Human First

Human First est un espace d’idées, de réflexion et de dialogue. Dans un monde en pleine mutation – bouleversé par les crises climatiques, les révolutions technologiques et les tensions sociales – nous faisons le choix de revenir à l’essentiel : l’être humain.

Engagée depuis 1997 pour une politique de progrès, fondée sur l’écologie, la justice sociale et le rassemblement républicain.

Manager internationale expérimentée spécialisée en alliances stratégiques et projets globaux internationaux. Experte en innovation, transition numérique et écologie appliquée (Cloud, IA, Smart Cities, décarbonation).

  • Le Sommet des Peuples s’invite à la COP 30 au Brésil

    C’est un peu le bazar, mais au moins ça vit. Première fois depuis la COP à Glasgow que l’on peut manifester, c’est plutôt bien. C’était impossible à Sharm Al Sheikh, ni à Dubaï, ni à Bakou. Ils étaient partis pour financer l’arrêt de la déforestation, mais l’Europe est arrivée avec ses objectifs de réduction de la température, les pays du Sud sont vent debout pour obtenir une transition juste et les peuples autochtones sont dans la rue. La Chine est absente et fait son lobby ailleurs. Les US, l’Inde ne sont pas là non plus.

    Pourtant des choses bougent en cette première semaine comme une montée en puissance des exigences en amont de phase de la négociation finale.

    La première des demandes des pays du Sud est la Transition Juste dans le cadre du BAM (Belem Action Mechanism) . En un mot, les pays du Sud, plutôt pauvres, ont de quoi sauver la planète avec leurs forêts et leurs océans. Les pays du Nord , plus riches, polluent plus et manquent de forêts. Le Bloc Sud est visiblement très motivé. L’Europe est OK mais veut adapter les mécanismes et la Chine et le G77 sont d’accord. Ils devraient y arriver mais il y a encore un peu de négociation.

    Après la honte de Bakou sur les énergies fossiles, ce point a été remis in extremis à l’ordre du jour. Mais la coalition Kick Big Polluters Out a répertorié plus de 1600 lobbyistes liés à l’industrie des énergies fossiles, dont Monsieur Pouyanné de Total Energies. Cela promet des discussions houleuses car la demande en énergie fossile ne diminue pas.

    Le Brésil peut servir d’exemple : depuis la crise pétrolière des années 1970, le pays a fait des choix énergétiques audacieux. Il dispose aujourd’hui d’un parc automobile largement flex-fuel, d’une essence contenant 30 % d’éthanol (contre 10 % en France) et d’une électricité issue à près de 90 % de sources renouvelables (60 % hydro, 14 % éolien, 5 % solaire). Le nucléaire reste marginal, ce qui laisse une marge de progression, notamment pour faire face aux sécheresses aggravées par le réchauffement climatique.

    Le débat devra aussi intégrer la discussion avec les peuples autochtones. Un homme de 36 ans du peuple autochtone Guarani Kaiowa a été tué d’une balle dans la tête, dimanche 16 novembre, dans une réserve indigène à Iguatemi, dans l’État du Mato Grosso do Sul (centre-ouest). Il défendait son territoire contre des exploitants lourdement armés. Cela monte à 211 le nombre de morts dans ces conditions au Brésil.

    À bord du “Bateau de la Réponse”, des militants, soutenus par  Raoni Metuktire, célèbre représentant du peuple Kayapo et défenseur de l’Amazonie, dénonçaient le méga projet de voie ferrée Ferrogrão, promu par des entreprises de l’agrobusiness brésilien pour exporter à moindre coût leur production à l’étranger. Un projet qui entraînerait une déforestation massive de 5 millions d’hectares.

    En tout, 1000 associations sont venues pour le Sommet des Peuples avec des revendications qui vont de la souveraineté alimentaire, du féminisme à l’anti racisme et au retour à la Terre. Bref la COP 30 n’est pas finie. Elle va nous secouer.

    A suivre donc.

