Notre baguette nationale deviendrait-elle le symbole de notre mauvaise santé? Les Français figurent parmi les populations européennes les plus exposées au cadmium par l’alimentation, notamment via les céréales, le pain, les pommes de terre et certains légumes. Cette situation est largement liée à l’utilisation historique d’engrais phosphatés contenant du cadmium. Le problème est de santé publique car, même à faibles doses, par l’accumulation, ce sont notre foie et nos reins qui trinquent: insuffisances rénales, cancers et ostéoporoses.
La France est le pays le plus exposé à la contamination alimentaire du cadmium. La première raison est l’utilisation d’engrais phosphatés en provenance de pays à forte exposition au cadmium. Le phosphate naturel utilisé pour fabriquer ces engrais contient naturellement du cadmium. Selon l’origine de la roche (Maroc, Tunisie, Jordanie, etc.), sa teneur peut être plus ou moins élevée. Pendant des décennies, une partie de ces engrais a apporté du cadmium dans les sols agricoles français. Celui-ci est ensuite absorbé par les plantes.
Les sols français, notamment dans certaines grandes régions céréalières, présentent souvent des caractéristiques (pH, composition chimique) qui favorisent l’absorption du cadmium par les cultures. Les cultures les plus concernées sont celles que nous utilisons le plus dans notre nourriture: les légumes-feuilles, le blé (et donc le pain) , les pommes de terre , certaines céréales .
Chez les fumeurs, le tabac constitue souvent la première source de cadmium. Une cigarette contient du cadmium absorbé par le plant de tabac, qui passe ensuite dans la fumée inhalée.
C’est en Novembre 2020 que Joël Labbé, Ecologiste, sort ce projet au Sénat. L’Europe travaillait sur un projet de limitation à 60mg de cadmium par kilogramme (mg/kg) d’anhydride phosphorique (P2O5) dans les engrais. Certains pays avaient déjà abaissé leur taux à 20 mg comme la Finlande et la Hongrie. Mais ce n’est qu’en 2024 qu’Agnès Panier-Runachier reprend le dossier et propose une trajectoire ambitieuse: un premier abaissement à 40 mg/kg de phosphate dans les engrais en 2027, puis à 20 mg/kg de P2O5 en 2030. Mais ce projet qui sortait de son cabinet a été stoppé par la dissolution ordonnée par Macron.
Annie Genevard, alors Ministre de l’Agriculture, a freiné l’ambition de ce projet, ainsi que son implémentation. Cela froissait les agriculteurs car leurs coûts pouvaient augmenter. Cela froissait les Marocains qui fournissent la majeure partie de notre phosphate et qui vont monter leurs prix pour raffiner ce phosphate afin de l’alléger en cadmium. Maintenant elle a le portefeuille de l’Agroalimentaire, que fait-elle? Ralentir… comme toujours. Le calendrier : 60mg de cadmium par kilo de P2O5 dans les engrais en 2027, 40 mg/kg de P2O5 en 2030 et 20mg/kg de P2O5 d’ici… 2038.
Honteux. Car en attendant les cancers augmentent et les ostéoporoses aussi. Et notre baguette nationale ne peut devenir le vecteur d’un scandale sanitaire.
A suivre donc.

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