Human First est un espace d’idées, de réflexion et de dialogue. Dans un monde en pleine mutation – bouleversé par les crises climatiques, les révolutions technologiques et les tensions sociales – nous faisons le choix de revenir à l’essentiel : l’être humain.
Engagée depuis 1997 pour une politique de progrès, fondée sur l’écologie, la justice sociale et le rassemblement républicain.
Manager internationale expérimentée spécialisée en alliances stratégiques et projets globaux internationaux. Experte en innovation, transition numérique et écologie appliquée (Cloud, IA, Smart Cities, décarbonation).
Les jeunes ne peuvent imaginer. Le Bull Questar 400. C’était en fait une station de travail. Pour avoir les touches de fonctions, il fallait rajouter sur le clavier un bandeau en plastique.
Je faisais mes devis pour les clients dessus. Un cauchemar. Mais il avait quand même fière allure en 1988. La technologie est allée très vite.
On croyait que les Sénateurs vivaient une vie tranquille dans leur beau Palais du Luxembourg. Il en est un pourtant qui ne digère pas son échec et cherche à revenir au devant de la scène avec une PPL en faveur des néonicotinoïdes. Le Sénateur Duplomb en effet a annoncé qu’il allait proposer une PPL pour que les agriculteurs puissent disposer de l’acétamipride et de la flupyradifurone.
La loi Duplomd, promulguée en Aout 2025 au terme d’un débat tronqué, introduisant entre autres la possibilité d’utiliser des néonicotinoïdes pour l’agriculture a été abrogée en Septembre 2025. Une pétition, déposée dans le cadre de la procédure prévue aux articles 147 et suivants du Règlement de l’Assemblée nationale, a réuni plus de 2M de signataires. Pour lui ce fut Veni, Vedi et suparati (vaincu)…
Cette loi a été dénoncée unanimement par l’ensemble de la communauté scientifique. 22 sociétés savantes médicales, parmi lesquelles celles de pédiatrie, du cancer, d’hématologie, d’endocrinologie, de neurologie, mais aussi le conseil scientifique du CNRS et la Ligue nationale contre le cancer, ont pris position contre cette loi, indiquant son risque pour la santé publique.
L’acétamipride est un produit nocif pour les abeilles, les insectes pollinisateurs …. et les Hommes. Il esttrès soluble dans l’eau et reste des dizaines de jours dans le milieu naturel et l’eau de pluie après avoir été administré dans un champ. Il traverse aussi la barrière placentaire et peut se trouver en contact des cerveaux des bébés. Selon l’Inserm, ils sont liés à la maladie de Parkinson, des cancers du sang, des cancers de la prostate, des leucémies, des troubles de la fertilité, des troubles cognitifs.
On pensait le dossier clos, mais Laurent Duplomb a annoncé à l’assemblée des Producteurs de Pommes de Terre ( UNPT) en Janvier dernier à Arras qu’il ferait le dépôt d’une nouvelle proposition de loi (PPL) . Il prévoit donc l’enrobage des semences de betteraves pour 3 ans avec de la flupyradifurone, la possibilité d’une pulvérisation de l’acétamipride et de la flupyradifurone, et des solutions contre les ravageurs pour les noisettes, la cerise et la pomme.
Contrairement aux PJL ( projet de loi) , les PPL ne sont pas soumises à une délibération du Conseil des ministres ou à un avis du Conseil d’État, mais directement déposées devant la chambre à laquelle appartient leur auteur. Le texte sera, d’après le Sénateur Duplomd, cosigné par cinq groupes du Sénat : « les Républicains (LR), les Centristes, le groupe Horizon, les Macronistes du Sénat (RDPI) et le RDSE (groupe radical de gauche du Sénat) ». Ils doivent choisir une niche parlementaire.
Cette procédure a de plus en plus de succès car elle bypasse le gouvernement. Entre 2017 et 2022, 2 419 PPL ont été déposées (2 226 à l’Assemblée, 193 au Sénat), et 114 seulement ont été adoptées définitivement, alors que 240 des 320 projets de loi l’ont été. L’histoire n’est donc pas dite.
