terreau) et ses grandes figures LFI se sont , soit embourgeoisées ( Danièle Obono) , soit évaporées ( Ruffin, Autain, Garrido, Corbière).

    Alors Bally Bagayoko est une panacée pour JL Mélenchon. Grand, fin, un beau visage, charmeur, disruptif, soutenu par la jeunesse, il coche toutes les case du renouveau LFI. JL Mélenchon ne s’y trompe pas qui va certainement faire sa dernière élection présidentielle. Il en a besoin tout comme Bally Bagayoko a besoin de lui et de son mouvement pour ses ambitions.

    A-t-il une ambition nationale?

    Bally Bagayoko est solide politiquement et sa force est son ancrage, son expérience locale. En défendant le renforcement des services publics et la lutte contre les inégalités territoriales, il prône la justice sociale. La lutte contre le racisme et la représentation des quartiers populaires sont les autres piliers de son approche politique.

    Mais tout dans sa stratégie de communication est portée sur la volonté de sortir de Saint-Denis. La ville des Rois et des Reines. La ville où le Pape fait escale et vient le voir et où il explique sa volonté de soutenir la Paix. Il s’inscrit dans l’Histoire et la Religion, et pas n’importe laquelle… la religion Catholique, là où tous les politiques ont au minimum une approche œcuménique voire comme certains comme LFI, pro religion musulmane. Subtile opportunisme.

    Les manifestations lycéennes et la violence policière à certains endroits ont été l’opportunité de se faire une image de défenseur des plus faibles. Sa conviction était profonde sans nulle doute, mais ses mises en scène était bien menées.

    Cet homme sportif sait utiliser son corps quand il protège les enfants , bras écartés en mode christique ou quand il danse avec élégance et se laisse nonchalamment filmer. Il est certainement malin et sait utiliser les médias avec habileté.

    L’avis de Human First

    Bally Bagayoko a définitivement percé dans le paysage politique français et à la différence des autres lieutenants de Jean Luc Mélenchon, il a percé avec sa personnalité seule et son expérience bien sûr. Il n’est pas forgé par le leader LFI et n’est certainement pas à sa botte.

    Il a des ambitions nationales et nous ne serons pas étonnés de le voir briguer la candidature suprême. Mais il a encore un grand chemin à mener , le premier étant de réussir son pari à la mairie de Saint-Denis.

    Donc il est plutôt Mamdani pour l’instant mais pourrait s’avérer Obama s’il sait gérer plus que son image: un contenu et approche apaisée de la politique.

    A suivre donc…

  • Le pouvoir des arbres

    Nous avons longtemps considéré l’arbre comme un élément du paysage. Il est temps de le considérer comme une infrastructure essentielle à notre survie. Pouvoir sur l’eau, sur notre santé, sur nos villes, pouvoir économique. Nous le laissons brûler tous les ans sans rien changer à notre politique.

    L’arbre, climatiseur de la planète

    Par l’ombre et l’évapotranspiration, l’arbre devient une sorte de climatisation naturelle, gratuite à l’usage, sans consommation électrique et dont les effets se voient directement sur les plus faibles d’entre nous..

    Une analyse récente de près de 300 villes européennes montre même que les zones couvertes d’arbres peuvent être jusqu’à 8 à 12 °C plus fraîches que le tissu urbain dense en Europe centrale lors des épisodes de chaleur extrême. Dans le sud de l’Europe, l’écart observé peut atteindre environ 4 °C.

    Une autre étude ( cf lien) a modélisé ce qui se passerait si les villes atteignaient 30 % de couverture arborée. L’objectif pourrait réduire significativement l’exposition à la chaleur et éviter des milliers de décès prématurés liés à la chaleur dans les villes étudiées.

    L’arbre, gestionnaire de l’eau

    De par sa nature, l’arbre retient les eaux de pluie dans ses feuillages puis la redescend vers les racines et la terre. La FAO souligne que les forêts favorisent l’infiltration et la recharge des nappes, réduisent le ruissellement et contribuent à réguler les débits.

    Par exemple, les forêts de Uluguru Mountains pourvoient en eau potable 2.5 million de résidents Dar es Salaam. De façon identique, 1.3 million de gens de Quito et 20 million d’habitants de Mexico City récupèrent leur eau des montagnes et forêts avoisinantes.

    Les forêts ont une fonction « tampon » qui permet le refroidissement, la gestion des précipitations, la rétention de l’eau. Elles peuvent modérer les climats extrêmes et réduire les impacts du changement climatique sur l’eau. Elle indique que les forêts peuvent retenir jusqu’à 80 % des sédiments, contribuant ainsi à maintenir la qualité de l’eau.

    Une étude à l’échelle de l’UE estime que si 35 % des surfaces urbaines étaient végétalisées, cela pourrait transformer environ 10 km³ d’eau de pluie par an en « eau verte », soit environ 17,5 % de l’eau qui s’écoule actuellement vers les villes .

    Les sols et l’air lui disent merci

    Stabilisation des sols, infiltration, réduction de l’érosion, aide à la vie microbienne. Les talents sont multiples de cet éléments extraordinaire.

    Les feuilles captent les particules fines, l’ozone, le dioxyde d’azote, dioxyde de soufre, monoxyde de carbone. Un génie climatique même si tous les arbres ne sont pas égaux face à ce point.

