Human First

Human First est un espace d’idées, de réflexion et de dialogue. Dans un monde en pleine mutation – bouleversé par les crises climatiques, les révolutions technologiques et les tensions sociales – nous faisons le choix de revenir à l’essentiel : l’être humain.

Engagée depuis 1997 pour une politique de progrès, fondée sur l’écologie, la justice sociale et le rassemblement républicain.

Manager internationale expérimentée spécialisée en alliances stratégiques et projets globaux internationaux. Experte en innovation, transition numérique et écologie appliquée (Cloud, IA, Smart Cities, décarbonation).

Aujourd’hui, les lycéens réclament des établissements dignes, des enseignants et des moyens. Le gouvernement leur répond par le mépris et les matraques. Invisibilisée dans une société obsédée par ses retraités, cette jeunesse refuse d’être sacrifiée. Elle veut apprendre, vivre et choisir son avenir. Écoutez-la avant que la colère ne devienne irréversible.

Si ce policier savait que son mail bidon avait soudé une génération au plan international. « Bismellah, c’est les ténèbres » avait-il écrit pour infiltrer les jeunes, les « frangins » comme il les appelait. Sauf que cela, « frangin » , c’est un mot de boomer, que même moi je ne dis plus. Pauvre policier qui n’en a pas fini de se faire chambrer.

De meilleures conditions de travail contre des lacrymogènes

En attendant, les lycéens sont extrêmement résilients et courageux. Depuis plus d’un mois, ils demandent à ce que leurs revendications soient écoutées avec respect et cela fait plus d’un mois qu’on leur envoie la police, armée jusqu’aux dents avec gaz lacrymogènes, grenades de désencerclement, canons à eau et bien sûr matraques. Voilà ce que c’est quand on a un gendarme à la tête du pays.

Cette révolte est vraiment hors norme car c’est la première révolte de jeunes qui veulent juste travailler dans de bonnes conditions: de meilleurs lycées, avec du chauffage, des profs, des infirmières, des salles de sport. Il n’y a pas de remise en cause du système, ni de l’autorité, à tel point que les professeurs se sont souvent joints à eux. Et les adultes du gouvernement leur disent NON et leur envoient les CRS.

Les révoltes passées contestaient l’autorité

Les révoltes étudiantes de 1968 étaient là pour changer le monde, renverser le patriarcat existant, contester les hiérarchies traditionnelles et l’autorité, remettre en cause les normes sociales et les modèles familiaux traditionnels. Tout devait être renversé, y compris le gouvernement. On peut comprendre la résistance des nantis et le refus de dire oui.

La loi Devaquet de 1986 est un épisode majeur de l’histoire des mouvements étudiants français. Elle s’est fait écho de certaines revendications de Mai 1968, notamment la défense de l’égalité d’accès à l’université. Cette loi permettait plus de souplesse dans la gestion des droits d’inscription, de l’organisation et les étudiants redoutaient des universités à deux vitesse . Ils refusaient une université à deux vitesse avec un risque de non reconnaissance des diplômes au plan national. La mort de Malek Oussekine, poursuivi par des gendarmes mobiles, arrête le mouvement. Le projet est retiré et le ministre débarqué.

La meilleure insertion des jeunes a été ratée

L’ombre de Malek Oussekine va planer toutes les manifestations suivantes impliquant des jeunes. Celles qui vont suivre vont souvent venir de projets essayant d’intégrer au rabais les jeunes dans la société: CIP ou SMiC Jeune ( inférieur au SMIC normal), CPE visant à donner plus de latitudes aux entreprises qui embauchent des jeunes, mais à leurs dépens. Cela partait d’une bonne intention mais était maladroit. Les deux projets ont été fort heureusement retirés rapidement.

Le mépris des adultes

On le voit dans ces manifestations. Un jeune n’est pas un écervelé atteint de « sida mental ». Il faut se rappeler de l’horrible éditorial en 1986 de Louis Pauwels dans Le Figaro, Le Monôme des Zombies. « C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l’atteignent. » Cette phrase écrite en pleine contagion du virus du SIDA où des personnes souvent homosexuelles mourraient dans des conditions atroces, était une ignomignie.

Les jeunes d’aujourd’hui connaissent l’environnement difficile que l’Europe connait. C’est pourquoi la stupidité et le caractère méprisant des propos de Philippe Juvin, demandant aux élèves de « retourner dans leurs écoles travailler dur car les petits Chinois, eux, ils travaillent » sont hors-sol.

Les jeunes d’aujourd’hui savent mieux que personne les risques qu’ils encourent et c’est pour cela, cher Monsieur Juvin, qu’ils sont dans la rue. Ils veulent avoir les armes pour se battre dans un monde meilleur où ils pourront avoir leur destin en main.

Le besoin d’exister des jeunes dans un monde qui vieillit

Ces jeunes ont besoin d’exister dans un pays qui vieillit, où on parle plus de retraites que de leur apprentissage ( qui a été abandonné). Ils explosent car on les invisibilise. Normal. Cette révolte est d’autant plus juste que leurs parents les approuvent, ainsi que leurs professeurs.

Ne voyez-vous pas M.Lecornu, M.Nunez que vous allez finir tous seuls une grenade à la main. Vous aurez la France entière contre vous. Pourquoi avez-vous laissé filer le mouvement en les accusant dès le début et en politisant. Vous êtes responsables du gouffre dans lequel le mouvement s’étend. En espérant qu’aucun drame n’arrive.

Il est toujours temps de reculer et d’écouter les manifestants. Ce n’est pas honteux.

Alors « Bismellah, c’est les ténèbres », mais on vous souhaite, chers jeunes, plutôt un avenir d’aura radieuse.

A suivre donc.

Posted in , , ,

Votre commentaire