    Photo Photo by Ricardo STUCKERT / BRAZILIAN PRESIDENCY / AFP

  • MacKenzie Scott: la face cachée de Jeff Bezos

    Qui est MacKenzie Scott Tuttle, la face cachée de Jeff Bezos? Elle a été sa femme pendant 25 ans et a bâti Amazon avec lui. Son divorce avec lui l’a rendue milliardaires, mais elle est à l’opposé de son côté ostentatoire.

    Née à San Francisco, élevée dans le Connecticut, études a Princeton où elle est l’élève du prix Nobel de littérature, Toni Morrisson, c’est assez naturellement qu’elle s’oriente vers les lettres et l’écriture. Elle publie d’ailleurs son premier roman en 2005: The testing of Luther Allbright. Pas étonnant que Jeff Bezos, qui a envie de casser les codes du commerce et de l’internet, décide de monter avec elle Amazon qui est, avant de devenir la grande market place que c’est devenu, avant tout un bookstore.

    Les livres étaient la passion de MacKenzie, mais Jeff Bezos voyait aussi une opportunité car ils étaient surtout en grand nombre, faciles à distribuer simplifiant ainsi la logistique. Les acquaintances de MacKenzie avec le monde de l’édition a facilité les relations commerciales avec ce monde fragmenté. Elle a aussi pris le lead sur la négociation du contrat de frêt qui est la base du succès de Amazon, qui devait rationaliser les process et optimiser les expéditions. Aujourd’hui le réseau logistique d’Amazon est un des plus puissants au monde.

    Etant devenue mère de trois enfants, elle a préféré se retirer petit à petit du monde d’Amazon, laissant les rênes à son mari Jeff Bezos. Son divorce en 2019, suite aux frasques extra conjugales de Jeff Bezos, lui vaut de récupérer un pactole financier de 36 Milliards de dollars, ce qui la rend une des femmes les plus fortunées du monde.

    Etait-ce l’amoncellement d’argent d’Amazon, la vie de paillettes que Jeff Bezos voulait mener ou son caractère propre, mais MacKenzie décide de basculer dans la philanthropie. Cet argent doit être redidistribué et elle dit qu’elle continuera « jusquà ce que le coffre soit vide ». Elle crée un site internet Yield Giving où elle détaille les actions et associations auxquelles elle a donné sans conditions plus de la moitié de sa fortune ( 19 Milliards de dons et 2450 associations). Elle signe immédiatement The Giving Pledge, un programme de Bill Gates et Warren Buffett où plusieurs milliardaires s’engagent à reverser la moitié de leur patrimoine à des associations.

    Les chiffres donnent le tournis: 586 700 00 $ pour l’équité raciale, 125 000 000 $ au profit du changement climatique, 39 950 000 $ à la mobilité économique, 128 300 000 $ pour la santé publique, 46 000 000 $ à la communauté LGBTQ+. plus précisément, 275 millions au planning familial américain, 25 millions à Big Brothers Big Sisters of America (ce qui double le budget opérationnel de l’organisation à but non lucratif, le faisant passer de 24 à plus de 52 millions), 9 millions à la South Texas Food Bank, 9 autres pour Kaboom !, qui construit des terrains de jeux, 8 millions pour Equal Opportunity Schools, ou encore 5 millions pour Goodwill Industries of East Texas…

    D’après Forbes, ces dons représentent 36 % de sa fortune, et font d’elle la 5e philanthrope la plus généreuse en 2025. La première place étant prise par Warren Buffet, suivi de Bill Gates et de sa femme Melinda. C’est une tradition très ancrée dans les habitudes américaines, fondée sur cette volonté de changer le monde en bien par des actes individuels. La philanthropie représente 485 milliards de dollars aux États-Unis, dont 325 milliards (80 %) proviennent des individus ( alors qu’en France on est à 9% dont 20% viennent des individus).

    Avec MacKenzie Scott on est loin du Bling-Bling de Jeff et de sa nouvelle femme Lauren, avec son diamant de 20 carats et de leur mariage dans la cité lacustre de Venise avec tout le gratin mondial du show business. MacKenzie Scott nous surprend par sa générosité et sa discrétion.