    Un arbre n’est pas un morceau de nature posé au milieu de la ville. C’est une infrastructure. Il refroidit, filtre l’air, ralentit l’eau, protège les sols, stocke du carbone, abrite la biodiversité et réduit notre consommation d’énergie. Et contrairement à une infrastructure classique, il fait tout cela simultanément.

    les chamans le savaient

    Dans plusieurs traditions chamaniques sibériennes et d’Asie centrale, on retrouve l’image de l’arbre cosmique ou arbre du monde. Ses trois parties correspondent symboliquement à trois niveaux:

    1. les racines et monde souterrain, ancêtres, forces invisibles
    2. le tronc et le monde humain, monde terrestre
    3. les branches, la cime et le monde céleste, esprits, divinités

    Le chaman utilise symboliquement cet axe pour effectuer son voyage entre les différents mondes.

    Ils vivent plus longtemps que les humains et deviennent ainsi des témoins du territoire : naissance, mort, transmission, saisons, déplacements, événements. Couper un arbre ancien ne signifie pas uniquement perdre du bois ou du carbone , c’est détruire la mémoire d’un lieu.

    Le regard de Human First

    Pour la pensée occidentale moderne, l’arbre est souvent une ressource. Pour de nombreuses cosmologies autochtones, il est une relation. Sans rentrer dans une vision animiste, on peut considérer l’arbre comme le pilier d’un architecture verte qui serait composée de zones humides, corridors écologiques, forêts urbaines.

    Elle viendrait compléter et harmoniser les infrastructure existantes telles que les routes, canalisations, réseaux d’eau, de climatisation et celles du numérique, du data center, de l’IA.

    A suivre donc.

    Pour plus d’informations

    https://hadea.ec.europa.eu/news/satellites-can-help-cool-europes-cities-2026-06-26_en

    https://environment.ec.europa.eu/news/increasing-tree-coverage-30-european-cities-could-reduce-deaths-linked-urban-heat-island-effect-2023-06-21_en

    https://www.fao.org/sustainable-forest-management-toolbox/modules/forest-and-water

    https://climate-adapt.eea.europa.eu/en/metadata/publications/water-energy-and-climate-benefits-of-urban-greening-throughout-europe-under-different-climatic-scenarios

  • Ceuta: anatomie d’une crise migratoire

    Qui connaissait Ceuta avant que tous ces migrants n’arrivent du Maroc? Le 30 Juillet 2026, environ 60000 personnes, essentiellement de jeunes Marocains, ont franchi la frontière terrestre ou sont entrées par la mer, souvent à la nage, dans ce territoire de Ceuta provoquant une des plus grosses crises migratoires de ces dernières années. Comme dans toute crise, il faut comprendre le contexte diplomatique, social et politique, savoir quels ont été les déclencheurs et enfin quels acteurs peuvent tirer parti de cette crise ?

    Quel est le contexte diplomatique entre l’Espagne et le Maroc?

    Port franc espagnol sur le continent africain, en face de Gibraltar, Ceuta est la deuxième porte d’entrée ( ou de sortie ) de la Méditerranée. Cette position n’est pas neutre stratégiquement car elle donne à l’Espagne et à l’Europe une possibilité de contrôle du trafic de la Méditerranée que ce soit commercial ou militaire. C’est aussi un point d’ancrage portuaire en Afrique.

    L’Espagne et le Maroc sont des partenaires diplomatiques ayant des relations complexes. Le dossier central est le Sahara Occidental, que le Maroc considère comme sien, mais que le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, réclame au travers d’un référendum d’autodétermination conformément aux résolutions des Nations unies. La position de l’Espagne, initialement neutre, a changé en 2022. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a opéré un tournant majeur en qualifiant le plan d’autonomie marocain de « base la plus sérieuse, réaliste et crédible » pour résoudre le conflit.

    Dans le même temps, le Maroc ne reconnaît pas la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla, qu’il considère comme des vestiges du colonialisme. Mais l’Espagne dit que Ceuta comme Melilla sont espagnoles depuis respectivement le XVII e s et le XV e s et Madrid refuse toute négociation sur leur souveraineté.

    Le Maroc contrôle une des plus importantes routes migratoires vers l’Europe. L’Union verse environ 500 millions d’euros au Maroc dans le cadre de la coopération migratoire pour la période 2021-2027. Cela couvre une surveillance aux frontières, une lutte contre les réseaux de passeurs et une réadmission des passeurs. L’Espagne a déjà connu une crise identique en 2021 ou 10000 migrants sont arrivés à Ceuta.

    Une manipulation numérique serait le déclencheur de ce déferlement

    Peu avant le flux de migrants, une fausse information circule sur les réseaux sociaux selon laquelle des réseaux de passeurs ont diffusé l’idée qu’il était devenu plus facile d’entrer en Espagne après une décision de la Cour suprême espagnole limitant certains refoulements immédiats des personnes arrivées par la mer.

    L’idée folle est donc venue à ces pauvres jeunes de rentrer par la mer provoquant la mort de 72 d’entre eux. Les causes sont la détresse économique de certains et la volonté de rentrer en Europe pour rejoindre une vie qu’ils pensent meilleure. Certains viennent de pays africains hors Maroc et ne sont pas forcément bien acceptés au Maroc.

