Human First

Human First est un espace d’idées, de réflexion et de dialogue. Dans un monde en pleine mutation – bouleversé par les crises climatiques, les révolutions technologiques et les tensions sociales – nous faisons le choix de revenir à l’essentiel : l’être humain.

Engagée depuis 1997 pour une politique de progrès, fondée sur l’écologie, la justice sociale et le rassemblement républicain.

Manager internationale expérimentée spécialisée en alliances stratégiques et projets globaux internationaux. Experte en innovation, transition numérique et écologie appliquée (Cloud, IA, Smart Cities, décarbonation).

À la suite de la prise de position de Mathilde Panot, députée de La France insoumise, sur le bien-fondé d’Octobre Rose, et des réactions virulentes suscitées sur les réseaux sociaux par le mouvement Octobre Rose en colère, nous nous devions de regarder cette campagne de plus près.

Bien sûr, la sensibilisation au cancer du sein, la prévention, le dépistage et le financement de la recherche sont essentiels. Chaque année, des milliers de femmes sont touchées par cette maladie, et leur combat, comme celui de leurs proches, mérite toute notre attention.

Mais au-delà du ruban rose, des courses solidaires et des campagnes médiatiques, quels sont les résultats concrets d’Octobre Rose ? La mobilisation permet-elle réellement d’améliorer le dépistage et de faire progresser la recherche ? Les sommes collectées sont-elles transparentes et à la hauteur des enjeux ?

Quels types d’action?

Il y a beaucoup d’actions lors de ce mois qui permettent de récupérer de l’argent pour cette maladie. On peut noter les actions du magasin Leclerc qui ont communiqué en 2024 et 2025 sur les résultats respectifs de 2.8M d’euros et 3.7millions d’euros donnés à la Ligue contre le Cancer..

De son côté , Decathlon annonce une collection « Bougeons en Rose », commercialisée du 22 septembre au 7 novembre 2026. Selon l’enseigne, 30 % du chiffre d’affaires généré par cette sélection seront reversés à la Ligue contre le cancer.

Des villes comme Clermont ont organisé des évènements comme Clermont en rose qui a récolté l’an dernier 150keuros. D’autres comme Paris se focalisent sur la prévention avec des mammographies sans rendez-vous à l’Hôtel Dieu. Un peu léger pour le coup…

Les résultats sont-ils transparents?

La moindre des choses que l’on puisse dire c’est NON. Ponctuellement les entreprises peuvent communiquer leurs résultats. Mais aucun récapitulatif n’est fait au plan national comme local, ce qui donnerait une vision claire de la progression.

Idem sur les produits achetés, il peut exister beaucoup de Pinkwashing. un coup de peinture rose et nous voilà dans le mouvement du business généré par ce fantastique effet de marketing.

Nous devons nous demander qui reçoit l’argent, combien est versé et comment ( en pourcentage, en montant net) et surtout quels sont les investissements faits derrière. Car nous sommes bien dans une opération de santé publique avec une maladie que l’on doit prendre au sérieux et éviter les dérives marketing.

Cela a-t-il un effet sur le dépistage et la réduction du cancer?

Le dépistage organisé du cancer du sein concerne les femmes âgées de 50 à 74 ans, qui sont invitées à réaliser une mammographie tous les deux ans. Hors selon les données de Santé Publique France, il semblerait que le dépistage a stagné voire réduit depuis 2022 passant de 46,6 à 45,7%. Sans Octobre rose, le résultat serait peut-être pire.

Selon Santé publique France, 61 214 nouveaux cas ont été estimés en France métropolitaine en 2023. La mortalité, quant à elle, diminue depuis les années 1990, tandis que l’incidence continue d’augmenter. La survie nette à cinq ans atteint 88 % pour les personnes diagnostiquées entre 2010 et 2015 dans les zones couvertes par les registres étudiés. Ces chiffres traduisent des progrès importants dans la prise en charge, mais aussi la persistance d’un problème sanitaire considérable.

Pour mesurer l’efficacité propre d’Octobre Rose, il faudrait disposer d’indicateurs permettant de comparer les comportements avant et après les campagnes, d’évaluer le nombre de dépistages supplémentaires qui leur sont attribuables et de suivre les effets dans le temps.

Il faudrait également connaître précisément les sommes collectées chaque année, leur affectation et les résultats des projets financés.

Octobre rose: dépistage oui, mais origines du cancer pas encore

Dernier point mais non des moindres sur l’origine du cancer. Beaucoup de questions restent en suspens , en particulier pourquoi la France fait partie des pays européens où l’incidence du cancer du sein est élevée. Une étude publiée en 2025 dans la revue Imagerie de la Femme souligne que le nombre de nouveaux cas a fortement augmenté depuis les années 1980 et que l‘incidence ( nombre de nouveaux cancers diagnostiqués) française figure parmi les plus élevées d’Europe.

A-t-on communiqué suffisamment avec les femmes pour expliquer les risques lié à une surexposition hormonale, à une prédisposition génétique, au poids, au manque d’exercice physique etc. on peut pousser les femmes au diagnostic, mais ont-elles tout simplement accès aux soins partout en France? A-t-on réellement fait un ratissage de tous les chemins de France pour expliquer aux femmes ce qu’est le cancer et pourquoi il faut faire le dépistage.

Compte tenu du résultat, il est clair que les efforts n’ont pas été suffisants et cet Octobre rose nécessaire patine du fait d’un manque de structuration de la prévention.

PFAS et cancer

Mathilde Panot et Octobre rose en colère mettent en cause des industries pharmaceutiques qui auraient intérêt d’un côté à développer les produits chimiques intégrant des PFAS ( polluants éternels)et de l’autre des médicaments qui soignent le cancer. Pompier pyromane.

Elles ont raison d’alerter en ce sens qu’il est difficile d’aller acheter des médicaments à ceux qui nous détruisent la santé. Un travail d’éthique est à faire.

Toutefois on ne peut arrêter une campagne qui permet de soulever des fonds et de parler de prévention car un problème reste en suspens.

L’avis de Human First

Octobre rose est bien sûr à maintenir mais en demandant des indices de succès, un suivi des sommes engagées en les rendant publiques, des comptes à ceux qui arborent le ruban rose ( quel est votre engagement) afin que cela ne devienne pas un pinkwashing.

Le combat en France doit être renforcé pour que les déclarations de cancer ( incidence) réduisent de façon drastiques. La encore, une réduction de l’incidence réduira le cancer et donc son coût.

Car il est plus facile d’arborer un petit ruban rose que d’établir un plan de prévention des cancers du sein au niveau national.

A suivre donc…

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