    Voyons ce que cette femme peut encore choisir pour nous surprendre à l’avenir.

    A suivre donc.

    le site de Mackenzie Scott

    https://yieldgiving.com/

    celui des Gates auquel elle participe

  • Mercosur: le cauchemar des Français

    Le Mercosur (ou Mercado Común del Sur / Marché commun du Sud) est une organisation économique et commerciale créée en 1991. Elle vise à faciliter la libre circulation des biens, services et capitaux entre les pays membres ( Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay). Il existe une négociation d’accord commercial avec l’Union européenne (UE), en discussion depuis 1999, et objet de débats sur l’environnement, l’agriculture et les normes. Il existe des tensions internes à l’Amérique latine et à l’EU pour signer cet accord.

    Madame Von der Leyen soutient le Mercosur car il ouvrirait un immense marché aux industries européennes ( les voitures allemandes notamment), sécuriserait des matières premières stratégiques et renforcerait l’influence géopolitique de l’UE face à la Chine et aux États-Unis. Elle estime aussi que l’accord peut inclure des engagements climatiques contraignants.

    De leur côté, les Français sont en résistance. En premier lieu, Paris estime que l’accord n’impose pas assez de garanties contraignantes sur le respect de l’Accord de Paris sur le climat, ou la lutte contre la déforestation. Avec la COP 30, on peut penser que cet argument va s’effacer.

    Le secteur agricole (élevage bovin, viande, sucre) craint une concurrence déloyale des produits sud-américains ; volumes d’importation élevés, viandes produites avec des normes moins strictes (pesticides, hormones), coûts de production plus bas.

    La France demande une « clause miroir » : si des produits étrangers entrent en Europe, ils doivent respecter les mêmes normes que ceux produits dans l’UE, notamment les normes sociales ou environnementales ( pesticides). Par ailleurs, Les produits importés du Mercosur (notamment la viande bovine) coûtent beaucoup moins cher à produire : élevage souvent intensif, terres moins chères, coûts de main-d’œuvre plus faibles. Ils craignent une chute des prix et la fermeture d’exploitations françaises

    Cette négociation que Ursula Van der Leyen veut terminer, est un des enjeux de la présence d’Emmanuel Macron a Bélem Brésil pour la COP 30. Ce traité ne pourra être signé sans la France.

    A suivre donc.

  • Lula: la canopée comme tremplin

    A nouveau au pouvoir depuis 2022, le Président Lula se présente comme un défenseur de l’environnement, notamment de la préservation de l’Amazonie et des droits des peuples autochtones. L’ouverture de la COP 30 à Belém est pour lui une opportunité majeure de présenter son plan au monde.

    Le Brésil capte 60% de l’Amazonie, qui elle même représente environ 50 % des forêts tropicales encore intactes sur Terre, 10 % de la biodiversité mondiale connue, et stocke 80 à 120 milliards de tonnes de carbone. L’Amazonie produit une immense quantité de vapeur d’eau : elle influence les pluies sur toute l’Amérique du Sud et jusqu’aux États-Unis. On l’appelle parfois le “poumon de la planète”, non pas parce qu’elle produit de l’oxygène (les océans le font largement), mais parce qu’elle stabilise le climat mondial. A ce titre, Lula estime légitime que le Brésil devienne le leader dans la protection de forêt.

    Après l’aire Bolsonaro, catastrophique pour la forêt amazonienne, Lula a réintroduit les contrôles pour éviter les feux organisés et réactivé un Plan d’action pour la prévention et le contrôle de la déforestation en Amazonie. Malgré une amélioration, les chiffres sont alarmants: en 40 ans, la forêt amazonienne brésilienne a perdu près de 50 millions d’hectares. C’est plus que la superficie d’un pays comme le Cameroun. L’Amazonie rejette aujourd’hui plus de gaz à effet de serre qu’elle n’en capte. Les pertes de végétation entraineront en effet un changement radical dans le cycle des pluies, ce qui provoquera en retour un processus de « savanisation » de la forêt.