    Selon Thierry Breton, qui relance le débat sur la maitrise des frontières européennes informationnelles et numériques,  » dès le 27 juillet, un groupe Facebook, « Hraga Ceuta », rassemblant plus de 20 000 membres, partageait des cartes Google Maps indiquant les distances de nage autour de la digue du Tarajal, du matériel, des itinéraires et des cagnottes. TikTok, WhatsApp et Instagram ont fait le reste ».

    Des soupçons d’ingérence étrangère?

    Lorsque l’on parle de Facebook, X ou Tik-Tok, des pistes de réflexion sur de possibles ingérences sont à évoquer surtout que les principes du DSA ( Digital Service Act) applicables en Europe ne sont pas appliqués au Maroc.

    JD Vance n’a-t-il pas, en Février 2025 , lors d’une conférence sur la sécurité européenne, parlé de censure totale de la liberté d’expression en Europe, notamment vis-a-vis des partis d’extrême droite, de persécution avérée des chrétiens et de politique délibérément favorable à l’immigration de masse. Vance ne s’est pas contenté de désigner ces trois menaces, mais aussi pointé du doigt les coupables : l’UE et les responsables politiques « globalistes ».

    Ce jour-là, le vice-président Vance a ensuite fustigé sans le nommer le Digital Services Act ( 2022)  et son Code de conduite, intégré en janvier 2025, en accusant l’Union d’avoir menacé les citoyens des pays membres de leur couper l’accès aux réseaux en cas de « discours de haine », surestimant volontairement la portée des propos de Thierry Breton sur les contenus haineux ou mensongers du compte X d’Elon Musk pendant la campagne américaine – des propos qui tombaient sous le coup de la loi européenne. Cela a valu à ce même Thierry Breton d’être interdit du territoire américain, sans que au passage, Monsieur Macron n’ait rien à redire.

    Les cris sur la fermeture de l’espace Schengen à l’Espagne de Madame Méloni, dont les amours avec Donald Trump vont et viennent , mais qui reste quand même une fidèle de la politique d’extrême droite proches de Donald Trump, ne sont pas neutres. Ils relèvent d’une même volonté de faire trembler l’Europe, ce géant commercial qui est devenu un rival, malheureusement aux yeux de Trump, des Etats-Unis. Elle avait juste oublié que l’Italie était le pays qui accepte le plus de migrants en Europe.

    Le regard de Human First

    Beaucoup de passion et de politique dans cet évènement tragique.

    La barrière flottante actuelle autour de Ceuta est le symbole misérable de la difficulté des Européens à conduire une véritable politique migratoire globale. Il est vrai que c’est difficile et que les pays concernés jouent leur jeu politique et économique.

    Le deuxième élément est soulevé par Thierry Breton. C’est la nécessité d’intégrer dans le process une maîtrise informationnelle de nos frontières , un démantèlement des passeurs numériques et une meilleure coopération dans le domaine des comptes identifiés.

    Les frontières du XXIᵉ siècle ne sont plus seulement des murs ou des barbelés. Elles sont aussi des algorithmes, des plateformes et des campagnes de désinformation. Tant que l’Europe ne protégera que ses frontières physiques, elle restera vulnérable par les frontières numériques.

    Pour en savoir plus

    https://www.reuters.com/world/europe/spain-installs-floating-barrier-ceuta-after-calm-night-following-border-rush-2026-08-01/?utm_source=chatgpt.com

  • Combien coûte réellement l’inaction climatique ?

    La transition écologique est souvent présentée comme une dépense insoutenable. Rénover les bâtiments, décarboner l’industrie, protéger la biodiversité ou adapter nos territoires au changement climatique seraient autant de contraintes pesant sur la compétitivité. Pourtant, les chiffres racontent une toute autre histoire. Le véritable coût est celui de l’inaction.

    Chaque année, les catastrophes climatiques, la dégradation des écosystèmes, les pollutions et la raréfaction des ressources pèsent davantage sur nos économies. La question n’est donc plus de savoir combien coûte la transition écologique, mais combien nous coûtera le fait de ne pas la mener.

    Des progrès sensibles sont observés, s’agissant par exemple de certains polluants atmosphériques mais aussi d’émissions de gaz à effet de serre (GES), qui ont diminué sur le territoire national de plus de 30 % entre 1990 et 2023 . Mais cela n’est pas suffisant.

    Une facture qui ne cesse de s’alourdir

    Ces dérèglements environnementaux ont entraîné, selon les estimations produites par les grands réassureurs mondiaux, des coûts économiques directs évalués autour de 300 Md€ en 2024 à l’échelle mondiale, un chiffre en progression constante depuis 2015. En France, un scénario de statu quo des politiques menées face au dérèglement climatique entraînerait une perte de 11,4 points de PIB à l’horizon 2050. ( chiffres Cour des Comptes).

    Fin 2024, une nouvelle étude de l’Ipbes, dite « rapport Nexus », a mis en avant les interconnexions entre la biodiversité, l’eau, l’alimentation, la santé et le changement climatique et souligné qu’« un retard dans la réalisation des objectifs…, pourrait doubler les coûts – tout en augmentant la probabilité de pertes irremplaçables telles que les extinctions d’espèces ».

    6 défis qui dépassent le climat

    La transition écologique ne se résume pas à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elle repose sur six grands défis interdépendants :

    • atténuation du changement climatique,
    • adaptation au changement climatique,
    • préservation de la ressource en eau,
    • transition vers l’économie circulaire,
    • prévention des pollutions,
    • préservation et restauration de la biodiversité.

