Human First

Human First est un espace d’idées, de réflexion et de dialogue. Dans un monde en pleine mutation – bouleversé par les crises climatiques, les révolutions technologiques et les tensions sociales – nous faisons le choix de revenir à l’essentiel : l’être humain.

Engagée depuis 1997 pour une politique de progrès, fondée sur l’écologie, la justice sociale et le rassemblement républicain.

Manager internationale expérimentée spécialisée en alliances stratégiques et projets globaux internationaux. Experte en innovation, transition numérique et écologie appliquée (Cloud, IA, Smart Cities, décarbonation).

  • Accords Canada-Chine : Une Réponse à Trump

    Il a osé! Mark Carney ne s’est pas laissé impressionné par Donald Trump et ses gesticulations et est allé directement en Chine signer des accords économiques et stratégiques. Il avait déjà résisté aux premières menaces de hausse de taxes douanières lancées par Donald Trump. En échange, Mark Carney avait menacé de bloquer l’approvisionnement en pétrole de tous les états du Nord est.

    Le Canada est le plus important marché d’exportation des États-Unis et constitue l’un des plus petits déficits commerciaux, en raison surtout de la demande américaine de produits liés à l’énergie. Les exportations américaines vers le Canada sont en grande partie des voitures et des composants automobiles. Ce secteur est très fortement intégré, c’est pourquoi la hausse des tarifs douaniers de Trump sur l’industrie a augmenté les couts des constructeurs américains.

    Outre l’énergie, le Canada est aussi un important fournisseur d’autres matières premières essentielles, dont les métaux et les minéraux critiques.  Notamment, les États-Unis sont un importateur net de 43 des minéraux qui figurent sur la liste des 50 minéraux critiques du gouvernement américain.
    Le Canada comble de 50 % à 80 % des besoins en zinc, en tellure, en nickel et en vanadium des USA.

    Aujourd’hui, Mark Carney frappe plus fort. Il est allé à la source de l’obsession de Donald Trump: la Chine. Il sort de son voyage en Chine en Janvier 2026 un accord commercial inédit entre le Canada et la Chine.

    Le Canada réduira le tarif sur les voitures électriques fabriquées en Chine à 6,1 % (contre 100 % auparavant) et autorisera l’importation d’environ 49 000 véhicules par an sous ce régime préférentiel. Le Canada semble vouloir sortir de l’étau de la dépendance avec les Etats-Unis en matière de voitures. Ottawa s’est fixé comme objectif d’augmenter de 50 % ses exportations vers la Chine d’ici 2030. 

    En échange la Chine baissera ses droits de douane sur les graines de canola à environ 15 % (contre ~85 % auparavant). Le Canada est le plus grand exportateur de Canola ( cf Colza) , devant la Chine, qui est aussi un marché gigantesque. D’autres produits agricoles — tourteau de canola ( pour l’alimentation des animaux) , homards, crabes, pois — bénéficieront d’un accès sans droits anti-discrimination (au moins jusqu’à fin 2026).

    Un autre pendant de ces accords Canada/Chine concerne l’engagement du Canada à améliorer la gouvernance mondiale en collaboration avec la Chine. Les deux pays sont ainsi convenus d’avoir des relations plus étroites sur des enjeux tels que la compétitivité climatique et la stabilité financière. Ils se sont aussi entendus sur un pendant de sécurité publique: les organismes canadiens et chinois chargés de l’application de la loi travailleront ainsi ensemble pour mieux lutter contre le trafic de stupéfiants, la criminalité transnationale, la cybercriminalité, les drogues synthétiques et le blanchiment d’argent damant le pion à Donald Trump lui-même.

    Face à la force brutale américaine dont le monde est témoin depuis Janvier, les Chinois ouvrent leurs frontières avec un gant de velours commercial, diplomatique et culturel. Cet élément est du jamais vu de mémoire occidentale. La folie de Trump va conduire à un nouvel ordre mondial en défaveur des Etats-Unis, si ces derniers continuent dans leur brutalité.