    La COP 30 lui donne l’opportunité de lancer son programme Tropical Forests Forever Facility, qui permet de récompenser les pays qui maintiennent leurs forêts, avec un fonds de 25 Milliards de Dollards. Les premiers donateurs sont le Brésil et l’Indonésie (un milliard chacun), la Norvège (trois milliards étalés sur dix ans), la Colombie (250 millions), le Portugal (un million). UK a fait faux bon.

    La France apportera son soutien de 500 millions ( selon E.Macron) si le fonds « repose sur la science et le suivi de l’évolution de la forêt », a « une analyse constante coût-bénéfice »,a « une gouvernance exemplaire avec un suivi des décaissements en toute transparence » et que ce soit « décliné par pays ».

    Emmanuel Macron a raison de mettre des conditions. Le système est bon mais brasse beaucoup d’argent et il faut une gouvernance sans faille. Le système serait de partir avec un fonds de 25 milliards qui permettrait d’emprunter 100 Mds à 5%. Le fonds espère placer les 125Mds obtenus à 8% et de rémunérer les pays sur les 3% de différentiel.

    L’éligibilité est basée sur la baisse de la déforestation des forêts tropicales. Beaucoup de pays s’inscrivent. Les pays éligibles à ce jour seraient la Papouasie Nouvelle Guinée ( 122 millions), la RDC et le Brésil (1,4Mds de $). Une partie des fonds iraient aux populations autochtones.

    Séduisant sur le papier, il y a quand même un risque fort que l’argent ne soit pas remboursé et que l’argent récolté par les pays n’aille pas à la déforestation. Mais le risque serait plus grand si nous ne faisons rien.

    A suivre donc.

    pour plus d’informations, des liens ci dessous.

    Un bel engagement de Dominique de Villepin sur la nécessité de s’engager au plan mondial pour sauver le planète.

    https://lafrancehumaniste.fr/articles/la-fin-de-l-innocence.html

    Un lien sur la plateforme à l’origine des informations données sur la déforestation en Amazonie

    et les liens Human Firsts:

  • COP 30: l’Europe a eu chaud

    Avant de partir pour le Brésil, les pays Européens se sont retrouvés pour préparer la COP30 Brésil et ne pas venir les mains vides. Il fallait s’engager sur des réductions d’émission de gaz à effet de serre et l’Italie et quelques pays de l’Est faisaient de la résistance. Il fallait négocier et l’Europe a réussi a voter les engagements in extremis.

     L’UE rappelle son engagement à limiter le réchauffement à +1,5 °C, conformément à l’Accord de Paris. Elle maintient son ambition de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 90% en 2040 par rapport à 1990 – elle en était à moins 37% en 2023. Pour baisser les émissions de 90%, les Européens pourront acquérir 5% de crédits carbone internationaux qui financeraient des projets en dehors de l’Europe, un dispositif très critiqué par les organisations environnementales.

    En effet cela veut dire on s’achète une bonne conscience en finançant des projets en dehors de l’Europe. Par ailleurs, on note le report à 2028 du marché carbone sur les transports routiers et les chauffages des bâtiments.

    En arrivant à COP30, l’UE veut présenter une position unifiée et crédible sur la mitigation, l’adaptation, et les financements climatiques. Le fait de fixer un objectif “2040” permet à l’UE de donner un signal fort à la communauté internationale .

    L’Union européenne est le quatrième émetteur de gaz à effet de serre dans le monde, après la Chine, les États-Unis et l‘Inde. Sa parole porte même si l’accord arraché est plus faible que prévu.

    A suivre donc.

  • Qui est Zohran Mamdani, le nouveau maire de New York?

    Il a un profil de star de cinéma tant par son visage que par son parcours. Il est né en Ouganda et il atterrit maire de New York, avec une investiture en Janvier 2026. Un profil comme les Etats-Unis savent en générer. Il n’a peur de rien et part dans le combat sourire aux lèvres, car venant d’une famille très solide.