Les Etats-Unis les ont classés organisation terroriste depuis 2019, au même titre qu’AL Qaïda, le Hezbollah, ISIS. Le Canada a suivi en 2024, justifiant la désignation par les violations des droits de l’homme et les actions déstabilisatrices du régime iranien. L’Europe en prend seulement le chemin en 2026 après des milliers de morts massacrés en quelques jours en Iran lors des dernières révoltes. Cela permet d’enquêter sur d’anciens hauts responsables iraniens vivant dans les pays européens. Qui sont-ils et pourquoi cela a mis plus de temps en Europe qu’aux Etats-Unis?
Les Pazdaran sont un pur produit de l’Ayatollah Khomeini qui a pris le pouvoir en 1979, renversant le Shah, lui-même protégé par les Etats-Unis. Khomeini était en exil en Irak depuis 1964, jusqu’au moment où, devenu trop bruyant et dangereux pour le régime du Shah, ce dernier a demandé à Saddam Hussein de l’expulser d’Irak. A la surprise générale, c’est en France, à Neauphle-le-Château que l’Ayatollah Khomeini a atterri pour continuer et finaliser sa rébellion contre le Shah. Le double jeu de la France et peut-être son soutien à un mouvement qui allait certainement finir par renverser le gouvernement en place sont peut-être à l’origine d’une forme de complaisance de la France à l’égard du gouvernement de la République islamique.
En Février 1979, les premières actions de Khomeini après son retour en Iran ont consisté à démanteler l’autorité du gouvernement de transition du shah, à instaurer un gouvernement provisoire sous son contrôle, et à organiser la prise de pouvoir totale des forces révolutionnaires en moins de deux semaines, ouvrant la voie à la création de la République islamique d’Iran. Il créé les Pazdaran (en persan Sepâh-e Pâsdârân-e Enqelâb-e Eslâmi) qui sont les Gardiens de la Révolution islamique iranienne. Ils sont là pour protéger le régime islamique et l’héritage de l’ayatollah Khomeiny. Ils ne dépendent pas de l’armée classique, mais directement du Guide suprême. Leur rôle est militaire, sécuritaire, idéologique et peuvent soutenir des branches alliées comme le Hezbollah au Liban.
Les Pasdaran contrôlent une part énorme de l’économie iranienne : pétrole, BTP, télécoms, ports… Un véritable État dans l’État. Mais avec les sanctions internationales et la profonde crise économique que le pays traverse, les Pasdaran se sont tournés de plus en plus vers le trafic de drogue, important de la drogue et des stupéfiants majoritairement d’Afghanistan.
Mais ce sont les massacres de Janvier 2026 qui font changer la donne. Un bilan en date du 27 janvier, réalisé par l’ONG Human rights activists news agency (HRANA), fait état de 6.221 décès en Iran, parmi lesquels 5.858 manifestants et 100 mineurs. Des actes de torture, de violences sexuelles, de disparitions horrifient la planète et ne peuvent laisser les pays sans réaction.
Cette désignation a une action symbolique première car les Pazdaran sont issus directement de Khamenei. En attaquant les Pazdaran, on attaque Khamenei. Elle aura une action directe sur le renforcement de la réponse policière des États européens aux activités extraterritoriales des Gardiens de la révolution. C’est aussi une façon de commencer un travail de fond sur la destitution du gouvernement en place, dans un contexte « d’encerclement » du pays par l’armée navale américaine.
Trump est insatiable. Malgré le chaos qui règne aux USA, Trump continue à gérer ses affaires à la barbe de tous. Il a lancé une armada pour tenir en étau l’Iran, notamment un groupe aéronaval centré autour du porte-avions USS Abraham Lincoln et des navires d’escorte. Ce déploiement inclut des navires de guerre, des destroyers, des avions de combat et des moyens de défense sophistiqués.