    Mark Carney sait ce qu’il veut. Il ne veut pas se retrouver dans la même situation que le Groenland ou le Venezuela. C’est certainement un joueur d’échec et il vient de bouger sa tour.

    A suivre donc.

  • Trump, le Groenland et le retour du destin manifeste

    En proposant avec insistance de racheter le Groenland, Donald Trump s’inscrit dans la grande tradition expansionniste américaine. Depuis les 13 colonies originelles, révoltées contre la Couronne britannique (guerre d’indépendance de 1776, reconnue par le traité de Paris de 1783), les États-Unis se sont construits par agrégations successives de territoires, souvent au détriment d’autres peuples.

    Cette dynamique repose sur la doctrine du destin manifeste : l’idée que l’expansion des États-Unis serait inévitable, juste et bénéfique, même lorsqu’elle implique la guerre, l’achat forcé de territoires ou la dépossession de populations autochtones. Elle se fonde sur une conviction de supériorité morale : les Américains seraient porteurs de liberté, de démocratie et de progrès, tandis que les autres peuples seraient perçus comme « arriérés » ou « illégitimes », justifiant expropriations, déportations et violences.

    Premier grand jalon : l’achat de la Louisiane à la France en 1803. Ce territoire immense, contrôlant tout le bassin du Mississippi, est vital pour les fermiers de l’Ouest qui dépendent du port de La Nouvelle-Orléans pour exporter. Napoléon Bonaparte, désireux de bâtir un empire colonial américain, se heurte cependant à l’échec de Saint-Domingue (révolte de Toussaint Louverture, ravages de la fièvre jaune) et a besoin de liquidités pour financer ses guerres européennes. Thomas Jefferson n’envisageait d’acheter que La Nouvelle Orléans. La France propose finalement l’ensemble de la Louisiane. Pour 15 millions de dollars, les États-Unis doublent leur superficie. Le Sénat ratifie l’accord en 1803 : l’Amérique devient une puissance continentale.

    Vient ensuite la Floride, intégrée par le traité Adams-Onís (1819). Région instable, refuge des Séminoles et d’esclaves en fuite (les « marrons », d’où le terme cimarrón), elle menace la sécurité de la Géorgie et contrôle l’accès au golfe du Mexique. Après une invasion américaine menée par Andrew Jackson et une résistance espagnole symbolique, Washington accepte de reprendre 5 millions de dollars de dettes espagnoles. La Floride devient officiellement américaine en 1821. Les Séminoles résistent lors de trois guerres, payant un lourd tribut : massacres, déportations vers l’Oklahoma ou repli dans les Everglades.

    Autre acquisition majeure : l’Alaska, acheté à la Russie en 1867 pour 7,2 millions de dollars. Affaiblie par la guerre de Crimée, incapable de défendre ce territoire face aux Britanniques, la Russie préfère vendre à un pays ami. Longtemps moquée comme la « folie de Seward », cette acquisition se révélera stratégique et extraordinairement riche en ressources.

    La guerre américano-mexicaine (1846–1848) permet enfin aux États-Unis d’annexer la Californie, le Nevada, l’Utah, le Nouveau-Mexique, l’Arizona et de consolider le Texas. Le dernier État intégré sera Hawaï, annexé en 1898 puis admis comme État en 1959.

    Donald Trump opère ainsi un retour explicite à une logique coloniale forgée à une époque où le droit international était embryonnaire et l’impérialisme largement admis. Cette logique a causé d’immenses dégâts aux peuples conquis, mais aussi aux puissances colonisatrices elles-mêmes : les États-Unis se sont heurtés à de sérieux échecs aux Philippines, à Cuba et à Porto Rico lorsqu’ils ont tenté d’imposer ce modèle.