    En France, nous connaissons sa mère Mira Nair puisqu’elle a été lauréate de la Caméra d’Or en 1988 au Festival de Cannes pour son film Salaam Bombay. Elle a été d’ailleurs aussi nominée en 1989 aux Oscars pour le meilleur film étranger. Ce film parle des enfants des rues à Bombay, de la prostitution et du proxénétisme. Zohran ne vient pas de nulle part. Sa mère connait déjà les arcanes de la puissante Hollywood.

    Son père est professeur de Sciences Politiques et d’Anthropologie à l’université de Columbia. Ougandais d’origine indienne, il est un intellectuel de renom. La encore, Zohran a bénéficié d’une éducation extrêmement soutenue et de soutiens des intellectuels universitaires américains.

    Arrivé à New York en 1998, il va très vite s’orienter vers la défense du peuple palestinien, le contrôle des loyers, soutenu par les Socialistes d’Amérique. Il gagne en 2019 l’élection à l’Assemblée de l’Etat de New York dans le 36e district (Astoria et Long Island City). En toute logique, il se présente à l’élection de Maire de New York et la gagne.

    Ce n’est pas un feu de paille. cette élection a été préparée, soutenue notamment par les Démocrates de gauche comme Bernie Sanders , Alexandria Ocasio-Cortez, et Letitia James, la procureure de New York.

    C’est un soufflet pour Donald Trump qui a essayé de jouer in extremis la population de religion juive contre lui, mais beaucoup de ceux ci à New York désapprouvent les actions de Netanyahu en Israël.

    Un vrai changement dans cette Amérique MAGA qui a tenu cette année et a imposé sa loi. Souhaitons le plus grand succès à cette nouvelle coqueluche des New Yorkais et des médias internationaux.

    A suivre donc.

  • #duralexforever: Verres Incassables et Réussite Collective

    Duralex vient de lever 5 Millions, d’un claquement de doigt au moment où nos politiques cherchent l’argent partout pour leur budget. Pas de banques. Pas de fonds. Pas de CEO mégalo. Des employés qui se battent. Et des Français qui leur font confiance.

    L’histoire de Duralex est une véritable saga industrielle et culturelle française — celle d’une marque devenue mythique grâce à ses verres incassables et à son ancrage dans la vie quotidienne. Qui n’a pas retourné le verre à la cantine pour connaitre le chiffre inscrit sensé représenté son âge?

    L’entreprise est fondée en 1939 par la Société des Verreries mécaniques de La Chapelle-Saint-Mesmin, qui met au point un procédé de trempe du verre révolutionnaire à l’époque : le verre trempé Duralex, résistant aux chocs thermiques et mécaniques. Dura lex sed lex donne l’idée du nom. La loi est dure mais c’est la loi, comme une impulsion de résistance extrême aux chocs tout en restant droit dans ses bottes et dans la loi.

    Dès les années 1950-60, Duralex devient un symbole du design utilitaire français. Les verres Gigogne et Picardie — empilables, pratiques et quasi inusables — envahissent les cantines, les foyers, les cafés et les écoles. Ils incarnent une esthétique démocratique et durable, typique du « made in France » d’après-guerre.

    Les années 1980 jusqu’à 2000 montre une période d’instabilité et de grande concurrence. Duralex est rachetée par BSN, Saint-Gobain, puis des investisseurs étrangers et enfin Pyrex en 2021. Puis, en juillet 2024, le tribunal de commerce d’Orléans a validé une reprise de l’entreprise par ses salariés sous la forme d’une SCOP (société coopérative et participative).

    Aujourd’hui ils ont explosé leur prévision de levée de fonds. Les 5 millions sont dépassés avec 21500 personnes investissant dans la SCOP.

    Finalement les banques qui nous plument des agios et menacent de ne plus nous autoriser des découverts … Finalement le bitcoin… Juste une SCOP et une entreprise ayant de vrais produits et de vrais valeurs et le tour est joué. Bravo pour votre courage et votre détermination. Il n’y a pas que votre verre qui est trempé, votre caractère l’est aussi.