Si vis pacem, para bellum ( si tu veux la paix, prépare la guerre). Il la veut la paix visiblement, car son armada est immense aux portes de l’Iran. Au point que Khamenei est déjà dans son bunker.
L’Iran de son côté est au bord de l’implosion. Les Femmes ont initié le mouvement en 2022: Le slogan « Femme, Vie, Liberté » (Zan, Zendegi, Azadi en persan) est devenu le cri de ralliement d’un vaste mouvement de protestation en Iran. Il réclame la fin de la répression, l’égalité des droits des femmes et plus largement la liberté politique et sociale pour tous les Iraniens. Après la mort de Mahsa Amini, des milliers de personnes ont manifesté dans de nombreuses villes d’Iran, non seulement pour les droits des femmes, mais aussi contre la corruption, la répression politique et les lois strictes du régime. e gouvernement iranien a réprimé ces protestations de manière violente, avec arrestations massives et morts de manifestants.
L’année dernière des protestations se sont déroulés depuis le printemps: en mai–juillet 2025, des boulangers ont protesté dans plusieurs villes contre la hausse des prix du pain, les retards de subventions et la mauvaise gestion des ressources; pendant l’été 2025, des manifestations liées à la crise de l’eau et des coupures d’électricité ont aussi eu lieu dans diverses régions d’Iran; enfin d’autres manifestations ont débuté le 28 décembre 2025 dans plusieurs villes iraniennes, d’abord à Téhéran, au Grand Bazar, à cause de l’aggravation de la crise économique (inflation, dévaluation du rial, baisse du pouvoir d’achat, hausse des prix…) qui pèse lourdement sur les ménages iraniens.
La répression des manifestations par les forces de sécurité iraniennes a été extrêmement violente. Des tirs à balles réelles et des attaques brutales ont fait des milliers de morts, avec des chiffres très difficiles à vérifier à cause du blackout d’internet imposé par le gouvernement.
La situation économique de l’Iran est difficile avec une croissance extrêmement faible, une inflation de 40% , un effondrement du rial, la monnaie iranienne, perdant de sa valeur de manière spectaculaire sur plusieurs années — ce qui rend les importations plus coûteuses et réduit le pouvoir d’achat des ménages. L’embargo qui dure depuis 1984 ( embargo sur les armes en 84 puis en 2007, puis sur le pétrole et l’économie en 1995, et une reprise de l’embargo après un léger fléchissement en 2018) a mis l’Iran exsangue, même si elle a su obtenir de l’aide d’autres pays comme la Chine, les EAU, la Turquie, la Russie.
Donc l’Iran est un fruit mur à cueillir. Et tout comme le Venezuela, c’est un pays de pétrole. L’Iran détient environ 208,6 milliards de barils de pétrole, soit 12% des réserves . C’est le 3ème pays pétrolier au monde après le Venezuela, l’Arabie Saoudite). L’Iran est un membre ancien de l’OPEP et ses réserves jouent un rôle stratégique dans la politique énergétique du Moyen-Orient et mondiale. Tout comme le Venezuela, sa production n’est pas au maximum de son potentiel comparé à ce qu’elle pourrait être sans sanction. Donc l’Iran est un fruit mûr et juteux dans la stratégie de Trump et de ses amis des complexes pétroliers.
Comme dans une course à la victoire en cette période de préparation aux mid-terms, Trump veut montrer sa force et gagner, à défaut de gagner sur le plan intérieur. Mais tout comme au Venezuela, Trump va devoir gérer l’après Maduro et potentiellement l’après Khamenei s’il veut faire un Venezuela bis.
On l’a vu en Lybie, en Afghanistan, en Irak… l’après peut créer un chaos plus grand encore lorsqu’il n’est pas géré.
Long time no see… Voilà les Britanniques de retour en Palestine avec la nomination en quasi catimini de Tony Blair comme membre fondateur de son Conseil de la paix pour Gaza, aux côtés de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, Marco Rubio, le secrétaire d’État américain et Steve Witkoff, l’émissaire américain au Moyen-Orient.