    Trump va toutefois au-delà de la doctrine Monroe ou du “bon voisinage” rooseveltien. Son approche (« Donroe ») est avant tout économique (pétrole, terres rares, routes arctiques), l’argument démocratique ayant disparu. Plus grave encore, il menace indirectement un pays membre de l’OTAN, le Danemark, fragilisant l’Alliance atlantique elle-même.

    Dans un monde désormais structuré autour de plusieurs pôles impériaux – États-Unis, Chine, Russie, Europe –, la nécessité pour l’Europe de nouer rapidement des alliances hors de ces blocs devient cruciale.

    A suivre donc.

  • Derrière Trump, les lobbies pétroliers du golfe du Mexique

    Au moins, Donald Trump a été clair. Son action au Venezuela a été mue par la volonté de ses partenaires pétroliers américains, particulièrement texans et du golfe du Mexique, de récupérer la main mise perdue sur le pétrole vénézuélien. Pourquoi particulièrement ce pays et ce pétrole dans la mesure où les USA sont devenus le premier producteur de pétrole au monde?

    Le Venezuela est le premier pays au monde en termes de réserves: 300 milliards de barils dans son sous-sol, bien au delà de l’Arabie Saoudite. Mais son pétrole est ce qu’on appelle un pétrole lourd, non conventionnel, alors que celles de l’Arabie Saoudite est un pétrole léger bien plus facile à exploiter. Le pétrole lourd est utilisé pour le bitume, le gazoil, le fuel et la construction.

    Le pétrole lourd est difficile à exploiter car il faut les diluer avec du brut extra léger souvent importé du Nigéria, pour permettre sa circulation dans les pipelines. De plus il est jugé comme acide, abîmant ainsi les installations de raffinage et nécessitant beaucoup d’entretien.

    Dans les années 1990, plusieurs consortiums avaient été signés entre le Venezuela et les grandes entreprises pétrolières occidentales (Total, British Petroleum, Exxon MobileChevron Texaco et Conoco Philips). Depuis que Hugo Chavez a sorti en 2007 les compagnies américaines du Venezuela en nationalisant la production, les raffineries ne marchent plus trop. Les barils qui sortent de ces raffineries vont de plus en Chine à prix bas.

    En parallèle, on apprend que ces entreprises pétrolières sorties du Venezuela avaient énormément investi dans ce pays et leur départ avait créé un traumatisme. Les usines du golfe du Mexique avaient été construites pour raffiner ce pétrole lourd et elles tournent aujourd’hui à vide ou presque du fait de la forte expansion du pétrole de schiste qui a donné aux USA sa première place mondiale.

    N’oublions pas que le Golfe du Mexique avait été rebaptisé Golfe de l’Amérique au tout début du mandat de Trump. Donc les pétroliers de la région sont chers à son cœur.

    Il faudrait savoir si TotalEnergie, qui était présent avant 2007, a voix à ce nouveau chapitre vénézuélien. Si c’était le cas, on comprendrait mieux pourquoi Emmanuel Macron a été si doucereux dans ses réactions anti Trump lors de l’arrestation de Maduro. Sans compter le million de Français présents dans la région.

    A suivre donc.

  • Groenland: David contre Goliath

    L’appétit de Donald Trump et l’application de sa nouvelle théorie « Donroe » ( en référence à la doctrine Monroe de 1823 sur la politique étrangère des USA) n’ont plus de limites spatiales ni temporelles. Dans 20 jours, il en parle, et dans deux mois, il attaque le Groenland et la terre des Inuits ( que nous appelions dans le temps les Esquimaux). Cela a de fait réveillé les ardeurs indépendantistes de ces derniers, comme la chanteuse Björk, qui vient de demander le statut de terre indépendante pour son pays.