    A suivre!

    @human_firsts

    Duralex_Verres_Incassables_et_Russite_Collective duralex madeinfrance #successstorys

    ♬ son original – Humanisme et Société – Humanisme et Société
  • Shein: la honte

    Shein était montrée du doigt pour la fast fashion (cf notre article en attachement) et les conditions de travail de leurs employés. Shein a ouvert dernièrement une market place de type Amazon et vient de se faire épingler pour la vente de poupées pour usage pédo-pornographique.

    Cela ne vient pas de sortir et semble exister depuis un certain temps. Shein n’est pas la seule compagnie à le proposer. Ali Express semble le faire aussi. Black out sur Amazon dont personne ne parle et qui a dû faire un audit de tous ses vendeurs suspects.

    Les premières réactions en France sont significatives du flou quant à la condamnation de la pédo pornographie. Le ministère des PME disait: «  »Aucune mesure de filtrage ne limite efficacement l’accès à ces contenus pornographiques pour des mineurs ou des publics sensibles » Mais il ne faut pas limiter l’accès , il faut retirer le site qui les génère. Filtrer pour laisser les adultes? Non, il faut le retrait des produits et la condamnation.

    Evidemment le vendeur est responsable, tout comme Shein ou les plateformes de market place. Mais nous verrons si l’enquête va jusqu’au bout, si les acheteurs vont être condamnés. En espérant que Shein ne va pas se cacher derrière je ne sais quelle respect de la vie privée.

    Mais Shein a des liens étroits avec nos politiques. N’ont-ils pas eu comme responsable Ethique Monsieur Christophe Castaner, ex ministre de l’Intérieur, ex patron de la Police. Evidemment Christophe Castaner est parti en Juin. A temps, pourrait-on dire.

    Le patron du BHV, qui était déjà fortement décrié du fait de sa personnalité et sa capacité à ne pas payer ses fournisseurs, doit voir ses « amis » le lâcher. La SGM, Société des grands magasins (SGM), foncière commerciale créée en 2021 par Frédéric Merlin et sa sœur Maryline, a été exclue de l’Union du grand commerce de centre-ville (UCV). C’est elle qui a signé l’accord avec Shein. La réponse de Frédéric Merlin face aux poupées: « au moins, dans un magasin, on peut contrôler ce que l’on vend. »

    Quand on tire un fil, on trouve toute la pelote. Je crois qu’on en est qu’au début des problèmes liés au « dark side of the net »..

    A suivre donc.

  • Législation IA: l’Italie en tête

    Décidément, l’Italie a le vent en poupe. Serait-elle la start-up nation dont rêvait Emmanuel Macron? En tous cas, elle a pris les devants en matière d’intelligence artificielle. Le 17 Septembre dernier, l’Italie a adopté une série de lois sur le sujet devenant ainsi le premier pays de l’UE à établir des règles en parallèle de l’AI ACT européen. Elle a pour vocation d’être « complémentaire » au Règlement (UE) 2024/1689 « AI Act », s’appuyant sur ses définitions et principes sans les redéfinir entièrement.

    Les valeurs d’abord sont abordées. Elle met l’accent sur une approche centrée sur l’être humain, la transparence, la sécurité, la protection des données, la non-discrimination, la proportionnalité et la durabilité.

    L’article 3 (et suivants) énonce que la recherche, le développement, l’application et l’usage d’IA doivent respecter les libertés constitutionnelles, le droit de l’UE, et les principes comme l’autonomie humaine, la surveillance humaine, la transparence, la précision, la non-discrimination. Le rôle de l’IA est principalement instrumental et d’assistance — la décision finale reste humaine. Les systèmes d’IA ne doivent pas porter atteinte au développement démocratique de la vie institutionnelle et politique.