    La biodiversité : un capital économique souvent ignoré

    La biodiversité est encore trop souvent perçue comme un enjeu environnemental réservé aux naturalistes. Pourtant, elle constitue aussi un actif économique.

    Selon les données citées dans le document de la Cour des Comptes, 55 % du PIB mondial dépend directement des services rendus par les écosystèmes. En France, 42 % de la valeur des entreprises est liée à ces services.

    Protéger la biodiversité revient donc aussi à protéger notre économie.

    Mais il faudrait améliorer les indicateurs, trop souvent portés uniquement sur l’abondance des oiseaux (qui par ailleurs est en baisse de 31% entre 1989 et 2023 en France, avec une baisse de 44% dans les milieux agricoles et bâtis).

    La France s’est engagée à placer sous protection 30 % de son territoire terrestre et maritime, dont un tiers (10 % du territoire) sous protection forte. Mais entre 2015 et 2022, le rythme d’artificialisation est resté stable, ce qui révèle une incapacité persistante à diminuer la pression sur les espaces naturels. Là encore de larges marges de progression.

    L’eau, les pollutions et les déchets : des signaux d’alerte

    L’eau est une ressource renouvelable essentielle aux activités humaines (ex. eau potable, agriculture, énergie) et aux écosystèmes, mais dont la qualité et la quantité varient fortement dans le temps comme dans l’espace.
    En France, la loi du 21 avril 2004 donne un objectif d’atteinte du « bon état », écologique et chimique, des masses d’eau qui était fixé à 2015. Cet objectif a progressivement été reporté à 2027. En 2021, moins de la moitié de ces milieux est en bon état écologique.

    La transition vers une économie circulaire repose notamment sur des mesures de réduction des déchets à la source. Les évolutions récentes confirment ce constat : le volume de DMA par habitant accuse une hausse de près de 13 % entre 2010 et 2022, loin de la trajectoire fixée d’une baisse de 15 % par habitant entre 2010 et 2030.

    De nombreux polluants présents dans les sols, l’eau et l’air impactent la santé humaine et les écosystèmes. Les particules très fines seraient responsables de 7 % de la mortalité totale de la population, soit 40 000 décès prématurés par an.

    Dans l’eau ou les sols, ils impactent notre alimentation (pesticides, microplastiques, PFAS43) et affectent le fonctionnement des écosystèmes (diminution de la capacité de production des terres agricoles, augmentation du risque d’inondation du fait de l’asséchement des sols). Seules les concentrations des particules fines dans les grandes métropoles ont baissé ( combustion du bois, transport).

    Travailler avec les assureurs sur la sinistralité

    Le coût des dommages écologiques peut être direct (coût des catastrophes dues aux dérèglements des cycles naturels) ou indirect (par exemple sur le système de santé).

    Les pertes économiques liées aux « désastres naturels » sont élevées et croissantes dans le temps, dans toutes les régions du monde, y compris en Europe. Alors que la valeur des pertes liées aux catastrophes naturelles était en moyenne de 50 Md$/an sur la décennie 1980-1989, elle est estimée à environ 250 Md€ par an de 2000 à 2024. Pour la seule année 2024, les coûts économiques des catastrophes climatiques dans le monde sont estimés à environ 370 Md€106.

    La transition climatique n’est pas la seule cause de cette augmentation de la sinistralité. La tendance à continuer de construire des logements dans des zones à risque de débordement ou dans des forêts comme en Gironde contribue à l’augmentation du coût de la sinistralité.

    L’application des dispositions règlementaires est au contraire de nature à diminuer le coût de la sinistralité. Au-delà du coût des dommages, la solvabilité même des acteurs économiques, notamment des assureurs, est fragilisée. L’utilisateur lui même serait perdant avec des franchises accrues ou des refus d’assurer.

    La seule voie de sortie est la prévention. Améliorer la gestion des forêts ( en embauchant plus de monde), intégrer des zones humides dans les zones sèches, éviter les bâtis en zone argileuse ou forestière,

    Les plans de prévention des risques d’inondation ont permis de réduire significativement les dommages subis par les particuliers. Chaque euro investi dans la prévention génère plusieurs euros d’économies en évitant des destructions futures. Cette logique devrait inspirer l’ensemble des politiques publiques liées à la transition écologique.

    Le regard Human First

    Pendant longtemps, nous avons considéré l’écologie comme un coût. Nous découvrons aujourd’hui qu’elle constitue avant tout une assurance pour notre économie, notre santé et notre sécurité.

    Le véritable débat n’est donc plus : « Combien coûte la transition écologique? » mais plutôt, « Combien sommes-nous prêts à payer pour éviter une banqueroute complète du système »?

    A suivre donc.

    Plus d’infos

    https://www.touteleurope.eu/environnement/emballages-en-plastique-les-chiffres-du-recyclage-dans-l-union-europeenne

    https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-transition-ecologique

  • Cadmium dans l’alimentation : la baguette française au cœur d’un scandale sanitaire ?

    Le cadmium est un métal lourd toxique présent dans l’alimentation. En France, le pain, les céréales, les pommes de terre et certains légumes figurent parmi les principales sources d’exposition. La baguette, symbole du patrimoine français, illustre aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique lié aux engrais phosphatés utilisés depuis plusieurs décennies.