    Cette terre si froide et a priori inhospitalière fait pourtant rêver. C’est Erik le Rouge, Islandais d’origine norvégienne, banni d’Islande pour meurtre, qui s’installe avec sa femme et sa tribu (d’esclaves). C’est une terre de glaciers, de montagnes et de cayons enneigés et d’icebergs. Les explorateurs français le connaissent bien et nous ont fait rêver en racontant leurs périples: Paul Emile Victor, explorateur et ethnologue, qui a donné son nom à un mont du Groenland; Jean Baptiste Charcot, médecin, sportif, navigateur et explorateur, qui fit nombre d’expéditions en Antarctique et enfin Jean Malaurie, géographe, explorateur, qui a été le premier avec un Inuit à atteindre le Pôle Nord géomagnétique et qui découvrit une base secrète américaine pour accueillir des bombardiers nucléaire à Thulé, thème de son livre « les derniers rois de Thulé ».

    D’après l’Institut technique du Danemark, la vitesse de la fonte des glaciers du Groenland a été multipliée par quatre entre 2003 et 2013 donnant ainsi aux personnes peu scrupuleuses de la planète des velléités d’invasion. En effet le premier intérêt, y compris pour les USA, est l’eau. Une telle masse en fonte pour irriguer des zones qui se désertifient de plus en plus est une véritable aubaine pour les USA. La deuxième est bien sûr le sous sol (pétrole, gaz, or, fer, diamant, uranium, zinc, plomb) et les terres rares. Néodyme, dysprosium, praséodyme sont encore sous exploités et sont nécessaires pour les éoliennes, voitures électriques, smartphones.

    Enfin sa situation géographique, stratégique pour le contrôle de l’Arctique, lui a valu déjà quelques offensives américaines. Vladimir Poutine regarde cela de très près car il considère la Russie comme la plus grande puissance de l’Arctique et sait qu’au cours des dix années passées, le trafic de marchandises sur la Route maritime du Nord Sevmorput, du détroit de Kara à celui de Béring, n’a cessé de croître   » de seulement 4 millions de tonnes de marchandises en 2014, soit tout récemment encore, nous sommes passés l’an dernier à près de 38 millions de tonnes — cinq fois plus que le record jamais enregistré sous l’Union soviétique. Nous estimons, et nous n’avons aucune raison de penser le contraire, que ce volume atteindra les 70 à 100 millions de tonnes aux environs de l’année 2030″ ( V.Poutine Mars 2025 à Mourmansk). Il sait aussi que le Russie a la plus grande base de brise glace et qu’il doit s’assurer que cette route maritime soit sécurisée.

    Donc le Groenland qui une terre autonome du Danemark, habitée par des Inuits, dont la terre est désirée par un prédateur puissant, les USA, se trouve actuellement dans une posture délicate. Ce pays va être le centre d’un jeu stratégique entre les USA, la Russie, l’Europe via le Danemark et l’Otan, qui est la menace première de la Russie. Sans compter la Chine qui a aussi un intérêt majeur a contrôler la région arctique.

    Donc souhaitons du courage à Bjork, qui vent de réclamer l’indépendance du Groenland. Bon courage aux formidables Inuits qui ont déjà eu à souffrir des mauvais traitements occidentaux et souhaitons que Trump ne mette pas le monde à feu et à sang. L’eau de l’Arctique ne suffirait pas à éteindre ce feu.

    A suivre donc.

  • Dans l’œil de Trump: le Vénézuéla

    Comme dans les films! Enlevé en pleine nuit avec sa femme, Nicola Maduro est aujourd’hui dans les mains de la CIA de Trump. Donald Trump accuse depuis longtemps le chef de l’État vénézuélien d’être impliqué dans le narcotrafic et de diriger un cartel responsable de l’afflux de cocaïne vers le territoire américain. Mais qui est Maduro et pourquoi Donald Trump s’y est-il intéressé?