    Des applications sectorielles sont faites. Dans le domaine de la santé, l’IA peut être utilisée pour prévention, diagnostic, traitement mais la décision finale revient au professionnel de santé. Nécessité de sauvegarder la Protection des données sensibles et notification de l’Garante per la protezione dei dati personali dans certains cas.

    Dans le domaine du travail, l’employeur doit informer les travailleurs si un système d’IA est déployé. Transparence, respect de la dignité humaine sont mis en avant. La justice a un traitement particulier, car l’IA est vu avec scepticisme. le juge et le juge seul doit décider.

    Très intéressant est l’introduction d’un nouveau délit pour la diffusion non autorisée de contenus générés ou modifiés par IA (ex : deepfakes), punissable d’une peine de 1 à 5 ans d’emprisonnement.

    Un beau travail pour calmer les esprits par l’IA et encadrer cette formidable technologie.

    A suivre donc.

    Ci dessous quelques liens concernant l’Italie digitale

    https://www.agid.gov.it/it

    https://www.windowscentral.com/artificial-intelligence/italy-ai-legislation-deepfakes-youth?utm_source=chatgpt.com

  • Le plastique, c’est fantastique

    Le plastique c’est fantastique, comme le disait Elmer Food Beat sur un autre sujet, mais son expansion fait étouffer la planète. Symbole du progrès qui a révolutionné nos vies à la deuxième partie du XIXe siècle, son expansion et surtout son recyclage sont devenus incontrôlables.

    Le 7ᵉ continent de plastique, entre la Californie et Hawaï, couvre près de 1,6 million de km², soit trois fois la France. Une accumulation géante de 80 000 tonnes de déchets emportés par les courants. Symbole de notre société du jetable, il étouffe lentement la planète bleue.

    Les débris plastiques se concentrent au cœur des gyres océaniques, ces grands tourbillons créés par la rotation de la Terre. On peut en trouver jusqu’à 3,5 kg par km2. Les animaux marins qui vivent dans ces gyres se nourrissent de plancton mélangé à du plastique. Certains prennent souvent ces morceaux de plastiques pour des proies : c’est le cas des oiseaux qui pensent attraper des poissons à la surface de l’eau ou des tortues qui ingèrent le plastique qu’elles prennent pour une méduse. Ces matières plastiques contiennent des substances toxiques telles que des métaux lourds qui se concentrent dans la chaîne alimentaire.

    Près de 80% des plastiques marins proviennent essentiellement de sources terrestres: usines et zones industrielles ( granulés plastiques, aussi appelés larmes de sirène), décharges sauvages emportées par les pluies et les inondations, tourisme balnéaire, pêche (filets abandonnés, cordages), transport maritime et lavages domestiques ( microbilles libérées par les machines à laver).

    Les pays pollueurs sont toujours les mêmes; Chine, Inde, Indonésie, Philippines, Etats-Unis qui n’ont pas de stratégie de lutte contre le jetable ni de nettoyage de leurs fleuves.

    Au plan mondial, des mesures sont prises comme la suppression des plastiques à usage unique ( paille, couverts, gobelets), responsabilité élargie des producteurs qui doivent financer la collecte et le recyclage, soutien à la recherche des bioplastiques et l’emballage compostable. Finis les pots de semis en plastique et vive les pots plantables!

    Il y a encore de nombreux combats pour les associations qui luttent contre l’envahissement du plastique, car les pays n’ont pas réussi à s’entendre pour améliorer ces conditions du fait de trop de lobbies industriels. L’échec des négociations de Genève d’Aout dernier montre les nombreuses résistances des lobbies des industries pétrochimiques et plastiques : le nombre de lobbyistes représentant le secteur était exceptionnellement élevé, ce qui a dilué les ambitions du texte. De plus, il y avait une absence d’accord sur des financements pour aider les pays en développement à mettre en œuvre les mesures du traité.

    Bref, c’est un chantier qui n’est pas fini. A suivre donc.

    https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/traite-mondial-contre-pollution-plastique

    https://www.greenpeace.fr/stop-pollution-plastique

    https://www.septiemecontinent.com/