Lorsque l’Empire Ottoman a été démantelé à la fin de la Première Guerre Mondiale, les Anglais se sont vus confier par la SDN le mandat sur la Palestine ( à l’époque Gaza, Israël ( hors plateau du Golan), Jordanie et Cis Jordanie).
Alors qu’après la deuxième guerre mondiale, la situation est devenue intenable, particulièrement avec les velléités légitimes d’indépendances des pays comme la Jordanie ou Israël, les Britanniques ont proposé aux Nations Unies un plan de partage de la Palestine, qui a été voté mais non signé par la majorité des pays arabes. Beaucoup de pays qui auraient pu soutenir la Palestine à l’ONU étaient encore sous le joug de la colonisation. S’en est suivi une guerre civile, qui a conduit a de nombreux massacres.
Aujourd’hui, alors que cette région a été fortement frappée par la douleur, la sauvagerie d’un côté comme de l’autre, Donald Trump a voulu restaurer une paix pour pouvoir faire de Gaza une cité balnéaire. Gaza est complètement en ruines et il faudra un effort immense pour reconstruire. Quelques invitations ont été envoyées: le président argentin Javier Milei a déclaré que ce serait un « honneur » d’y siéger, le dirigeant canadien Mark Carney devrait y être ( même si les relations risquent d’être tendues avec Trump du fait de son accord avec la Chine) , Abdel Fattah al-Sissi étudie la question , quant à Erdogan il n’a pas encore répondu. Rien que du beau monde.
Pour les Arabes, Tony Blair est l’homme de la guerre en Irak et des mensonges liés à cette entrée en guerre. Des millions de manifestants avaient alors protesté dans les rues de Londres, l’accusant d’avoir menti sur la présence, jamais avérée, d’armes de destruction massive en Irak. C’est aussi l’homme aux amitiés voyantes comme Murdoch, Larry Ellison , patron d’Oracle et principal mécène de l’Institut Tony Blair, avec 257 millions de livres sterling versés depuis 2021. La fondation de l’ancien Premier ministre dépend donc financièrement du milliardaire, connu pour être aussi très pro-israélien et proche de Benjamin Netanyahou.
Il est clair qu’il y a beaucoup d’argent à se faire sur les cendres de cette Palestine sacrifiée depuis tant d’années. Les travaux de reconstruction « s’appuieront essentiellement » sur le plan égyptien arabo-islamique, a affirmé le président du comité palestinien, Ali Shaath, ingénieur et ancien vice-ministre palestinien. Le diplomate bulgare Nickolay Mladenov sera Haut Représentant pour Gaza et le général américain Jasper Jeffers dirigera la Force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien.
Il a osé! Mark Carney ne s’est pas laissé impressionné par Donald Trump et ses gesticulations et est allé directement en Chine signer des accords économiques et stratégiques. Il avait déjà résisté aux premières menaces de hausse de taxes douanières lancées par Donald Trump. En échange, Mark Carney avait menacé de bloquer l’approvisionnement en pétrole de tous les états du Nord est.
Le Canada est le plus important marché d’exportation des États-Unis et constitue l’un des plus petits déficits commerciaux, en raison surtout de la demande américaine de produits liés à l’énergie. Les exportations américaines vers le Canada sont en grande partie des voitures et des composants automobiles. Ce secteur est très fortement intégré, c’est pourquoi la hausse des tarifs douaniers de Trump sur l’industrie a augmenté les couts des constructeurs américains.
Outre l’énergie, le Canada est aussi un important fournisseur d’autres matières premières essentielles, dont les métaux et les minéraux critiques. Notamment, les États-Unis sont un importateur net de 43 des minéraux qui figurent sur la liste des 50 minéraux critiques du gouvernement américain. Le Canada comble de 50 % à 80 % des besoins en zinc, en tellure, en nickel et en vanadium des USA.
