Human First

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Engagée depuis 1997 pour une politique de progrès, fondée sur l’écologie, la justice sociale et le rassemblement républicain.

Manager internationale expérimentée spécialisée en alliances stratégiques et projets globaux internationaux. Experte en innovation, transition numérique et écologie appliquée (Cloud, IA, Smart Cities, décarbonation).

Groenland: David contre Goliath

L’appétit de Donald Trump et l’application de sa nouvelle théorie « Donroe » ( en référence à la doctrine Monroe de 1823 sur la politique étrangère des USA) n’ont plus de limites spatiales ni temporelles. Dans 20 jours, il en parle, et dans deux mois, il attaque le Groenland et la terre des Inuits ( que nous appelions dans le temps les Esquimaux). Cela a de fait réveillé les ardeurs indépendantistes de ces derniers, comme la chanteuse Björk, qui vient de demander le statut de terre indépendante pour son pays.

Cette terre si froide et a priori inhospitalière fait pourtant rêver. C’est Erik le Rouge, Islandais d’origine norvégienne, banni d’Islande pour meurtre, qui s’installe avec sa femme et sa tribu (d’esclaves). C’est une terre de glaciers, de montagnes et de cayons enneigés et d’icebergs. Les explorateurs français le connaissent bien et nous ont fait rêver en racontant leurs périples: Paul Emile Victor, explorateur et ethnologue, qui a donné son nom à un mont du Groenland; Jean Baptiste Charcot, médecin, sportif, navigateur et explorateur, qui fit nombre d’expéditions en Antarctique et enfin Jean Malaurie, géographe, explorateur, qui a été le premier avec un Inuit à atteindre le Pôle Nord géomagnétique et qui découvrit une base secrète américaine pour accueillir des bombardiers nucléaire à Thulé, thème de son livre « les derniers rois de Thulé ».

D’après l’Institut technique du Danemark, la vitesse de la fonte des glaciers du Groenland a été multipliée par quatre entre 2003 et 2013 donnant ainsi aux personnes peu scrupuleuses de la planète des velléités d’invasion. En effet le premier intérêt, y compris pour les USA, est l’eau. Une telle masse en fonte pour irriguer des zones qui se désertifient de plus en plus est une véritable aubaine pour les USA. La deuxième est bien sûr le sous sol (pétrole, gaz, or, fer, diamant, uranium, zinc, plomb) et les terres rares. Néodyme, dysprosium, praséodyme sont encore sous exploités et sont nécessaires pour les éoliennes, voitures électriques, smartphones.

Enfin sa situation géographique, stratégique pour le contrôle de l’Arctique, lui a valu déjà quelques offensives américaines. Vladimir Poutine regarde cela de très près car il considère la Russie comme la plus grande puissance de l’Arctique et sait qu’au cours des dix années passées, le trafic de marchandises sur la Route maritime du Nord Sevmorput, du détroit de Kara à celui de Béring, n’a cessé de croître   » de seulement 4 millions de tonnes de marchandises en 2014, soit tout récemment encore, nous sommes passés l’an dernier à près de 38 millions de tonnes — cinq fois plus que le record jamais enregistré sous l’Union soviétique. Nous estimons, et nous n’avons aucune raison de penser le contraire, que ce volume atteindra les 70 à 100 millions de tonnes aux environs de l’année 2030″ ( V.Poutine Mars 2025 à Mourmansk). Il sait aussi que le Russie a la plus grande base de brise glace et qu’il doit s’assurer que cette route maritime soit sécurisée.

Donc le Groenland qui une terre autonome du Danemark, habitée par des Inuits, dont la terre est désirée par un prédateur puissant, les USA, se trouve actuellement dans une posture délicate. Ce pays va être le centre d’un jeu stratégique entre les USA, la Russie, l’Europe via le Danemark et l’Otan, qui est la menace première de la Russie. Sans compter la Chine qui a aussi un intérêt majeur a contrôler la région arctique.

Donc souhaitons du courage à Bjork, qui vent de réclamer l’indépendance du Groenland. Bon courage aux formidables Inuits qui ont déjà eu à souffrir des mauvais traitements occidentaux et souhaitons que Trump ne mette pas le monde à feu et à sang. L’eau de l’Arctique ne suffirait pas à éteindre ce feu.

A suivre donc.

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Une réponse à « Groenland: David contre Goliath »

  1. Avatar de Trump, le Groenland et le retour du destin manifeste

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