    Notre baguette nationale deviendrait-elle le symbole de notre mauvaise santé? Les Français figurent parmi les populations européennes les plus exposées au cadmium par l’alimentation, notamment via les céréales, le pain, les pommes de terre et certains légumes. Cette situation est largement liée à l’utilisation historique d’engrais phosphatés contenant du cadmium. Le problème est de santé publique car, même à faibles doses, par l’accumulation, ce sont notre foie et nos reins qui trinquent: insuffisances rénales, cancers et ostéoporoses.

    Pourquoi la France est-elle particulièrement exposée ?

    La France est le pays le plus exposé à la contamination alimentaire du cadmium. La première raison est l’utilisation d’engrais phosphatés en provenance de pays à forte exposition au cadmium. Le phosphate naturel utilisé pour fabriquer ces engrais contient naturellement du cadmium. Selon l’origine de la roche (Maroc, Tunisie, Jordanie, etc.), sa teneur peut être plus ou moins élevée. Pendant des décennies, une partie de ces engrais a apporté du cadmium dans les sols agricoles français. Celui-ci est ensuite absorbé par les plantes.

    Les sols français, notamment dans certaines grandes régions céréalières, présentent souvent des caractéristiques (pH, composition chimique) qui favorisent l’absorption du cadmium par les cultures. Les cultures les plus concernées sont celles que nous utilisons le plus dans notre nourriture: les légumes-feuilles, le blé (et donc le pain) , les pommes de terre , certaines céréales .

    Chez les fumeurs, le tabac constitue souvent la première source de cadmium. Une cigarette contient du cadmium absorbé par le plant de tabac, qui passe ensuite dans la fumée inhalée.

    Que font la France et l’Europe pour lutter?

    C’est en Novembre 2020 que Joël Labbé, Ecologiste, sort ce projet au Sénat. L’Europe travaillait sur un projet de limitation à 60mg de cadmium par kilogramme (mg/kg) d’anhydride phosphorique (P2O5) dans les engrais. Certains pays avaient déjà abaissé leur taux à 20 mg comme la Finlande et la Hongrie. Mais ce n’est qu’en 2024 qu’Agnès Panier-Runachier reprend le dossier et propose une trajectoire ambitieuse: un premier abaissement à 40 mg/kg de phosphate dans les engrais en 2027, puis à 20 mg/kg de P2O5 en 2030. Mais ce projet qui sortait de son cabinet a été stoppé par la dissolution ordonnée par Macron.

    Quels sont les lobbies qui limitent la réductions du cadmium?

    Annie Genevard, alors Ministre de l’Agriculture, a freiné l’ambition de ce projet, ainsi que son implémentation. Cela froissait les agriculteurs car leurs coûts pouvaient augmenter. Cela froissait les Marocains qui fournissent la majeure partie de notre phosphate et qui vont monter leurs prix pour raffiner ce phosphate afin de l’alléger en cadmium. Maintenant elle a le portefeuille de l’Agroalimentaire, que fait-elle? Ralentir… comme toujours. Le calendrier : 60mg de cadmium par kilo de P2O5 dans les engrais en 2027, 40 mg/kg de P2O5 en 2030 et 20mg/kg de P2O5 d’ici… 2038.

    Honteux. Car en attendant les cancers augmentent et les ostéoporoses aussi. Et notre baguette nationale ne peut devenir le vecteur d’un scandale sanitaire.

    Le cadmium dans l’alimentation n’est plus une question marginale. Il soulève des enjeux de santé publique, de politique agricole et de souveraineté alimentaire. Réduire l’exposition passe par des choix industriels, agricoles et réglementaires qui concernent l’ensemble de la société.

    A suivre donc.

    https://www.cerballiance.fr/fr/actualites/cadmium-danger-alimentation-symptomes-et-comment-limiter-son-exposition

    https://www.anses.fr/fr/content/cadmium-reduire-exposition

  • Réchauffement climatique : pourquoi le rapport Copernicus 2024 doit nous alerter?

    Le rapport European State of the Climate 2024, publié par Copernicus et l’Organisation météorologique mondiale, dresse un constat sans précédent : l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement. Canicules, inondations, sécheresses et incendies deviennent la nouvelle norme. Voici les principaux enseignements de ce rapport et leurs conséquences.

    La terre brûle, particulièrement en Europe. Et que faisons nous? On achète des clims. Le rapport European State of the Climate 2024 (ESOTC 2024), publié par Copernicus Climate Change Service et l’Organisation météorologique mondiale, dresse un bilan très documenté de l’évolution du climat en Europe. Et l’avenir n’est pas rose.

    Que dit le rapport Copernicus 2024 face au dérèglement climatique?

    2024 a été l’année de tous les records, mais je crains que 2026 s’annonce compliquée aussi. Environ 45 % des journées de l’année ont connu des températures nettement supérieures à la normale et les pays de l’Est et du Sud de l’Europe ont connu des situations de tensions extrêmes avec de fortes chaleurs, des feux, des canicules et des sécheresses.

    A l’Ouest, c’est l’inverse avec des inondations, des crues, des tempêtes. Près d’un tiers du réseau fluvial européen a connu des crues dépassant le seuil d’inondation élevé. Environ 12 % des cours d’eau ont dépassé le niveau d’inondation dit « sévère ».