Aujourd’hui, Mark Carney frappe plus fort. Il est allé à la source de l’obsession de Donald Trump: la Chine. Il sort de son voyage en Chine en Janvier 2026 un accord commercial inédit entre le Canada et la Chine.
Le Canada réduira le tarif sur les voitures électriques fabriquées en Chine à 6,1 % (contre 100 % auparavant) et autorisera l’importation d’environ 49 000 véhicules par an sous ce régime préférentiel. Le Canada semble vouloir sortir de l’étau de la dépendance avec les Etats-Unis en matière de voitures. Ottawa s’est fixé comme objectif d’augmenter de 50 % ses exportations vers la Chine d’ici 2030.
En échange la Chine baissera ses droits de douane sur les graines de canola à environ 15 % (contre ~85 % auparavant). Le Canada est le plus grand exportateur de Canola ( cf Colza) , devant la Chine, qui est aussi un marché gigantesque. D’autres produits agricoles — tourteau de canola ( pour l’alimentation des animaux) , homards, crabes, pois — bénéficieront d’un accès sans droits anti-discrimination (au moins jusqu’à fin 2026).
Un autre pendant de ces accords Canada/Chine concerne l’engagement du Canada à améliorer la gouvernance mondiale en collaboration avec la Chine. Les deux pays sont ainsi convenus d’avoir des relations plus étroites sur des enjeux tels que la compétitivité climatique et la stabilitéfinancière. Ils se sont aussi entendus sur un pendant de sécurité publique: les organismes canadiens et chinois chargés de l’application de la loi travailleront ainsi ensemble pour mieux lutter contre le trafic de stupéfiants, la criminalité transnationale, la cybercriminalité, les drogues synthétiques et le blanchiment d’argent damant le pion à Donald Trump lui-même.
Face à la force brutale américaine dont le monde est témoin depuis Janvier, les Chinois ouvrent leurs frontières avec un gant de velours commercial, diplomatique et culturel. Cet élément est du jamais vu de mémoire occidentale. La folie de Trump va conduire à un nouvel ordre mondial en défaveur des Etats-Unis, si ces derniers continuent dans leur brutalité.
Mark Carney sait ce qu’il veut. Il ne veut pas se retrouver dans la même situation que le Groenland ou le Venezuela. C’est certainement un joueur d’échec et il vient de bouger sa tour.
En proposant avec insistance de racheter le Groenland, Donald Trump s’inscrit dans la grande tradition expansionniste américaine. Depuis les 13 colonies originelles, révoltées contre la Couronne britannique (guerre d’indépendance de 1776, reconnue par le traité de Paris de 1783), les États-Unis se sont construits par agrégations successives de territoires, souvent au détriment d’autres peuples.
Cette dynamique repose sur la doctrine du destin manifeste : l’idée que l’expansion des États-Unis serait inévitable, juste et bénéfique, même lorsqu’elle implique la guerre, l’achat forcé de territoires ou la dépossession de populations autochtones. Elle se fonde sur une conviction de supériorité morale : les Américains seraient porteurs de liberté, de démocratie et de progrès, tandis que les autres peuples seraient perçus comme « arriérés » ou « illégitimes », justifiant expropriations, déportations et violences.
Premier grand jalon : l’achat de la Louisiane à la France en 1803. Ce territoire immense, contrôlant tout le bassin du Mississippi, est vital pour les fermiers de l’Ouest qui dépendent du port de La Nouvelle-Orléans pour exporter. Napoléon Bonaparte, désireux de bâtir un empire colonial américain, se heurte cependant à l’échec de Saint-Domingue (révolte de Toussaint Louverture, ravages de la fièvre jaune) et a besoin de liquidités pour financer ses guerres européennes. Thomas Jefferson n’envisageait d’acheter que La Nouvelle Orléans. La France propose finalement l’ensemble de la Louisiane. Pour 15 millions de dollars, les États-Unis doublent leur superficie. Le Sénat ratifie l’accord en 1803 : l’Amérique devient une puissance continentale.
