On ne sait par où commencer tant la violence physique ou psychique à l’encontre des femmes est grande dans ce pays. Dès la reprise du pouvoir en août 2021, les talibans ont transformé le ministère des Affaires féminines en ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice, signalant le caractère central de cette mission pour leur gouvernance. En 2024 , les Talibans ont promulgué la » loi sur la promotion de la vertu et la prévention du vice », et les femmes sont la cible première de harcèlement, menaces, violences.
Selon cette loi, les femmes doivent porter le hijab charia » (couverture complète du corps, de la tête et du visage) lorsqu’elles sortent pour une « nécessité urgente ». Evidemment, si ce n’est pas urgent, la femme reste chez elle. Les femmes ne peuvent être transportées à moins qu’elles ne soient accompagnées par un mahram, gardien masculin proche. Elles ne peuvent non plus faire entendre leur voix. Chanson, poésie leur sont interdites, du moins en public.
Le caractère vicieux de cette loi contre le vice est la promotion du contrôle familial. Les hommes de la famille, même si ces derniers étaient initialement ouverts d’esprit, ont peur de voir leur femmes arrêtées ou punies, ce qui serait vu comme une atteinte à l’honneur de la famille.
L’Afghanistan est le seul pays au monde où les filles ne peuvent pas aller à l’école secondaire. Les filles sont interdites d’école au-delà de 12 ans (classe de sixième). Les universités sont fermées aux femmes. Plus de 2 millions de filles sont privées d’éducation. Une génération entière risque d’être privée d’instruction.
La plupart des femmes ne peuvent plus travailler avec l‘interdiction de travail dans de nombreux emplois publics, dans la plupart des ONG et la fermeture de milliers de salons de beauté qui employaient plus de 50 000 femmes. Beaucoup ont perdu leur autonomie financière.
L’accès à la justice leur est pratiquement impossible. Avant 2021, des femmes étaient juges, avocates ou procureures. Aujourd’hui elles ont très peu de recours juridiques. La plupart ont été renvoyées ou contraintes à l’exil et les institutions protégeant les femmes ont été démantelées.
Cette partie de la population est petit à petit effacée de la population, provoquant des dépressions profondes dues à un isolement social et une perte d’indépendance économique. 3 femmes sur quatre en Afghanistan déclarent une santé mentale mauvaise ou très mauvaise. C’est un apartheid de genre.
L’exclusion massive des femmes et des filles coûtera au pays environ 920 millions de dollars entre 2024 et 2026, selon l’ONU. À ces pertes économiques, s’ajoute une crise sanitaire : hausse attendue des mariages précoces (+25 % d’ici 2026) et explosion des grossesses adolescentes (+45 %) et de la mortalité maternelle (+50 %).
En ce 8 mars 2026, que peut-on faire pour aider ces femmes? Déjà inscrire cet apartheid de genre dans le droit international afin de pouvoir condamner ce pouvoir taliban. Il faut bien sûr un soutien accru à la société civile et aux organisations féminines, un financement de l’aide humanitaire et une protection renforcée des réfugiés.
a suivre donc.

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