Paris n’avait jamais vu de bataille électorale aussi forte et particulière qu’en cette municipale de 2026. Le nombre de femmes et leur style est inédit sur Paris, habituée à faire des rois. Seule Anne Hidalgo, dans la lignée de Delanoë, avait réussi à gagner la capitale deux fois de suite ( 2014 et 2020) , permettant aux femmes de se projeter dans le rôle. C’est au moins un crédit qu’on peut lui rendre.
Dati, Knafo et Chikirou: trois profils bien spécifiques pour attaquer la face nord de Paris. Beaucoup de similitudes dans le style et l’approche. Toutes trois puncheuses avec des ambitions bien arrimées et des capacités en communication hors normes.
On ne peut que constater que deux d’entre elles, Knafo et Chikirou, sont « femme de » , respectivement Zemmour et Mélenchon. Leur parcours étant extrêmement brillant au plan des études ou de la politique, cela n’enlève en rien à leur talent, mais on peut se dire que ce « bouclier affectif » leur a permis de franchir les étapes , certes à la force des poings, mais aussi dans un environnement protecteur favorable.
Le deuxième constat que l’on peut faire est l’origine familiale de ces femmes, algérienne-kabyle pour Chikirou, et marocaines pour Dati et Knafo. Cela montre que l’ascenseur de la République a marché et on ne peut que s’en féliciter. Bravo à ces femmes venant de mondes où les hommes sont en première ligne et ayant su s’imposer dans un environnement masculin ultra compétitif. Les propos d’Emmanuel Grégoire, insinuant un pacte entre Chikirou et Dati du fait de leurs origines, ont été repris par Rachida Dati contre lui. « Il parle de nous comme étant les « deux Arabes ». Inadmissible.
Le troisième constat est que ces femmes combattives et agressives politiquement sont, pour deux d’entre elles, dans le extrêmes. Knafo, Droite radicale (Reconquête), dont la ligne partisane est identitaire, sécuritaire, anti immigration. Chikirou, Gauche radicale (LFI) dont la ligne partisane est sociale, redistributive, écologique, anti richesse et grande fortune et dont l’électorat est une gauche populaire, constituée en partie de jeunes urbains.
Enfin, dernier constat et non des moindres est que deux d’entre elles ( Dati et Chikirou) ont des problèmes judiciaires et sont à risque.
Sarah Knafo s’étant retirée donnant ainsi une bouffée d’oxygène à Rachida Dati, et Emmanuel Grégoire ayant refusé la fusion avec la liste de Sophia Chikirou, il ne reste que deux drôles dames en liste pour ce second tour à suspens.
La conclusion de ces municipales est à mon sens que les Français ont commencé à intégrer les femmes en politique. Ils ont intégré leurs couleurs et leur style. Ils ont montré que les religions, les origines, les sexes n’étaient pas un problème pour eux et qu’ils les acceptaient dans l’arène. Seuls comptaient les programmes, leur probité et la capacité à gérer Paris.
Voyons ce que va donner cette municipale à Paris et si une drôle de dame va sortir gagnante ce soir. A moins que ce ne soit Bosley…car on l’a vu…Charlie ( Delanoe) est toujours au commande côté socialiste.
A suivre donc.

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