Vient ensuite la Floride, intégrée par le traité Adams-Onís (1819). Région instable, refuge des Séminoles et d’esclaves en fuite (les « marrons », d’où le terme cimarrón), elle menace la sécurité de la Géorgie et contrôle l’accès au golfe du Mexique. Après une invasion américaine menée par Andrew Jackson et une résistance espagnole symbolique, Washington accepte de reprendre 5 millions de dollars de dettes espagnoles. La Floride devient officiellement américaine en 1821. Les Séminoles résistent lors de trois guerres, payant un lourd tribut : massacres, déportations vers l’Oklahoma ou repli dans les Everglades.
Autre acquisition majeure : l’Alaska, acheté à la Russie en 1867 pour 7,2 millions de dollars. Affaiblie par la guerre de Crimée, incapable de défendre ce territoire face aux Britanniques, la Russie préfère vendre à un pays ami. Longtemps moquée comme la « folie de Seward », cette acquisition se révélera stratégique et extraordinairement riche en ressources.
La guerre américano-mexicaine (1846–1848) permet enfin aux États-Unis d’annexer la Californie, le Nevada, l’Utah, le Nouveau-Mexique, l’Arizona et de consolider le Texas. Le dernier État intégré sera Hawaï, annexé en 1898 puis admis comme État en 1959.
Donald Trump opère ainsi un retour explicite à une logique coloniale forgée à une époque où le droit international était embryonnaire et l’impérialisme largement admis. Cette logique a causé d’immenses dégâts aux peuples conquis, mais aussi aux puissances colonisatrices elles-mêmes : les États-Unis se sont heurtés à de sérieux échecs aux Philippines, à Cuba et à Porto Rico lorsqu’ils ont tenté d’imposer ce modèle.
Trump va toutefois au-delà de la doctrine Monroe ou du “bon voisinage” rooseveltien. Son approche (« Donroe ») est avant tout économique (pétrole, terres rares, routes arctiques), l’argument démocratique ayant disparu. Plus grave encore, il menace indirectement un pays membre de l’OTAN, le Danemark, fragilisant l’Alliance atlantique elle-même.
Dans un monde désormais structuré autour de plusieurs pôles impériaux – États-Unis, Chine, Russie, Europe –, la nécessité pour l’Europe de nouer rapidement des alliances hors de ces blocs devient cruciale.
Au moins, Donald Trump a été clair. Son action au Venezuela a été mue par la volonté de ses partenaires pétroliers américains, particulièrement texans et du golfe du Mexique, de récupérer la main mise perdue sur le pétrole vénézuélien. Pourquoi particulièrement ce pays et ce pétrole dans la mesure où les USA sont devenus le premier producteur de pétrole au monde?
Le Venezuela est le premier pays au monde en termes de réserves: 300 milliards de barils dans son sous-sol, bien au delà de l’Arabie Saoudite. Mais son pétrole est ce qu’on appelle un pétrole lourd, non conventionnel, alors que celles de l’Arabie Saoudite est un pétrole léger bien plus facile à exploiter. Le pétrole lourd est utilisé pour le bitume, le gazoil, le fuel et la construction.
Le pétrole lourd est difficile à exploiter car il faut les diluer avec du brut extra léger souvent importé du Nigéria, pour permettre sa circulation dans les pipelines. De plus il est jugé comme acide, abîmant ainsi les installations de raffinage et nécessitant beaucoup d’entretien.
Dans les années 1990, plusieurs consortiums avaient été signés entre le Venezuela et les grandes entreprises pétrolières occidentales (Total, British Petroleum, Exxon Mobile, Chevron Texaco et Conoco Philips). Depuis que Hugo Chavez a sorti en 2007 les compagnies américaines du Venezuela en nationalisant la production, les raffineries ne marchent plus trop. Les barils qui sortent de ces raffineries vont de plus en Chine à prix bas.
En parallèle, on apprend que ces entreprises pétrolières sorties du Venezuela avaient énormément investi dans ce pays et leur départ avait créé un traumatisme. Les usines du golfe du Mexique avaient été construites pour raffiner ce pétrole lourd et elles tournent aujourd’hui à vide ou presque du fait de la forte expansion du pétrole de schiste qui a donné aux USA sa première place mondiale.