    En Aout dernier, Pam Bondi, la ministre américaine de la Justice a décidé de porter la récompense contre Maduro à 50 millions de dollars, somme qui ne pouvait jusqu’à lors n’être destinée qu’aux terroristes d’Al Qaïda. D’après les sources américaines, le régime vénézuélien a tissé des liens avec les FARCS, mouvement rebelle colombien dont le trafic de drogue est devenu au cœur de leur activité.

    Cette accusation vient du fait que Hugo Chavez en 2005 a interdit l’accès du pays à l’agence antidrogue américaine, la DEA. Par ailleurs, l ‘affaire des “neveux narcos”. Efraín Antonio Campo Flores et Franqui Francisco Flores de Freitas, neveux de Cilia Flores, l’épouse de Nicolás Maduro, interpellés en Haïti alors qu’ils tentaient d’acheminer clandestinement 800 kilos de cocaïne vers les États-Unis laisse supposer une connivence au plus haut niveau.

    Est-il le patron du cartel de los Soles, dont le nom viendrait des soleils figurant sur les épaulettes des généraux vénézuéliens? Les Américains en sont convaincus, d’où la mise à prix de 15 millions de dollars pour le ministre de la défense Vladimir Padrino Lopez. Pourtant il semblerait que le Vénézuéla n’est pas forcément la place forte du narco trafic, mais plus une zone de transport.

    Par contre Le Venezuela possède des richesses naturelles exceptionnelles, parmi les plus importantes au monde, mais largement sous-exploitées ou mal gérées. Du pétrole et de l’or dans l’Orénoque, du gaz off shore et terrestre, du fer, du coltan ( stratégique pour l’électronique), cuivre, nickel, diamants, hydroélectricité. Donc un pays très tentant pour appliquer une stratégie américaine de nearshoring ( pays partenaires qui ont des coûts de main d’œuvre moindres et des activités complémentaires).

    Mais difficile de communiquer avec Maduro, dont les activités et les modes de rétorsion ( cf Ronald Oreja, dissimulé apparemment vivant dans une valise enfouie sous une couche de béton fraîchement coulée qui aurait subi des sévices et serait décédé par asphyxie) sont discutables.

    Par ailleurs, la nouvelle détentrice du Prix Nobel de la Paix 2025 n’est-elle pas Maria Corina Machado, opposante à Maduro? N’a t-elle pas ruiné les rêves de Donald Trump d’avoir lui-même ce prix et ne lui a-t-elle pas écrit dès l’acceptation de son prix? Donald Trump n’a t il pas dit: « qu’elle me donne son prix alors ».

    Suivons donc ce qu’il va se passer au Vénézuéla. Qui va remplacer Maduro? Quel est le deal? Et qui sera le prochain prix Nobel de la Paix?

    Enfin, sur le plan pur du droit international, peut-on faire fi des règles? Enlève-t-on des dirigeants par simple deal? Que dirons-nous quand la Chine envahira Taïwan?

    A suivre donc.

  • Désintégration des Satellites Starlink : Nouvel Avenue pour la Sécurité Orbital

    La société SpaceX, dirigée par Elon Musk, lance une manœuvre sans précédent pour faire descendre 4 400 satellites de la constellation Starlink. De 550km où ils se trouvaient, ils vont descendre à 480 km de la terre. Cette opération très délicate est mue par des problèmes de sécurité, mais soulèvent aussi de gros problèmes techniques, géopolitiques planétaires.

    Un satellite de la constellation Starlink a explosé en Décembre posant des problèmes d’interférences de satellites en orbite et des risques pour d’autres missions. En les faisant s’approcher de la surface de l’atmosphère, Musk mise sur une désintégration plus rapide des satellites défectueux et se désintégrant au contact de l’atmosphère. Les débris resteront ainsi moins longtemps en orbite ( avec le risque d’abîmer les autres satellites), réduisant l’engorgement orbital de 80% et permettant l’introduction de nouveaux satellites plus rapidement.