    Pourquoi l’Europe se réchauffe t elle plus vite?

    L’Europe se réchauffe plus vite. Depuis les années 1980, son rythme de réchauffement est environ deux fois supérieur à la moyenne mondiale, en raison notamment de sa géographie et de la diminution de la couverture neigeuse et glaciaire. Les glaciers européens, en particulier dans les Alpes et en Scandinavie, poursuivent leur fonte rapide. Cette évolution affecte les ressources en eau, les écosystèmes et certaines activités économiques comme le tourisme de montagne. Et on continue à laisser les gens faire du ski sur nos glaciers, à monter au pic du Midi comme si c’était Montmartre.

    Que peut encore faire l’Europe ou la France?

    Il faut protéger notre planète si l’on veut survivre et limiter les calamités. Les villes et le béton font augmenter la température. Plantons! Végétalisation, îlots de fraîcheur, désimperméabilisation des sols pour que l’eau de pluie ruisselle et restaurons les zones humides qui jouent un rôle naturel de stockage de l’eau. Moderniser les réseaux d’eau face aux sécheresses et construisons des ouvrages de protection contre les inondations. Ca commence timidement, mais il faut accélérer.

    Adaptons nos habitats, nos routes, nos ponts. Quand on pense qu’à Paris on n’a pas droit aux volets extérieurs parce que ce n’est pas beau. Notre bitume fond et nous répandons de la chaux pour l’éviter. Ne peut-on pas concevoir des routes adaptées? Les rails de chemins de fer se déforment et n’a t on pas prévu ces changements climatiques. C’est un grand plan d’adaptation à faire au niveau européen. Il y a de l’argent pour le faire. Il faut intégrer le risque climatique dans tous nos projets.

    En matière énergétique, le choix de promouvoir le nucléaire en France est fait, mais le solaire est un moyen extraordinaire dans le sud et tous les pays ensoleillés. L‘éolien, si décrié et que je continue à défendre. En mer et sur terre.

    Et l’agriculture?

    L‘agriculture doit être accompagnée. Les agriculteurs sont nos guerriers. Ceux qui prennent soin de nos terres et qui ont besoin de cette eau qui se raréfie. Il faut qu’ils nous aident à améliorer les sols pour mieux retenir l’eau et à diversifier les cultures avec des semences plus résistantes à la chaleur. Ils ne peuvent plus être considérés comme le tiers monde. Nos vies dépendent d’eux et nous les payons 700 euros par mois!

    Enfin la biodiversité doit être protégée. Partout. Dans les campagnes, les villes , sur les littoraux. Reconstituons les haies. Respectons nos bêtes, nos animaux. Regardons les et protégeons les. Donnons à la nature ce qu’elle nous donne. passons du temps en nature pour comprendre.

    Le coût de l’inaction devient supérieur à la prévention. Alors demandons des comptes à nos élus européens et français.

    A suivre donc.

    Questions fréquentes sur le rapport Copernicus 2024 et le climat en Europe

    Pourquoi l’Europe se réchauffe-t-elle plus vite que le reste du monde ?

    L’Europe est aujourd’hui le continent qui connaît le réchauffement le plus rapide. Sa position géographique, les changements observés dans l’Arctique, la diminution de l’enneigement et l’évolution de la circulation atmosphérique amplifient l’augmentation des températures.

    Qu’est-ce que le rapport Copernicus 2024 ?

    Le rapport European State of the Climate 2024 est publié chaque année par Copernicus Climate Change Service et l’Organisation météorologique mondiale. Il analyse les évolutions du climat en Europe, les records observés et leurs conséquences sur les populations, les écosystèmes et l’économie.

    Quels sont les principaux enseignements du rapport ?

    Le rapport montre que 2024 a été marquée par des records de température, une multiplication des événements climatiques extrêmes, une accélération de la fonte des glaciers et une augmentation des impacts économiques liés au changement climatique.

    Le changement climatique est-il responsable des vagues de chaleur ?

    Les scientifiques expliquent que le réchauffement climatique augmente la fréquence, la durée et l’intensité des vagues de chaleur. Les épisodes extrêmes deviennent donc plus probables.

    Que peut faire l’Europe face au changement climatique ?

    L’Europe peut agir en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre, en développant les énergies décarbonées, en adaptant ses infrastructures et en renforçant sa résilience face aux événements

    climatiques extrêmes.

    Pour aller plus loin

    https://www.copernicus.eu/fr

    https://climate.copernicus.eu/esotc/2025


  • Réduire la Dépendance aux Minéraux Chinois: Initiatives du G7

    Le G7 déclare la guerre à la dépendance aux minerais critiques : l’Europe se réveille enfin . La DIAMMS – Délégation interministérielle aux approvisionnements en minerais et métaux stratégiques (un acronyme qui ne s’invente pas !) – était présente au G7 en véritable sherpa du gouvernement français sur ces questions devenues hautement stratégiques.

    À l’issue du sommet, les chefs d’État et de gouvernement du G7 ont adopté une déclaration majeure visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Un sujet devenu central à mesure que les grandes puissances prennent conscience de leur dépendance à l’égard de la Chine, qui domine aujourd’hui largement l’extraction mais surtout le raffinage des terres rares, du lithium, du graphite, du nickel, du cobalt, du tungstène ou encore de l’antimoine.

