La DIAMMS – Délégation interministérielle aux approvisionnements en minerais et métaux stratégiques (un acronyme qui ne s’invente pas !) – était présente au G7 en véritable sherpa du gouvernement français sur ces questions devenues hautement stratégiques.
À l’issue du sommet, les chefs d’État et de gouvernement du G7 ont adopté une déclaration majeure visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Un sujet devenu central à mesure que les grandes puissances prennent conscience de leur dépendance à l’égard de la Chine, qui domine aujourd’hui largement l’extraction mais surtout le raffinage des terres rares, du lithium, du graphite, du nickel, du cobalt, du tungstène ou encore de l’antimoine.
Face à cette situation, le G7 a décidé d’engager une coopération structurante entre ses membres et leurs partenaires afin de diversifier les sources d’approvisionnement et renforcer la résilience des chaînes de valeur. Tous les leviers seront mobilisés : développement de nouveaux projets miniers, soutien aux capacités de raffinage, financement public et privé, constitution de stocks stratégiques, amélioration de la traçabilité, recyclage, innovation et économie circulaire.
Cette stratégie reposera sur une plateforme réunissant les experts des pays du G7 et de leurs partenaires, en coopération avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’OCDE.
L’objectif est clair : sécuriser l’accès aux minerais indispensables aux batteries, aux semi-conducteurs, aux éoliennes, aux véhicules électriques, aux centres de données, à l’intelligence artificielle ainsi qu’aux industries de défense.
Les pays du G7 entendent également coordonner leurs politiques de stockage afin de prévenir les ruptures d’approvisionnement en cas de crise géopolitique ou de restrictions à l’exportation. Ils souhaitent développer des partenariats renforcés avec les pays producteurs d’Afrique, d’Amérique latine, d’Australie et d’Asie afin de réduire la concentration actuelle des approvisionnements.
Le financement de nouveaux projets d’extraction, de raffinage et de recyclage constitue un autre pilier de cette stratégie. Plusieurs dizaines de milliards d’euros d’investissements ont déjà été annoncés. Le recyclage des métaux critiques contenus dans les batteries, les équipements électroniques ou les aimants permanents devra également monter en puissance.
Le G7 s’est fixé un objectif ambitieux : qu’aucun pays extérieur ne représente plus de 60 % de l’approvisionnement d’un minerai critique d’ici 2030, avec une ambition de descendre ensuite à 50 %. Une orientation qui vise directement la dépendance actuelle vis-à-vis de la Chine.
Car les terres rares et les minerais critiques sont devenus le pétrole du XXIᵉ siècle. Sans eux, impossible de produire des batteries électriques, des puces électroniques, des éoliennes, des satellites, des équipements militaires ou encore les infrastructures nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.
Plus qu’un enjeu industriel, le G7 considère désormais la sécurité d’approvisionnement en minerais critiques comme une question de souveraineté économique et de sécurité nationale, au même titre que l’énergie.
L’Europe se réveille!
A suivre donc!

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