    Space X tient la corde dans l’orbites basse avec 10000 satellites et reste le leader dans les télécommunications spatiales avec son service Direct to cell. Tout comme pour Tesla, ce leadership est attaqué aujourd’hui par la concurrence: Reuters, Eutelsat et les chinois Guowang ou Tianfan.

    Space X communique sur le fait qu’ils prennent leurs responsabilités, dans la mesure où les débris qui restent en orbite basse ( jusqu’à 4 ans contre quelques mois à 480 km ) créent de la pollution lumineuse. C’est un fait. Par contre, personne ne communique sur la pollution de milliers de satellites qui se désagrègent dans l’atmosphère terrestre. Lorsqu’un satellite brûle dans l’atmosphère, il libère des particules métalliques, d’aluminium. Comment tout cela va-t-il être géré?

    Le cadre juridique spatial date des années 60 et 70 dans le cadre des Nations Unies, marqué aussi par un contexte de guerre froide. Les pays doivent adapter leurs législations en fonction de ce cadre. L’Obama Space de 2008 donne la possibilité aux entreprises spatiales américaines de l’exploitation commerciale des ressources des corps célestes.

    Il reste énormément de sujets juridiques à débattre face à l’affluence des engagements commerciaux existants ( cf Katy Perry dans l’espace avec Mme Bezos) ou à venir, géopolitiques, sécuritaires, organisationnels. Si nous ne faisons pas attention, notre espace va être phagocyté par des géants américains et chinois sans vergogne aux intentions douteuses. il faut donc se réveiller.

    A suivre donc.

    https://www.lesnumeriques.com/astronomie-conquete-spatiale/spacex-abaisse-4-400-satellites-en-urgence-la-course-contre-la-catastrophe-spatiale-a-commence-n248902.html

  • Chasse à courre : le dernier combat de Brigitte Bardot contre une pratique jugée cruelle

    Aujourd’hui, Brigitte Bardot nous a quitté. Celle qui a défendu toute sa vie la cause animale n’avait qu’un souhait pour sa mort: que la France arrête la chasse à courre. Nous n’avons pas le pouvoir de le faire individuellement, mais nous avons le pouvoir de nous exprimer sur le sujet et de signer des pétitions.

    Plusieurs sondages indiquent que la majorité des Français est hostile à la chasse à courre. Par exemple, au moins 72 % des personnes sondées se disent contre son maintien. Brigitte Bardot dénonçait une pratique sauvage et rappelait que la France restait le seul pays avec l’Irlande à maintenir cette pratique.

    Les associations de protection animale dénoncent le stress intense et la souffrance infligés aux animaux poursuivis pendant des heures jusqu’à épuisement. Contrairement à un tir immédiat, la chasse à courre repose sur une traque pouvant durer plusieurs heures. L’animal (cerf, chevreuil, sanglier, renard) est poursuivi sans interruption par une meute, sans possibilité de comprendre quand la menace cessera.

    La poursuite déclenche une réponse de stress aigu maximal comme la libération massive d’adrénaline et de cortisol, l’accélération cardiaque et respiratoire, la mobilisation totale de ses réserves énergétiques. Chez certains animaux, cette surcharge peut provoquer un épuisement physiologique, une acidose musculaire, un collapsus circulatoire et parfois la mort avant même la mise à mort finale.

    Sous stress intense, les animaux peuvent traverser des routes et se faire renverser ou chuter dans des ravins. Enfin au moment de l’hallali, l’animal est arrêter par la meute, dans un stress incroyable.

    Il y a certes moins d’animaux tués par la chasse à courre ( environs 4000) que par la chasse normale, toutefois les méthodes comme le stress de l’animal avant de mourir en font une pratique insupportable. Les 30 000 chiens et 7000 chevaux que l’on associe à cette barbarie ne s’en porteront que mieux. Quant aux 10 000 veneurs ( pratiquants de chasse à courre), ils iront faire du cheval dans les forêts si cela les amuse.

    A suivre donc.

