Je cherchais à savoir où en étaient les arrestations des gens de la Global Summud Flotilla et impossible d’avoir des infos sur les chaines TV nationales, comme si , depuis que le gouvernement les avaient condamnés par un tweet incendiaire, sans compassion aucune, ces chaines avaient peur de froisser qui que ce soit et décidaient de se taire sur le sujet, leur préférant l’implantation d’un supermarché dans un village de Corrèze.
Le journalisme en France a changé de nature. Il est régi par des intérêts différents que celui d’informer ou d’investiguer. Comment pourrait-il en être autrement? Quelle est la composition des entreprises qui nous informent?
Les propriétaires sont des milliardaires qui se « payent un journal » comme on se payait une actrice ou une danseuse à succès au XIXe siècle. Ils ont souvent des intérêts économiques dans tous les pays, y compris dans les moins avouables et traitent souvent avec des gouvernements ou des entreprises parapublics. Nous étions habitués depuis longtemps avec le Groupe Bouygues et TF1. Il semblerait que ce dernier ait fait des émules chez ses amis milliardaires.
C’est le cas de Vincent Bolloré, qui est un géant du transport international ( frêt , transport maritime et aérien) , un industriel dans les batteries au lithium et de la mobilité électrique ( Autolib à Paris), un agro-alimentaire ( huile de palme, hévéa) , emballages alimentaires plastiques , a investi dans la pub ( Havas) et bien sûr dans les médias ( Groupe Vivendi, Canal+, CNews, C8, CStar). Je passe sur son profil de droite identitaire, conservatrice et réactionnaire qui a bien évidemment le droit de s’exprimer. Par contre, quelle ligne éditoriale auront ses entreprises d’informations sur des sujets qui fâchent les gouvernants de ceux avec qui il est en négociation de licences portuaires, équipements de bus etc?
Le même problème existe avec le patron de CMA CGM, Rodolphe Saadé, qui vient de se payer BFMTV et Brut après avoir eu La Provence, Corse-Matin, La Tribune Dimanche. Quelle est son indépendance vis-à-vis d’un Trump, alors que dès son investiture Rodolphe Saadé se précipitait aux US auprès de son nouveau Président pour investir des milliards aux US. Va-t-on crtiquer Trump sur ses chaines? Certainement pas.
Et que dire de Bernard Arnault qui était invité à la maison Blanche pour l’investiture, lui a Les Échos, Le Parisien, Radio Classique et il vient de s’acheter Challenges, où il pourra aisément défendre s’il en était besoin la non taxation des plus riches. Daniel Kretenski milliardaire d’origine tchèque a Marianne, Télé 7 jours et Elle; François Pinault a Le Point et Patrick Drahi a Libération.
Seul Xavier Niel qui a aussi fait main basse sur la presse ( Le Monde, L’Obs, Télérama, France-Antilles) semble avoir laissé une ligne éditoriale indépendante. Mais pour combien de temps? N’est-il pas marié à la fille Arnault, le patron de LVMH?
Alors évidemment, se faire une opinion dans ce magma informationnel, mouvant en fonction des intérêts de chaque milliardaire est compliqué. D’autant que les seules presses indépendantes sont dans un créneau qui n’est pas forcément son choix éditorial car fortement teinté à gauche ( Mediapart, L’Humanité) ou très contestataire (Charlie Hebdo, Le Canard Enchainé).
Certains journalistes se regroupent dans des coopératives ou des associations , et c’est peut-être l’avenir comme Politis, Basta ou Reporterre. Et nous avons la presse en ligne nouvelle génération comme Blast, Konbini News, Disclose etc…
Ces jeunes pousses sont à aider par le financement du public et non gouvernemental, car là encore nous aurions un presse proche du pouvoir si ce dernier devait leur financer quoique ce soit.
Donc l’environnement est en train de changer mais il faut veiller au financement des jeunes pousses et éviter ou interdire trop de conflits d’intérêts comme c’est le cas actuellement.
Voir la position de Dominique de Villepin sur la « liberté de la presse »

Répondre à WF Annuler la réponse.