    Qu’a-t-il été décidé au G7?

    Face à cette situation, le G7 a décidé d‘engager une coopération structurante entre ses membres et leurs partenaires afin de diversifier les sources d’approvisionnement et renforcer la résilience des chaînes de valeur. Tous les leviers seront mobilisés : développement de nouveaux projets miniers, soutien aux capacités de raffinage, financement public et privé, constitution de stocks stratégiques, amélioration de la traçabilité, recyclage, innovation et économie circulaire.

    Cette stratégie reposera sur une plateforme réunissant les experts des pays du G7 et de leurs partenaires, en coopération avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’OCDE.

    Quel est l’objectif?

    L’objectif est clair : sécuriser l‘accès aux minerais indispensables aux batteries, aux semi-conducteurs, aux éoliennes, aux véhicules électriques, aux centres de données, à l’intelligence artificielle ainsi qu’aux industries de défense.

    Les pays du G7 entendent également coordonner leurs politiques de stockage afin de prévenir les ruptures d’approvisionnement en cas de crise géopolitique ou de restrictions à l’exportation. Ils souhaitent développer des partenariats renforcés avec les pays producteurs d’Afrique, d’Amérique latine, d’Australie et d’Asie afin de réduire la concentration actuelle des approvisionnements.

    Qui va financer?

    Le financement de nouveaux projets d’extraction, de raffinage et de recyclage constitue un autre pilier de cette stratégie. Plusieurs dizaines de milliards d’euros d’investissements ont déjà été annoncés. Le recyclage des métaux critiques contenus dans les batteries, les équipements électroniques ou les aimants permanents devra également monter en puissance.

    Le G7 s’est fixé un objectif ambitieux : qu’aucun pays extérieur ne représente plus de 60 % de l’approvisionnement d’un minerai critique d’ici 2030, avec une ambition de descendre ensuite à 50 %. Une orientation qui vise directement la dépendance actuelle vis-à-vis de la Chine.

    L’œil de Human First

    Les terres rares et les minerais critiques sont devenus le pétrole du XXIᵉ siècle. Sans eux, impossible de produire des batteries électriques, des puces électroniques, des éoliennes, des satellites, des équipements militaires ou encore les infrastructures nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.

    Plus qu’un enjeu industriel, le G7 considère désormais la sécurité d’approvisionnement en minerais critiques comme une question de souveraineté économique et de sécurité nationale, au même titre que l’énergie.

    L’Europe se réveille!

    A suivre donc!

  • La distribution française s’en met elle plein les poches?

    Merci au Sénat et à Anne-Marie Loisier ( Union Centriste Côte d’Or) et Antoinette Guhl (Écologiste – Solidarité et Territoires – Paris) d’avoir réalisé ce rapport fouillé sur les marges des distributeurs. Nous en avions franchement besoin. Les prix ne cessent d’augmenter et les producteurs agricoles ou industriels sont mécontents. Qui croire?

    La formation du prix des produits alimentaires repose sur une chaîne complexe qui va de la production agricole à la distribution. À chaque étape – agriculteur, industriel, distributeur – s’ajoutent des coûts, des mécanismes de négociation et des rapports de force qui influencent le prix final payé par le consommateur.

    Comment est constitué le prix?

    Le prix en amont, c’est-à-dire au niveau agricole, dépend d’abord des coûts de production. Ceux-ci varient fortement selon les filières. Dans l’élevage, ils sont largement influencés par les coûts d’alimentation animale, l’énergie, les engrais, les soins vétérinaires ou encore les contraintes environnementales.

    Dans les fruits et légumes, les charges de main-d’œuvre, d’eau, d’énergie et les intrants agricoles (semences, engrais, traitements) représentent une part importante des coûts. Ces productions sont particulièrement sensibles aux aléas climatiques, ce qui rend les coûts très fluctuants.

    Comment protéger les revenus agricoles?

    Pour mieux protéger les revenus agricoles, les lois dites Egalim ont instauré une contractualisation écrite obligatoire entre producteurs et premiers acheteurs. L’objectif est de construire les prix à partir des coûts réels de production (« marche avant ») plutôt que selon les exigences des acheteurs ou de la grande distribution.

    Toutefois, cette contractualisation reste inégale selon les secteurs. Très développée dans le lait, elle demeure faible dans la viande bovine et quasiment absente dans les fruits et légumes frais, où la périssabilité des produits et la météo rendent difficile toute planification à long terme.

    Quid de la stratégie commerciale?

    Dans la distribution, le prix payé par les enseignes ne correspond pas au tarif affiché par les industriels. Il résulte d’une négociation complexe comprenant remises, ristournes, services commerciaux et promotions financées par les fournisseurs. Le « prix 3 net » représente le prix réel payé après ces déductions. De nombreux acteurs dénoncent une pratique consistant à négocier non sur les tarifs officiels, mais sur les prix déjà réduits des années précédentes, ce qui accentue la pression sur les industriels.

    Enfin, le prix de vente au consommateur dépend des stratégies commerciales des distributeurs. La grande distribution fonctionne sur une logique de faibles marges nettes globales (souvent entre 1 % et 2 %), compensées par une forte rotation des volumes. Toutefois, les marges diffèrent fortement selon les produits et les rayons : certains articles à forte marge compensent ceux vendus à prix bas, voire à perte. Ce mécanisme de « péréquation des marges » constitue un levier stratégique majeur des enseignes.