    Pétition contre la chasse à courre

    https://www.leslignesbougent.org/petitions/ensemble-pour-abolir-la-chasse-a-courre-appuyons-le-combat-de-brigitte-bardot-21460/

  • Nestlé: le scandale de l’eau du Gard ne perturbera pas les municipales

    Le préfet du Gard vient d’autoriser Nestlé Waters à continuer l’exploitation de deux forages de son site de Vergèze, sous le label prestigieux d’ »eau minérale naturelle ». L’arrêté, tout en constatant des contaminations répétées, donne un sursis de 24 mois à Nestlé sous réserve d’un « contrôle sanitaire et d’une surveillance renforcée de la qualité microbiologique et physico-chimique de l’eau brute ».

    Nestlé Waters (Perrier, Vittel, Contrex, Hépar…) est accusé d’avoir traité illégalement des eaux présentées comme “minérales naturelles”, alors que la réglementation européenne l’interdit strictement. Les enquêtes ont mis en évidence du Charbon actif, des Micro-filtrations fines et des Traitements UV. Ces procédés sont autorisés pour l’eau du robinet, mais interdits pour l’eau minérale naturelle.

    Selon la loi, une eau minérale naturelle ne doit subir aucun traitement qui modifie son caractère microbiologique. Nestlé a admis avoir utilisé des procédés interdits pour assurer la sécurité sanitaire de ses produits. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a engagé plusieurs actions en justice : plainte contre plusieurs responsables politiques passés/présents (dont Agnès Pannier-Runacher, Roland Lescure, Aurélien Rousseau, Agnès Firmin-Le Bodo) pour analyser le rôle de l’État dans la gestion de l’affaire; plainte pénale contre Nestlé Waters pour pratiques commerciales trompeuses, falsifications et tromperies aggravées,

    Un tribunal français a refusé de retirer les produits Perrier des rayons ou leur appellation eau minérale naturelle, estimant qu’il n’était pas démontré qu’il existait un risque sanitaire imminent. Nestlé peut donc continuer à commercialiser l’eau avec cette désignation. La plainte déposée contre plusieurs ministres a été classée sans suite par la Cour de justice de la République, faute d’indices suffisants dans les documents produits pour impliquer personnellement les responsables politiques visés.

    A trois mois des municipales, le site peut continuer l’exploitation ce qui assure à la région du Gard une aubaine économique appréciable.

    A suivre donc.

  • Accord Mercosur : Un Répit pour les Agriculteurs Français

    Le Président Macron a eu de la chance sur ce coup là! La signature du Mercosur en plein milieu de la révolte des agriculteurs aurait été une catastrophe. Le report en Janvier laisse un peu de répit et va permettre de négocier un peu plus, notamment peut être sur les clauses miroirs ( cf article https://humanfirsts.blog/2025/11/11/mercosur-le-cauchemar-des-francais/ )..

    Cet accord reste tout de même intéressant pour certaines filières industrielles, viticoles qui souffrent actuellement des droits de douane américains et chinois. Ces pays représentent 270 Millions d’habitants et un PIB de 2700 Milliards d’Euros.

    L’instabilité géopolitique aussi est un stress constant pour les producteurs. Notamment celle de Donald Trump qui menace tous les jours de nouvelles taxes qui pénaliseraient nos producteurs.

    L’accès aux ressources minières et aux terres rares est aussi un élément très intéressant au moment où la Chine sert la vis des terres rares en ne livrent celles ci que sous conditions particulières ( cf https://humanfirsts.blog/2025/10/11/chine-lempire-des-terres-rares/ ).

    Le Brésil a d’énormes ressources de fer, mais aussi d’or, aluminium, manganèse, nickel, bauxite. Elle possède 20 à 25% de terres rares. L’Argentine fait partie du Triangle du lithium (avec le Chili et la Bolivie) et possède l’un des plus grands gisements mondiaux. Notre dépendance à ces minerais fait que nous devons nous entendre pour réduire notre dépendance.