N’oublions pas que le Golfe du Mexique avait été rebaptisé Golfe de l’Amérique au tout début du mandat de Trump. Donc les pétroliers de la région sont chers à son cœur.
Il faudrait savoir si TotalEnergie, qui était présent avant 2007, a voix à ce nouveau chapitre vénézuélien. Si c’était le cas, on comprendrait mieux pourquoi Emmanuel Macron a été si doucereux dans ses réactions anti Trump lors de l’arrestation de Maduro. Sans compter le million de Français présents dans la région.
L’appétit de Donald Trump et l’application de sa nouvelle théorie « Donroe » ( en référence à la doctrineMonroe de 1823 sur la politique étrangère des USA) n’ont plus de limites spatiales ni temporelles. Dans 20 jours, il en parle, et dans deux mois, il attaque le Groenland et la terre des Inuits ( que nous appelions dans le temps les Esquimaux). Cela a de fait réveillé les ardeurs indépendantistes de ces derniers, comme la chanteuse Björk, qui vient de demander le statut de terre indépendante pour son pays.
Cette terre si froide et a priori inhospitalière fait pourtant rêver. C’est Erik le Rouge, Islandais d’origine norvégienne, banni d’Islande pour meurtre, qui s’installe avec sa femme et sa tribu (d’esclaves). C’est une terre de glaciers, de montagnes et de cayons enneigés et d’icebergs. Les explorateurs français le connaissent bien et nous ont fait rêver en racontant leurs périples: Paul Emile Victor, explorateur et ethnologue, qui a donné son nom à un mont du Groenland; Jean Baptiste Charcot, médecin, sportif, navigateur et explorateur, qui fit nombre d’expéditions en Antarctique et enfin Jean Malaurie, géographe, explorateur, qui a été le premier avec un Inuit à atteindre le Pôle Nord géomagnétique et qui découvrit une base secrète américaine pour accueillir des bombardiers nucléaire à Thulé, thème de son livre « les derniers rois de Thulé ».
D’après l’Institut technique du Danemark, la vitesse de la fonte des glaciers du Groenland a été multipliée par quatre entre 2003 et 2013 donnant ainsi aux personnes peu scrupuleuses de la planète des velléités d’invasion. En effet le premier intérêt, y compris pour les USA, est l’eau. Une telle masse en fonte pour irriguer des zones qui se désertifient de plus en plus est une véritable aubaine pour les USA. La deuxième est bien sûr le sous sol (pétrole, gaz, or, fer, diamant, uranium, zinc, plomb) et les terres rares. Néodyme, dysprosium, praséodyme sont encore sous exploités et sont nécessaires pour les éoliennes, voitures électriques, smartphones.
Enfin sa situation géographique, stratégique pour le contrôle de l’Arctique, lui a valu déjà quelques offensives américaines. Vladimir Poutine regarde cela de très près car il considère la Russie comme la plus grande puissance de l’Arctique et sait qu’au cours des dix années passées, le trafic de marchandises sur la Route maritime du Nord Sevmorput, du détroit de Kara à celui de Béring, n’a cessé de croître » de seulement 4 millions de tonnes de marchandises en 2014, soit tout récemment encore, nous sommes passés l’an dernier à près de 38 millions de tonnes — cinq fois plus que le record jamais enregistré sous l’Union soviétique. Nous estimons, et nous n’avons aucune raison de penser le contraire, que ce volume atteindra les 70 à 100 millions de tonnes aux environs de l’année 2030″ ( V.Poutine Mars 2025 à Mourmansk). Il sait aussi que le Russie a la plus grande base de brise glace et qu’il doit s’assurer que cette route maritime soit sécurisée.
