Human First

Human First est un espace d’idées, de réflexion et de dialogue. Dans un monde en pleine mutation – bouleversé par les crises climatiques, les révolutions technologiques et les tensions sociales – nous faisons le choix de revenir à l’essentiel : l’être humain.

Engagée depuis 1997 pour une politique de progrès, fondée sur l’écologie, la justice sociale et le rassemblement républicain.

Manager internationale expérimentée spécialisée en alliances stratégiques et projets globaux internationaux. Experte en innovation, transition numérique et écologie appliquée (Cloud, IA, Smart Cities, décarbonation).

French text about trees, forested valley, and carbon absorption diagram

Nous avons longtemps considéré l’arbre comme un élément du paysage. Il est temps de le considérer comme une infrastructure essentielle à notre survie. Pouvoir sur l’eau, sur notre santé, sur nos villes, pouvoir économique. Nous le laissons brûler tous les ans sans rien changer à notre politique.

L’arbre, climatiseur de la planète

Par l’ombre et l’évapotranspiration, l’arbre devient une sorte de climatisation naturelle, gratuite à l’usage, sans consommation électrique et dont les effets se voient directement sur les plus faibles d’entre nous..

Une analyse récente de près de 300 villes européennes montre même que les zones couvertes d’arbres peuvent être jusqu’à 8 à 12 °C plus fraîches que le tissu urbain dense en Europe centrale lors des épisodes de chaleur extrême. Dans le sud de l’Europe, l’écart observé peut atteindre environ 4 °C.

Une autre étude ( cf lien) a modélisé ce qui se passerait si les villes atteignaient 30 % de couverture arborée. L’objectif pourrait réduire significativement l’exposition à la chaleur et éviter des milliers de décès prématurés liés à la chaleur dans les villes étudiées.

L’arbre, gestionnaire de l’eau

De par sa nature, l’arbre retient les eaux de pluie dans ses feuillages puis la redescend vers les racines et la terre. La FAO souligne que les forêts favorisent l’infiltration et la recharge des nappes, réduisent le ruissellement et contribuent à réguler les débits.

Par exemple, les forêts de Uluguru Mountains pourvoient en eau potable 2.5 million de résidents Dar es Salaam. De façon identique, 1.3 million de gens de Quito et 20 million d’habitants de Mexico City récupèrent leur eau des montagnes et forêts avoisinantes.

Les forêts ont une fonction « tampon » qui permet le refroidissement, la gestion des précipitations, la rétention de l’eau. Elles peuvent modérer les climats extrêmes et réduire les impacts du changement climatique sur l’eau. Elle indique que les forêts peuvent retenir jusqu’à 80 % des sédiments, contribuant ainsi à maintenir la qualité de l’eau.

Une étude à l’échelle de l’UE estime que si 35 % des surfaces urbaines étaient végétalisées, cela pourrait transformer environ 10 km³ d’eau de pluie par an en « eau verte », soit environ 17,5 % de l’eau qui s’écoule actuellement vers les villes .

Les sols et l’air lui disent merci

Stabilisation des sols, infiltration, réduction de l’érosion, aide à la vie microbienne. Les talents sont multiples de cet éléments extraordinaire.

Les feuilles captent les particules fines, l’ozone, le dioxyde d’azote, dioxyde de soufre, monoxyde de carbone. Un génie climatique même si tous les arbres ne sont pas égaux face à ce point.

Un arbre n’est pas un morceau de nature posé au milieu de la ville. C’est une infrastructure. Il refroidit, filtre l’air, ralentit l’eau, protège les sols, stocke du carbone, abrite la biodiversité et réduit notre consommation d’énergie. Et contrairement à une infrastructure classique, il fait tout cela simultanément.

les chamans le savaient

Dans plusieurs traditions chamaniques sibériennes et d’Asie centrale, on retrouve l’image de l’arbre cosmique ou arbre du monde. Ses trois parties correspondent symboliquement à trois niveaux:

  1. les racines et monde souterrain, ancêtres, forces invisibles
  2. le tronc et le monde humain, monde terrestre
  3. les branches, la cime et le monde céleste, esprits, divinités

Le chaman utilise symboliquement cet axe pour effectuer son voyage entre les différents mondes.

Ils vivent plus longtemps que les humains et deviennent ainsi des témoins du territoire : naissance, mort, transmission, saisons, déplacements, événements. Couper un arbre ancien ne signifie pas uniquement perdre du bois ou du carbone , c’est détruire la mémoire d’un lieu.

Le regard de Human First

Pour la pensée occidentale moderne, l’arbre est souvent une ressource. Pour de nombreuses cosmologies autochtones, il est une relation. Sans rentrer dans une vision animiste, on peut considérer l’arbre comme le pilier d’un architecture verte qui serait composée de zones humides, corridors écologiques, forêts urbaines.

Elle viendrait compléter et harmoniser les infrastructure existantes telles que les routes, canalisations, réseaux d’eau, de climatisation et celles du numérique, du data center, de l’IA.

A suivre donc.

Pour plus d’informations

https://hadea.ec.europa.eu/news/satellites-can-help-cool-europes-cities-2026-06-26_en

https://environment.ec.europa.eu/news/increasing-tree-coverage-30-european-cities-could-reduce-deaths-linked-urban-heat-island-effect-2023-06-21_en

https://www.fao.org/sustainable-forest-management-toolbox/modules/forest-and-water

https://climate-adapt.eea.europa.eu/en/metadata/publications/water-energy-and-climate-benefits-of-urban-greening-throughout-europe-under-different-climatic-scenarios

Posted in , , , ,

Laisser un commentaire