    Mais nous sommes bien loin de la protection de nos belles vaches et de la qualité de ce que nous mangeons. C’est pourquoi la nécessité d’intégrer les clauses miroirs dans l’accord du Mercosur est crucial.

    A suivre donc.

  • Olympe, Simone, Gisèle sont-elles des « sales connes »?

    Merci Brigitte Macron d’avoir repolarisé le débat en France contre la violence faite eux femmes. L’approche n’était pas orthodoxe, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais tout le monde parle à nouveau des violences aux femmes à une période où elles sont plutôt oubliées. On est loin d’Olympe de Gouges, de Simone Weil.

    La femme du Président de la République est en droit bien sûr de penser que les féministes sont des « sales connes  » et qu’il faut les « foutre dehors » pour aider son ami Ary Abittan, ayant eu un non-lieu pour viol. Mais il faut éviter les caméras, car ces propos deviennent publics surtout quand l’agence Bestimage dont la patronne Mimi Marchand, ayant fait de la prison pour détention de cannabis,  mise en examen depuis 2021 pour « subordination de témoin » et «association de malfaiteurs « dans l’ affaire de la fausse rétractation de Ziad Takeddine concernant ses témoignages dans l’affaireSarkozy Kadhafi , amie du couple présidentiel filme et envoie la vidéo sur internet.

    On est loin d’Olympe de Gouge, qui en 1791 publiait une déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, dans laquelle elle remet en cause la pratique de l’autorité masculine et prêche l’égalité Homme Femme. Quelle idée de « sale conne »! On pense aussi à Hubertine Auclert qui créé la Ligue française pour le droit des femmes, premier parti féministe soutenant le droit de vote des femmes , avec pour Président d’Honneur Victor Hugo. Tous les deux sont des « sales connes ». Militant pour le droit de vote, Louise Weiss, alsacienne, se présente symboliquement aux élections municipales de Montmartre en 1935. Elle utilise des cartons à chapeaux comme urne et recueille 18000 votes. Aux élections de 1936, elle envoie des chaussettes aux sénateurs avec une inscription « Même si vous nous donnez le droit de vote, vos chaussettes seront raccommodées » . Bref que des actions de « sales connes ».

    Les années 70 voient l’arrivée de féministes qui soutiennent la libération sexuelle. Toutes de sales connes ces Antoinette Fouque qui parlait de féminitude, Christine Delphy qui parlait d’ oppression domestique comme système économique, Gisèle Halimi qui défendait les femmes face aux violences des hommes, Simone Veil qui en vrai sale conne est venue dans l’assemblée, emplie d’hommes sarcastiques, défendre le droit à l’avortement, Simone de Beauvoir et son Deuxième sexe et le manifeste des 343 ( sales connes?) .

    Et que dire du mouvement #metoo ou du #balancetonporc qui a mis en évidence des comportements douteux dans tous les milieux de la société et qui a libéré la parole des femmes.

    Beaucoup ont voulu les « foutre dehors » toutes ces sales connes, mais la démocratie française n’en a rien fait se permettant de grandir et d’ouvrir les portes aux femmes et à l’écoute de leurs douleurs.

    Et oui … le viol est un délit, quelquefois difficile à prouver même s’il existe. La violence et les coups sont des délits punissables par la loi. Et le féminicide, meurtre d’une femme par le seul mobile qu’elle est une femme, pour la détruire est un délit punissable par la loi.

    Donc merci à toutes ces femmes qui ont fait avancer le droit des femmes. Merci aux hommes qui les ont aidées et ne les ont pas foutues dehors. Et honte à celles et ceux qui s’enorgueillissent en public ou en privé de soutenir le parti des violeurs, qui eux ne sont pas masqués, car souvent ils ne risquent rien quand ils sont bien épaulés.

    A suivre donc.