    Le rapport propose des pistes de transparence comme un affichage obligatoire des marges sur les produits non transformés, en priorité les fruits et légumes, la transparence sur les marges arrière notamment en rendant publics leurs montants, une déclaration annuelle des flux financiers avec les centrales d’achats et de services européennes. Cela ne remettrait pas forcément en cause les prix consommateurs mais permettraient au moins aux filières au moins françaises de vivre mieux.

    Food price supply chain balance scale

    A-t-on vraiment la maitrise de nos coûts?

    Au total, la construction du prix alimentaire apparaît comme un système complexe, marqué par des déséquilibres de pouvoir, une forte opacité des négociations et des difficultés persistantes à garantir une rémunération juste des producteurs agricoles tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs.

    Les distributeurs contestent toutefois les conclusions du rapport, estimant que celui-ci sous-estime le poids des grandes multinationales de l’agroalimentaire dans la formation des prix. La concentration des centrales d’achat européennes est devenue un sujet majeur de concurrence.

    En une quinzaine d’années, le paysage s’est profondément restructuré : quelques grandes alliances transnationales (Everest/ Epic Partners, Eurelec/ Copernic, Concordis, Agecore) négocient désormais avec les principaux industriels mondiaux (Nestlé, Unilever, Danone, PepsiCo, Procter & Gamble, etc.), ce qui leur confère un pouvoir de négociation considérable. Des estimations récentes indiquent que les alliances européennes couvrent désormais près de 60 % du marché européen de la distribution alimentaire, contre environ 30 % il y a une dizaine d’années.

    Le regard de Human First

    Il faudrait peut-être négocier avec ces entreprises transnationales pour imposer des normes utiles à la transition écologique: zéro déforestation, réduction des plastiques, traçabilité, lutte contre le gaspillage alimentaire etc. Une véritable transition suppose de rééquilibrer le partage de la valeur entre producteurs, transformateurs, distributeurs et consommateurs.

    Il faudrait aussi se poser la question de l’intérêt économique de ces entreprises intermédiaires, qui risquent de favoriser les importations à bas coûts, à qualité et disponibilité constantes favorisant les exploitations intensives et les filières standardisées.

    Il va falloir discuter rapidement de ces points si on veut garder notre agriculture, industrie et notre souveraineté alimentaire.

    A suivre donc

    Pour aller plus loin

    https://www.senat.fr/travaux-parlementaires/structures-temporaires/commissions-denquete/commission-denquete-portant-sur-les-marges-des-industriels-et-de-la-grande-distribution.html

    https://www.eurelec-trading.eu/?utm_source=chatgpt.com

  • Master poulet contre Master Maire

    A Saint-Ouen, le Maire Karim Bouamrane est en combat judiciaire avec l’enseigne de poulets halal Master Poulet. Malbouffe, nuisances sonores, odeurs, rats…les riverains n’en peuvent plus. Le Maire a pris leur défense. Mais ce combat révèle un problème de fond plus grand que celui qui les anime à Saint-Ouen.

    On pourrait débattre du caractère transformé ou pas, sucré ou pas etc… Mais le fond du problème est le pouvoir d’achat. Il est de plus en plus difficile d’aller au restaurant avec sa famille. Des menus de plus en plus chers pour une nourriture qui n’est pas toujours à la hauteur. Les restaurants aussi consomment du transformé, et peut-être plus que Master Poulet. Toutes ces enseignes permettent quand même de se retrouver pour les jeunes ou de manger comme au restaurant pour les familles.

    Ce qui est à relever du problème, ce sont les enjeux environnementaux cachés. Le poulet est une denrée protéinée moins chère que la viande rouge ou le poisson. Elle est en forte demande, au même titre que les œufs qui sont en pénurie récurrente. Par contre, la consommation du poulet bio a fortement diminué et celle du poulet industriel a explosé laissant la France en obligation d’importer les poulets de l’étranger.

    Outre le manque de poulaillers, nous sommes aussi déficitaires sur le soja que les poulets mangent. Il nous faut l’importer des USA ( avec taxes) et d’Amérique Latine ( Mercosur et déforestation). Cela a été aussi l’occasion pour les éleveurs de poulets de demander lors du décret de la loi Duplomb revisitée ( retrait des neonicotinoides) d’introduire le relèvement des seuils d’enregistrement pour les élevages de volailles et de porc relevant de la protection de l’environnement (ICPE)  : 85.000 emplacements pour les poulets (contre 40.000 auparavant), 60.000 emplacements pour les poules (contre 40.000), 3 000 emplacements pour les porcs de production de plus de 30 kg (contre 2000), 900 emplacements pour les truies reproductrices (contre 750). Nous allons manger de plus en plus industriel.

    Nous ne prendrons pas partie entre Master Poulet et Master Maire… Master Poulet apporte des protéines sans trop de transformation. Mais attention aux sauces et à tous les accompagnements. Par contre le Maire a raison sur les nuisances diverses apportées par ces lieux de junk food.

    De façon plus générale, j’ai envie de dire que la consommation de viandes animales doit diminuer pour éviter la souffrance animale. Alors, comme un candidat la Présidentielle il y a fort longtemps: « Mangez des pommes! » ( Chirac).

    A suivre donc.