Donc le Groenland qui une terre autonome du Danemark, habitée par des Inuits, dont la terre est désirée par un prédateur puissant, les USA, se trouve actuellement dans une posture délicate. Ce pays va être le centre d’un jeu stratégique entre les USA, la Russie, l’Europe via le Danemark et l’Otan, qui est la menace première de la Russie. Sans compter la Chine qui a aussi un intérêt majeur a contrôler la région arctique.
Donc souhaitons du courage à Bjork, qui vent de réclamer l’indépendance du Groenland. Bon courage aux formidables Inuits qui ont déjà eu à souffrir des mauvais traitements occidentaux et souhaitons que Trump ne mette pas le monde à feu et à sang. L’eau de l’Arctique ne suffirait pas à éteindre ce feu.
Comme dans les films! Enlevé en pleine nuit avec sa femme, Nicola Maduro est aujourd’hui dans les mains de la CIA de Trump. Donald Trump accuse depuis longtemps le chef de l’État vénézuélien d’être impliqué dans le narcotrafic et de diriger un cartel responsable de l’afflux de cocaïne vers le territoire américain. Mais qui est Maduro et pourquoi Donald Trump s’y est-il intéressé?
En Aout dernier, Pam Bondi, la ministre américaine de la Justice a décidé de porter la récompense contre Maduro à 50 millions de dollars, somme qui ne pouvait jusqu’à lors n’être destinée qu’aux terroristes d’Al Qaïda. D’après les sources américaines, le régime vénézuélien a tissé des liens avec les FARCS, mouvement rebelle colombien dont le trafic de drogue est devenu au cœur de leur activité.
Cette accusation vient du fait que Hugo Chavez en 2005 a interdit l’accès du pays à l’agence antidrogue américaine, la DEA. Par ailleurs, l ‘affaire des “neveux narcos”. Efraín Antonio Campo Flores et Franqui Francisco Flores de Freitas, neveux de Cilia Flores, l’épouse de Nicolás Maduro, interpellés en Haïti alors qu’ils tentaient d’acheminer clandestinement 800 kilos de cocaïne vers les États-Unis laisse supposer une connivence au plus haut niveau.
Est-il le patron du cartel de los Soles, dont le nom viendrait des soleils figurant sur les épaulettes des généraux vénézuéliens? Les Américains en sont convaincus, d’où la mise à prix de 15 millions de dollars pour le ministre de la défense Vladimir Padrino Lopez. Pourtant il semblerait que le Vénézuéla n’est pas forcément la place forte du narco trafic, mais plus une zone de transport.
Par contre Le Venezuela possède des richesses naturelles exceptionnelles, parmi les plus importantes au monde, mais largement sous-exploitées ou mal gérées. Du pétrole et de l’or dans l’Orénoque, du gaz off shore et terrestre, du fer, du coltan ( stratégique pour l’électronique), cuivre, nickel, diamants, hydroélectricité. Donc un pays très tentant pour appliquer une stratégie américaine de nearshoring ( pays partenaires qui ont des coûts de main d’œuvre moindres et des activités complémentaires).
Mais difficile de communiquer avec Maduro, dont les activités et les modes de rétorsion ( cf Ronald Oreja, dissimulé apparemment vivant dans une valise enfouie sous une couche de béton fraîchement coulée qui aurait subi des sévices et serait décédé par asphyxie) sont discutables.
Par ailleurs, la nouvelle détentrice du Prix Nobel de la Paix 2025 n’est-elle pas Maria Corina Machado, opposante à Maduro? N’a t-elle pas ruiné les rêves de Donald Trump d’avoir lui-même ce prix et ne lui a-t-elle pas écrit dès l’acceptation de son prix? Donald Trump n’a t il pas dit: « qu’elle me donne son prix alors ».
Suivons donc ce qu’il va se passer au Vénézuéla. Qui va remplacer Maduro? Quel est le deal? Et qui sera le prochain prix Nobel de la Paix?
Enfin, sur le plan pur du droit international, peut-on faire fi des règles? Enlève-t-on des dirigeants par simple deal? Que dirons-nous quand la Chine envahira Taïwan?